Sommet du Sahel : des opposants critiquent violemment la France

Les dirigeants africains du G5 Sahel étaient réunis à Pau autour du président français pour un sommet sur la présence française au Sahel dans la journée du lundi. Cependant, malgré le communiqué conjoint avec la France qui a réaffirmé la nécessité de la poursuite des opérations françaises au Mali, la contestation contre le rôle de la France au Sahel ne faiblit pas dans le pays. Allaye Bocoum, militant du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (SADI), une aile dure de l’opposition malienne, est très remonté contre ce sommet.

Le sommet de Pau n’a visiblement pas émoussé l’ardeur de l’opposition radicale contre la présence militaire française au Mali. Pour Allaye Bocoum, la présence française n’est pas plus utile au Sahel aujourd’hui qu’elle ne l’a été hier. L’opposant malien estime donc que le départ des troupes françaises du Mali est toujours d’actualité selon lui et fustige les décisions de renforcer la lutte contre le djihadisme dans le Liptako Gourma, la région des trois frontières.

Allaye Bocoum dénonce une « manipulation » de la France
Pour l’opposant anti-français, cette décision de se reconcentrer dans la zone des trois frontières n’est ni plus ni moins qu’une « manipulation » de la part de la France et de son président Macron. “Je pense que les efforts n’étaient pas éparpillés car la plupart des actions de la force Barkhane étaient déjà dans cette zone des trois frontières. Le fait de le réaffirmer et de le dire de cette manière reviendrait à reconnaître qu’ils étaient dans un désordre total, ce que nous avons toujours affirmé ». D’autant que cette région où se trouverait déjà Barkhane a été le théâtre de nombreuses attaques meurtrières ces derniers temps.

L’homme a donc réaffirmé son opposition à la présence française au Mali et déclare que cette présence est totalement inutile et ne sauve en rien le peuple malien. « De toute façon, la présence française, depuis le départ, nous savions qu’elle n’était pas utile. Ce n’était pas pour le peuple malien, ni pour le sauver, ni pour sauver le Mali », affirme l’opposant qui avait déjà marché le 10 janvier dernier à Bamako pour exiger le départ des troupes françaises du Mali.

Il n’y a pas que l’Etat islamique au Grand Sahara
L’homme fustige en outre la version officielle qui justifie la présence française par la présence de l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS). Il estime qu’il n’y a pas que l’EIGS et que cela est juste un alibi pour demeurer dans la région. Il estime en outre que les supposés islamistes sont des Maliens et appelle à un dialogue inter-malien « Ceux qu’ils considèrent comme des islamistes, des djihadistes ou des terroristes, sont des gens avec lesquels ils traitent. Nous réclamons qu’il y ait des discussions et un dialogue direct entre Maliens. Iyad Ag Ghali est un Malien, Amadou Kouffa est un Malien… Il n’y a pas que l’EIGS, ils le disent pour justifier leur présence », martèle-t-il.

latribune.fr

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