Rassemblement Pour Le Mali (RPM) : Le mal d’IBK

La trop grande cupidité du parti présidentiel, le Rassemblement pour le Mali (Rpm), causera t-elle la perte du régime IBK ? La question mérite d’être posée, car certains faits avérés tendent à confirmer cela. Au commencement, c’était le principal parti de l’opposition, l’Union pour la République et la Démocratie (Urd), qui s’est plaint de la chasse aux sorcières organisée contre ses cadres et, de façon générale, contre les cadres de tous les partis de l’opposition. Le régime en place s’en était bien défendu avant que l’un de ses alliés stratégiques, l’Adéma-Pasj, ne monte au créneau pour dénoncer les mêmes actes visant ses cadres.

Boulkassoum Haidara parti rpm

En cause, au fond, la propension du Rpm à vouloir tout accaparer, comme si l’Administration malienne lui appartenait, et avec un risque fort de promotion de cadres incompétents. Les alliés du Rpm à l’Assemblée Nationale en savent quelque chose, eux qu’on a tenté, avec toutes sortes d’intimidations, de reléguer au second plan lors des tractations pour la mise en place du bureau et des commissions de l’hémicycle.

Le président IBK lui-même n’a t-il pas fait cas de son incapacité à contrôler les voraces de son parti, lesquels l’auraient mis en minorité dans la désignation du président de l’Assemblée Nationale, et opposé à sa volonté le fait majoritaire quant au choix du président de la commission défense. C’ainsi que le poste de président de cette commission serait revenu à Karim Kéïta, le fils du président IBK, contre la volonté de son paternel.

Prenant tous les compartiments du pouvoir sous sa coupe réglée, le Rpm est sans doute parvenu  à créer un malaise général chez ses alliés. En conséquence l’on a vu le Ministre Tiéman Hubert Coulibaly créer une majorité dans la mojorité présidentielle et qui, dans une rhétorique des plus implacables, répond sans ménagement à ceux qui veulent le vilipender pour cela qu’il “n’aime pas être dans les cordes”. Une expression qui veut tout dire, quand aux dessous scabreux du délitement de la majorité présidentielle du fait des agissements futiles et inutiles des Rpmistes se prenant pour des “âmes d’or”.

Dans la même veine, un confrère nous revèle une éventuelle “redistribution des cartes à l’Assemblée Nationale”, dont la couleur est déjà annoncée par la création d’un nouveau groupe parlementaire Adema-Asma. Dans les coulisses, 7 autres députés du groupe mené par le Rpm s’apprêteraient, comme croit le savoir le confrère, à rejoindre le nouveau groupe Adema-Asma. A ce rythme, que restera t-il du groupe  mené par le Rpm d’ici la fin du quinquennat d’IBK ? Faut-il craindre un inversement des rôles à l’Assemblée Nationale d’ici là ?

Il urge donc que le parti présidentiel trouve le moyen de traiter ses alliés en partenaires, et non comme des indigents dépendant de sa charité. La politique étant, comme une hydre de mer, insaisissable.

Assane SY DOLO

SOURCE: Nouvel Horizon  du   17 déc 2014.
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