Semaine culturelle, scientifique et sportive de l’ISPRIC : La 6ème édition sous le thème « Stratégies non violentes de résolution des défis sécuritaires au Sahel

Hier, mardi 17 janvier 2023, a été ouvert, à l’Institut des sciences politiques, relations internationales et communication (ISPRIC), sous la présidence d’Idrissa Kantao, représentant du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, la sixième édition de la semaine culturelle, scientifique et sportive dénommée «Hard Week» de l’Institut. C’était en présence de l’invité d’honneur de l’édition, l’Ambassadeur de la République populaire de Chine au Mali, Chen Zhihang ; Me Demba Traoré, président du comité d’orientation de l’Ispric ; Dr. Mohamed Gakou, Directeur général de l’ISPRIC ; plusieurs autres personnalités, parents, étudiants et partenaires.

 

Ladite édition est placée sous le thème  «Stratégies non violentes de résolution des défis sécuritaires au sahel». « Hard Week », selon le comité scientifique de l’Ispric, vise à réunir, à susciter l’interaction, la réflexion entre académiciens et praticiens autour des thématiques majeures. En somme, elle se veut un cadre de réflexion (causeries, stratégies actuelles, perspectives) autour des défis sécuritaires au sahel et des solutions alternatives de sortie de crise.

Des constats faits par Mamadou B. Tangara, porte-parole du comité scientifique, bientôt une décennie que le sahel est miné par une crise multidimensionnelle dont la facette sécuritaire domine. Face à ce chaos, dit-il, nos Etats, ainsi que nos partenaires régionaux et internationaux peinent à trouver une stratégie adéquate. Selon une étude de l’Institut d’Etude de Sécurité (ESS), ajoute Tangara, la réponse militaire prédomine dans les stratégies mises en place par les Etats, reléguant ainsi au second rang toutes les autres alternatives de sortie de crise. Pendant ces années d’affrontement entre armées conventionnelles, terroristes et communautés antagonistes, déplore Mamadou B. Tangara, le constat est effroyable. Résultat, dit Tangara, plusieurs douzaines de milliers de morts, le déplacement forcé de millions de personnes et des pénuries alimentaires sans précédent. Et de poursuivre que  la situation est particulièrement alarmante dans la région du Liptako-Gourma, où se rejoignent les frontières poreuses du Mali, du Niger et du Burkina Faso. « En un an, de janvier 2020 à janvier 2021, cette crise a fait près de 6500 victimes dans ces pays. Aujourd’hui, cette zone des trois frontières est considérée comme étant l’épicentre d’une crise humanitaire régionale dont le nombre de personnes dans le besoin a connu une augmentation rapide en passant de 7 millions en 2019 à 10.8 millions en 2012 », a révélé Tangara. Et d’ajouter encore que le constat est édifiant, car la stratégie militaire a montré ses limites. « Il est d’actualité d’évaluer d’autres options, d’autres stratégies. Cette conclusion n’est pas nouvelle, le médicament est connu, la prescription est faite, le défi se trouve au niveau du mode d’administration. Partant de ces constats relatifs aux limites de la solution militaire, ISPRIC a décidé de placer cette 6ème édition sous le thème cité dessus », dit-il. Selon le porte-parole du comité scientifique de l’ISPRIC, cette édition se veut un cadre de réflexion (causeries, stratégies actuelles, perspectives) autour des défis sécuritaires  au sahel et ainsi mettre en exergue des  solutions alternatives de sortie de crise. La Hard Week permet, de l’avis de Mamadou Tangara, de favoriser le partage de savoir et les échanges entre les chercheurs, les professionnels, les acteurs et les apprenants ; faciliter l’accès à une information scientifique de qualité ; pousser les apprenants à mieux s’approprier  les enjeux  des évolutions et ainsi favoriser une  participation active au débat public;  sensibiliser  les apprenants  à la culture scientifique et les enjeux actuels, stimuler chez  les apprenants, l’intérêt, la curiosité et si possible susciter  des vocations; magnifier  nos valeurs traditionnelles à travers des activités culturelles; favoriser l’intégration, à travers la rencontre des apprenants  issus  de différents pays; faciliter  les échanges entre les apprenants à travers des activités culturelles, scientifiques et sportives.

Son excellence  Chen Zhihang s’est dit honoré d’être l’invité d’honneur de cette 6ème édition de Hard Week. Il a salué l’ISPRIC pour cette belle initiative qui va en droite ligne  de la formation des jeunes du Mali. « Je me réjouis des invites faites dans le sens de la paix par  les participants, la paix qui est très importante dans le monde. La jeunesse est l’espoir d’un pays. L’ISPRIC forme donc l’espoir du pays. Je félicite ISPRIC pour ça. J’appelle la jeunesse au travail surtout pour aider le pays à se développer. En quatre décennies, la Chine a atteint la 2ème puissance économique du monde grâce au travail qui a été fait en grande partie par les jeunes », a fait savoir  le diplomate. Tout comme lui, Idrissa Kantao a invité les jeunes à étudier. Pour finir, il a ajouté que l’ISPRIC est un espoir pour le Mali surtout pour le département de l’enseignement supérieur.

Plusieurs activités sont prévues lors de cette Hard Week 2023. L’on notre des plaidoyers, des sketchs, des défilés, des danses, des matchs de foot et séances de Yoga. Il s’agit aussi  des panels  sur les  sous thèmes «Défis sécuritaires au sahel, causes profondes, analyses  des  stratégies  mises en œuvre », et «Défis sécuritaires au sahel : quelles solutions pacifiques?» ; «Défis sécuritaires au sahel : contribution du monde scientifique?», «défis sécuritaires au Mali : les causes, les enjeux et les moyens de résolution».

Le  premier panel, «Défis sécuritaires au sahel, causes profondes, analyses  des  stratégies  mises en œuvre», avait comme panélistes, Baba Dakono, expert sécuritaire ; Me Demba Traoré ; Mme Sina Damba, ancienne ministre et membre du CNT.

Hadama B. FOFANA

Source: Lerepublicainmali

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