Réconciliation nationale : LE VECTEUR MEDIATIQUE

La réconciliation se doit d’emprunter l’un des véhicules les plus efficaces qu’il soit : la communication

La Maison de la presse abrite depuis hier un atelier sur la place et le rôle des journalistes dans le processus de réconciliation nationale. La cérémonie d’ouverture de cet atelier était présidée par le ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, Jean-Marie Idrissa Sangaré, en présence de Mme Aida MBo-Kéïta, Directeur pays AI du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), de Mamadou Diakité, le secrétaire général de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation et de Makan Koné, le président de la Maison de la presse.

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Organisée par la Maison de la presse, en partenariat avec le PNUD, cette session de formation est destinée aux femmes et hommes des médias de l’audiovisuel et de la presse écrite.

Le ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information a défini la réconciliation comme un sujet que l’on évoque à la suite d’incompréhensions, de déchirures, de tension entre deux ou plusieurs parties d’un même ensemble. « Au Mali, ce n’est nullement de gaieté de cœur que nous nous voyons par la force des choses de l’évoquer, tant nous sommes un pays de paix multiséculaire, d’amour mutuel entre toutes les couches sociales. La culture de la paix est une vérité vivante au Mali, qui est bâtie sur l’héritage de civilisations anciennes » a rappelé Jean Marie Idrissa Sangaré.

Après avoir organisé avec succès les élections législatives, notre pays va entamer une nouvelle ère de démocratisation et de défis. « Nous pouvons affirmer que le retour à l’ordre constitutionnel dans notre pays est effectif. La démocratie redémarre, laissant entrevoir de belles espérances. Parmi ces espérances, il y a évidemment la paix, la sécurité et le développement durable. Et l’un des chemins pour arriver à ce triptyque est bien la réconciliation », a souligné Jean-Marie Idrissa Sangaré.

Pour le ministre de la Communication, la réconciliation ne peut avoir un sens si elle n’emprunte pas l’un des véhicules les plus redoutables et efficaces qu’est la communication. « J’invite les organisations de presse et de la communication à se mettre au travail avec le gouvernement à travers le ministère de la Réconciliation et du développement des Régions du nord, expression de la volonté du président de la République à réussir le pari ici indiqué. Nous créerons les conditions de cette collaboration inévitable pour la réussite de ces objectifs », a assuré le ministre.

Le PNUD soutient cette initiative parce que les femmes et les hommes de médias jouent un rôle primordial dans la consolidation de la démocratie. Mme Aida MBo-Kéïta du PNUD a expliqué que la marche vers la réconciliation nationale et le renforcement de la cohésion sociale est un chemin sinueux, sans aucun doute difficile, délicat et semé d’embûches. Il s’agit, de son point de vue, d’un long processus durant lequel notre peuple, notamment les journalistes, connaîtra des périodes de doutes et parfois de remise en cause. « C’est aussi à ce moment de l’histoire que votre rôle a encore plus de valeur. Forts de votre ouverture d’esprit et de votre clairvoyance, il vous faudra sans cesse garder à l’esprit que ce qui nous rassemble a bien plus d’importance que ce qui nous sépare. Vous devez remplir votre mission avec conviction, passion, mais avec beaucoup de raison », a-t-elle préconisé.

La Maison de la presse, toujours présente dans le cadre de la résolution de la crise née du coup d’Etat du 22 Mars 2012 et de la rébellion au Nord, a initié cet atelier destiné à apporter une réponse professionnelle. « Il s’agit pour nous et notre partenaire – le PNUD – de permettre à la presse nationale de jouer pleinement son rôle tout en mettant en avant son côté social dans le renouveau du Mali. Nous devons insister sur l’obligation de rapprochement des communautés et couches sociales, la solidarité entre les populations, la réconciliation, le dialogue, la stabilité, le pardon et la cohésion sociale », a souligné Makan Koné.

Cet atelier permettra de faire la genèse des différentes crises qui ont marqué l’évolution de notre pays et de réfléchir à la participation de la presse dans la gestion de ces crises.

B. M. SISSOKO

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