Selon un rapport, il y a plus de 160 partis politiques au Mali, mais 58% des Maliens ne se sentent proches d’aucun d’entre eux

C’est du moins le constat que révèle le rapport national sur le Développement humain durable, rendu public mardi dernier par l’Observatoire de développement humain durable et la lutte contre la pauvreté (ODHD/LCP).

parti classe politique drapeau malien vert jaune rouge

Ce rapport indique que si le fait politique est en faveur du multipartisme, on a cependant assisté à une croissance accrue du nombre des partis politiques au Mali. Ceux-ci étaient estimés, à la date du 7 octobre 2013, à plus 160. Le hic est que malgré ce nombre important de partis politiques, plus de 58% des Maliens ne se sentaient proches d’aucun d’entre eux en 2012.

Ce constat pose le problème de la faible reconnaissance des populations dans les partis politiques. Cette situation s’explique, indique le rapport, par le fait que les partis politiques n’ont pas de projets de société, d’orientations claires. Et les différentes alliances lors des élections législatives de 2013 sont l’illustration parfaite de cette situation.

Lors des ces élections législatives, de nombreuses alliances ‘’contre nature’’ ont été constatées. Lesquelles suscitent beaucoup d’interrogations. Comment expliquer les listes Asma-CFP-URD-Codem de Bankass ; RPM-Fare de Bla ; RPM-URD-Fare de Dïola ; Sadi-Adéma-UR-MPR de Koutiala ; RPM-URD de Ténenekou ?

Comment deux partis politiques qui se sont affrontés au deuxième tour de l’élection présidentielle peuvent-ils, quelques mois après, constituer une liste commune aux élections législatives ? Sur quelle base s’est faite cette alliance ?

Ces questions posées dans le rapport sont embarrassantes car, il est difficile de justifier ces alliances qui ne semblent pas être faites sur la base de projets de société. Ni les partis politiques de l’opposition ni ceux de la majorité ne peuvent aujourd’hui prouver le contraire.  La preuve, l’URD est allée à l’opposition et le RPM est à la tête de la majorité présidentielle.

Il s’agit là des pratiques honteuses qui élargissent le fossé de la méfiance entre les partis politiques et les populations.

Face à cette situation qui n’honore pas la jeune et fragile démocratie malienne, le rapport sur le Développement humain durable recommande un regroupement des partis politiques autour de quelques projets politiques différenciés, afin de donner plus de consistance au débat politique et contribuer efficacement au progrès du pays.

 

  1. Berthé

Source: Autre presse

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