SOMMET D’URGENCE DE LA CEDEAO À ACCRA : LES SANCTIONS CONTRE LE MALI SONT MAINTENUES

Les Chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se sont réunis hier jeudi à Accra, alors que trois pays de cette région, le Mali, la Guinée et le Burkina Faso, sont dirigés par des militaires putschistes et ont été suspendus de ses instances.

 

L’Afrique de l’Ouest a été déstabilisée par quatre coups de force en 18 mois, deux au Mali, un en Guinée et le plus récent, il y a moins de 10 jours, au Burkina Faso. Ce pays, d’après les informations, a dominé la rencontre tenue à Accra et qui intervient quelques heures seulement après la visite à Ouagadougou de deux délégations, Chefs d’Etat-major puis ministres de la région, qui ont rencontré le nouvel homme fort du Burkina, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba. Saluant lundi des “discussions franches”, la ministre des Affaires étrangères du Ghana, Shirley Ayorkor Botchwey, a trouvé la junte burkinabè “très ouverte aux suggestions et aux propositions” qui ont été faites par la Cédéao. Outre le Burkina, la situation du Mali voisin, également en proie à la violence djihadiste, a aussi été étudiée au sommet d’Accra. La Cédéao a lourdement sanctionné en janvier la junte du Colonel Assimi Goïta, porté à la tête du Mali par un premier coup d’Etat en août 2020 et intronisé président de la Transition à la suite d’un second putsch, en mai 2021.

Ces derniers jours, la tension est en outre montée d’un cran entre la junte malienne et les pays partenaires du groupement européen de forces spéciales Takuba.

La question de la Guinée, également suspendue des instances de la Cédéao, a été abordée à Accra. Le Colonel Mamady Doumbouya, au pouvoir depuis un coup d’Etat en septembre, est visé avec les membres de sa junte par des sanctions. Il a promis de rendre le pouvoir aux civils, tout en refusant de se laisser dicter un délai pour la transition. Enfin, un quatrième pays ouest-africain : la Guinée-Bissau aura été au centre des discussions entre Chefs d’Etat qui manifestent une ferme volonté d’inverser la trajectoire politique qui se dessine dans la région. Ce qu’il faut retenir de ce sommet d’urgence est qu’il n’aura pas permis de convenir de la levée des sanctions financière et économique infligée au Mali lors de la réunion du 9 janvier.  Autrement dit, les Chefs d’Etat de la sous-région maintiennent la position tendant à obliger la junte militaire à dérouler un chronogramme électoral raisonnable et acceptable.  Dès l’ouverture de ce sommet, le président en exercice de la CEDEAO Nana Akufo-Addo a évoqué le coup d’Etat du Mali qui selon lui est devenu contagieux. C’est pour cela que les dirigeants n’entendent rien négliger pour inverser la trajectoire qui se détériore dans la région.

Source : Le Soir De Bamako

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