Signature du 20 juin : une autre paxt amachéka

Il ne faut surtout pas succomber à la tentation de l’euphorie factice née de la soudaine signature de l’accord dit de ” paix et de réconciliation nationale ” par les apatrides encartés au sein de la Coordination des Mouvements Armés.

 rebelle touareg mnla azawad cma signature accord paix nord maliTrop de signes militent en faveur d’un revirement et d’un positionnement stratégiques de ces bandits qui n’ont jamais fini de se jouer des institutions : créer le désordre, s’emparer des biens de l’Etat et mettre à mal la nation à travers un scénario bien rodé : intégrer des rebelles dans l’armée et l’administration des rebelles qui ne tarderont pas à mordre le sein de la maman généreuse.

Il y a eu de l’émotion et des obséquiosités le 20 juin. Tout le monde s’est levé au son de l’hymne national, la symbolique a été poussée jusqu’à dénicher une maîtresse de cérémonie à la couleur nordiste.  Un repas collectif a été servi à Koulouba.  Et puis quoi encore ? Le reste nous est conté sur les médias internationaux qui nous informent de la soudaine reconversion à la paix d’une rébellion à  » dominante touareg « . Assurément, car ceux qui ont été mis e avant sont tout sauf des touareg. A commencer par  le porte-parole de la conspiration criminelle Mouhamadou Djéri Maïga  et Ibrahim Ould Sidati qui a apposé sa signature sur le document.

On aurait pris les touaregs de Kidal au sérieux si seulement le porte parole de cette cérémonie avait été un certain Algabas Intallah et que la signature posée avait été celle de Bilal Ag aAchérif. Quid de Iyad Ag Ghaly ?    En 2006, quand Amadou Toumani Touré  acceptait de poser les jalons de la dislocation du Mali, par un autre accord dit d’Alger, nous avons eu droit à la même mise en scène quand, au lieu des cerveaux de la rébellion, c’est le sombre Ag Bibi qui a été commissionné pour plastronner à côté du Général Kafougouna Koné ! Que représente Mohamadou Djéri ? Que représente Ould Sidati ? Des sous fifres dont le rôle est de conforter l’idée d’une rébellion pluri ethnique. Combien de parents  sonrhai de Mohamadou Djéri Maïga sont d’accord avec lui ? Combien d’arabes sont derrière le comparse Ould Sidati.

Quel sera le sort réservé à Iyad Ag Ghaly, versé lui dans la guerre sainte ? Ces deux frères, Algabas Ag Intallah et Bilal Ag Chérif, vont-ils lui faire la guerre pour asseoir l’autorité du Mali sur tout son territoire ? Autant de questions qui font croire que c’est la pression internationale, singulièrement celle de l’amicale Algérie qui a poussé les séditieux à se raviser. Dans la géostratégie, l’Algérie a le pendant du MNLA et de la CMA chez elle. Soutenir une séparation, dans l’immédiat arriverait à poser les jalons du futur Etat de Kabyle à ses basques. Mais elle a besoin de cet épouvantail pour moudre du grain. C’est pourquoi Kidal va demeurer pendant longtemps encore un caillou dans la godasse du Mali. C’est pourquoi, il faut aux maliens une grande capacité d’anticipation car du caillou de Kidal dépend désormais la survie de l’entité nationale. Depuis 1960, l’Etat a investi et continue à investir des milliards pour arroser le caillou de Kidal.  L’Etat a-t-il fait autant partout ? Dans la région de Kayes, que ne font les communautés pour que la santé, l’école, la sécurité alimentaire, l’éclairage soient des réalités ? Ne sont-ce pas ces enfants-là qui meurent dramatiquement dans la méditerranée en voulant changer les conditions de vie de leurs compatriotes ?  Et c’est là toute la subtilité du discours de Me Harouna Toureh quand il a rappelé qu’il faut faire attention à ne pas fâcher les maliens du sud. Là est l’équation pour nous tous.

Ibrahima MAIGA

source : L’Indépendant

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