Sommet de la Cedeao du 30 mai au Ghana : Les piques du président ghanéen à IBK

John Dramani Mahama president ghana

Le sommet de la Cédéao souhaité par le président de la république du Mali, vient de prendre fait le vendredi 30 mai au Ghana. Les leaders de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest se sont réunis à huis clos. Leurs préoccupations : le Nigeria, confronté aux jihadistes de Boko Haram ainsi que le dialogue entre Bamako et les groupes armés du Nord du Mali. C’est le tout premier sommet que John Dramani Mahama préside depuis sa désignation à la tête de la Cédéao, il y a deux mois.

Le président en exercice de la Cédéao, le président Ghanéen s’est montré très ferme à l’ouverture de ce sommet extraordinaire : « Nous n’allons pas permettre que les avancées enregistrées au nom de nos populations soient remises en cause par les intérêts égoïstes et destructrices de certains d’entre nous », a-t-il laissé entendre lors de son allocution. Il a aussi  rappelé que la Communauté économique ouest-africaine n’a pas attendu les Nations unies pour s’occuper des conflits du Liberia et de la Sierra Leone, il y a quelques années.
Le président ghanéen a également dit  que la sous-région va prendre ses responsabilités cette fois. Une façon de faire taire les critiques sur la lenteur des dirigeants ouest-africains à condamner la bataille de la mi-mai à Kidal dans le nord du Mali et l’enlèvement de plus de 200 lycéennes par le groupe islamiste Boko Haram, dans le nord du Nigeria, il y a plusieurs semaines.
John Mahama Dramani a souligné que les menaces auxquelles la Cédéao fait face aujourd’hui sont nouvelles. Un sommet de la solidarité en quelque sorte envers le Mali et le Nigeria, en présence des présidents Ibrahim Boubacar Keïta et Goodluck Johnathan. Selon le président en exercice de la Cédéao :« tout acte terroriste contre un Etat doit être considéré comme une attaque contre tous les Etats de la sous-région ouest-africaines».
A l’issue du sommet un scepticisme était apparemment visible.Le président malien Ibrahim Boubacar Keita a fait le déplacement et a pu vérifier le soutien de ses pairs dans la crise qui l’oppose aux groupes rebelles du Nord.
Le huit clos des chefs d’Etat de la Cédéao a duré de longues heures, « interminables » selon les conseillers qui attendaient à l’extérieur. Une durée des débats imputée aux problèmes d’interprétariat entre chefs d’Etat francophones et anglophones.
Sur le fond pourtant, point de déclaration fracassante, ni de décision inédite. Mais le plus important est que  les Etats membres de la Cédéao ont condamné les atrocités commises sur les fonctionnaires maliens par le MNLA le 17 mai à Kidal. La Cédéao demande à ce que les auteurs soient identifiés et remis à la justice.
Les chefs d’Etats ouest-africains ont exhorté les autorités maliennes à ouvrir au plus vite les négociations et à accélérer la mise en œuvre du dialogue inclusif prévu dans l’accord de Ouagadougou. Selon le président de la commission de cette instance, la Cédéao a réaffirmé sa confiance au médiateur, le président burkinabè Blaise Compaoré, et à son adjoint, le nigérian Goodluck Jonathan : elle leur a demandé de poursuivre leur travail de facilitation et d’appui, tout en confirmant que le Mali devait rester maître de ces négociations.
La Cédéao a fait siennes les critiques maliennes à l’égard de la Minusma : la mission des Nations unies doit clarifier son mandat vis-à-vis des groupes armés. Il n’est pas normal, ont estimé les chefs d’Etats africains, que l’autorité malienne ne puisse s’appliquer sur l’ensemble du territoire. La Minusma doit voir son mandat renforcé pour procéder efficacement au cantonnement et au désarmement des groupes.
Les délégations ont rejoint dès hier soir leur pays respectifs, et certains ministres ne cachaient pas leur perplexité sur l’utilité d’un tel sommet extraordinaire.
BS

SOURCE: La Nouvelle Tribune

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