Quiproquo autour du conge gouvernemental: Insipides tirs croisés entre apprentis sorciers

Suite au congé gouvernemental en cette période trouble, l’URD n’a pas apprécié cette initiative et son président, en sa qualité d’opposant, est passé à l’attaque. Il ne fallait pas plus pour irriter un gouvernement dont plusieurs membres sont aux abois, allergiques à la critique, et prêts à dénigrer au lieu de répondre calmement.

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 En décidant de critiquer l’observation du congé gouvernemental par les membres du gouvernement, certes l’URD a manqué d’aller à la perfection qui sied en la matière. Pour critiquer l’adversaire politique, il faut s’armer de tous les atouts, notamment faire preuve de précision. En ce sens que le communiqué aurait mieux fait de mettre uniquement en cause la mise en congé des seuls ministres concernés par la paix et la sécurité d’une part, et d’autre part tenir compte du fait que des ministres sont au charbon depuis deux ans, et méritent repos, surtout ceux qui ne sont d’aucune utilité ou apparaissent même comme nuisibles dans le travail gouvernemental, et il y en a aujourd’hui comme Bathily, Tréta, Sada et autres.
De son côté, c’est le gouvernement qui crée l’événement en s’abstenant du devoir de réserve, pour plutôt blâmer au lieu de s’en tenir à justifier l’observation du congé gouvernemental. Comment peut-on demander à l’opposition de se taire, comme semble dire Choguel, parce que le Mali est ceci ou cela ? Même en période de pleine crise, l’opposition en démocratie a le droit et le devoir de s’exprimer sur toute question d’intérê national.
Enfin, en réagissant à ce communiqué de l’opposition, le gouvernement a-t-il mesuré l’ouverture qu’il accorde au débat démocratique ? Car il doit s’agir, face à la population, de réagir à toutes autres interventions des opposants, à toutes les critiques  surtout à toutes les accusations documentées qui, sous d’autres cieux, auraient d’autres réponses.

Or Dieu seul sait combien d’interrogations demeurent à ce niveau. Il n’y a de cela qu’une semaine, Soumaïla Cissé a fait une sortie médiatique qui demeure sans réaction de la part des autorités. En outre, qu’attend Choguel et le gouvernement pour se prononcer sur la démolition des maisons de Souleymanebougou, les 5 millions de primes de supervision de Choguel lui-même, etc. ?
En définitive, espérons que le bal des tirs croisés soit définitivement ouvert entre le gouvernement et l’opposition. Notre démocratie se portera mieux. Alors à vos marques, apprentis sorciers !

Mamadou DABO 

Source: Zénith Balé

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