Que pensez-vous de la gestion d’IBK un an après son élection ? Des maliens se prononcent :

Honorable Yaya Sangaré député Adema, élu à Yanfolila

« Le bilan reste mitigé »

 

Les attentes étaient très grandes et nous venions de sortir d’une crise multidimensionnelle et multiforme qui avait mis le pays dans une situation de précarité extrême. Donc, pour quelqu’un qui est élu dans cet état des faits et avec tout l’espoir que les gens avaient placé à IBK, en pensant qu’il pouvait relever tous les défis, il va s’en dire que les gens vont être un peu déchu. Surtout vu la situation du nord qui était un peu réglé mais avec la visite du PM, cela a rebondi avec une situation de désespoir. Alors que le peuple a élu IBK dans l’espoir que le problème du nord allait être effectivement résolu et que la souveraineté et l’intégrité du territoire allaient revenir. Donc, cela a été un premier coup au pouvoir d’IBK.

 president malien ibrahim boubacar keita ibk

La deuxième chose, c’est en rapport à l’armée qui devait effectuée la reconquête du nord et les gens avaient pensé qu’on devait mettre l’accent sur la reforme et l’équipement de l’armée et avec le défaite du 21 mai dernier, les uns et les autres ont compris que jusqu’à présent, nous n’avons pas une armée. Ainsi, cela a amené les gens à redescendre sur terre et qu’il nous faut du temps pour avoir une bonne armée.

L’autre situation se trouve au niveau de la précarité de la vie. Car, les gens avaient vit qu’avec la transition on avait commencé à voir le bout du tunnel, les choses étaient redevenues presque normales et les gens avaient pensé qu’on allait continuer sur cette voie. Mais, il faut reconnaitre aujourd’hui avec tout ce que nous avons eu comme incompréhension au niveau de la classe politique (entre opposition et majorité) et l’entrée dans la danse du FMI créant ici aussi des incompréhensions entre les partenaires techniques et financiers et le pays qui ont fait que l’argent se fait rare. Je pense que c’est ce qui a créée un manque de confiance entre les administrés et le pouvoir qui a amené l’UNTM à aller dans une grève que je qualifie de bête. Parce qu’il a manqué seulement une communication et le fait que les gens n’ont pas compris le rapport entre le train de vie et la vie quotidienne des populations.

Aujourd’hui, les gens sont entrain de se ressaisir et le dialogue a commencé entre tous les fils du pays et les gens ont compris que seul le Mali compte, que chacun doit pouvoir laisser ses dissidences et ses égos pour faire face à la défense des intérêts supérieurs du pays. Les gens sont entrain de reprendre langue pour la satisfaction des besoins des populations.

En résumé, je dirais que le bilan d’une année au pouvoir du Président IBK reste mitigé parce qu’il y avait beaucoup d’espoirs et d’attentes, donc, il falloir attendre. Ce qui est là aujourd’hui est en deçà des attentes de la population mais qui ne veut pas dire que le Président IBK et son gouvernement n’ont rien fait.

HONORABLE Seydou Diawara, député URD élu à Bougouni et vice président du groupe parlementaire VRD

 « L’espoir suscité n’a pas connu de satisfaction à hauteur de souhait »

Pour parler du bilan de la 1ere année d’exercice du Président élu, la meilleure appréciation serait celle des Maliens qui ont voté massivement pour que le Président soit investi dans les fonctions. Les attentes étaient fortes.

Pour ma part en tant qu’acteur politique et militant dans l’opposition, je pense que l’espoir suscité à l’élection du Président n’a pas connu de satisfaction à hauteur de souhait au terme de la première année.

Vous avez évoqué un certains nombre de points sur lesquels sans aucune période d’observation, le Président était attendu : c’est le problème sécuritaire et de réconciliation au Mali. Là, je crois que d’après les engagements des accords d’Ouagadougou, le Président élu ouvre les négociations avec les groupes armés après les 60 jours de son investiture. Le constat est qu’à une année, nous sommes dans le bourbier de l’insécurité.

Au plan animation politique, je pense qu’à ce niveau, je pense que qu’à ce niveau, il n’ y a pas eu assez d’effort pour rendre l’espace politique plus vivable. Cela est connu de tous ça été une gestion solitaire du pouvoir.

Parlant de la croissance ou de l’aspect économique ou même de la survie des Maliens, je crois que la gouvernance n’a pas été des plus belles. Avec beaucoup de crises dans différents secteurs qui ont une certaine profondeur qu’il fallait changer et cela ne serait possible qu’avec une vision politique, économique, sociale et cohérente de gestion de la République.

Bref, tout le monde savait que la tache ne serait pas facile, mais on vient à la conquête du pouvoir avec un programme, en faisant des engagements avec les électeurs. Et, les gens ont besoin de voir leurs conditions de vie de tous les jours s’améliorer.

Sur l’aspect social, le seul élément révélateur reste la grève de l’UNTM. Aussi, dans d’autres couches, les mêmes crises d’attentes sont là. Et je crois que la gestion de la crise sociale n’a pas été un succès.

Honorable Seydou Dembélé, élu à Ségou et président du groupe parlementaire RPM

« Nous pouvons dire qu’il y a eu des avancées »

 D’une façon générale au cours de cette année, pour donner une appréciation, je crois qu’il faut comprendre tout le conteste, c’est-dire le conteste dans lequel le Président IBK est arrivé au pouvoir. Et, si on prend comme tel, nous avons plusieurs aspects qu’il faut prendre en compte. D’abord, la situation sécuritaire reste un élément assez important dans la mesure où c’est la condition sine quo non à tout développement. Il fallait chercher à apaiser ce front en ramenant le calme au nord. Si l’on considère la gestion de cette situation du début à nos jours, nous pouvons dire qu’il y a eu des avancées avec le retour sur la table des négociations.

En plus de cet aspect et parlant de la cherté de la vie, je crois que cet aspect peut être mesuré à un moment précis de l’année comme le mois de carême qui permet d’apprécier. Nous constatons que pendant cette période, les denrées de premières nécessités n’ont pas connu la flambée que nous connaissions dans le temps.

Au point macro-économique, les investisseurs, les bailleurs, les assisses économique, tout cela dépend en réalité du climat intérieur qui créé ou qui ne crée pas la confiance. Et depuis que le problème du nord est pris à bras le corps, la confiance revient et l’espoir est permis.

Sur le plan politique qui se trouve dans une nouvelle expérience qui s’explique qu’avant l’arrivée du Président IBK, nous étions dans une situation tout à fait particulier avec l’absence pratique d’opposition manifeste est aujourd’hui dépassée.

AMADOU MAIGA, enseignant à Kalanban-coura

« On l’a toujours tordu la main »

 

Je vous remercie de m‘avoir accordé ces instants pour me permettre d’exprimer ma vision sur le pays notamment sur l’an un du Président IBK.

Pour moi, je dirais que nous ne pouvons pas parler d’un bilan du Président IBK, dans la mesure où cette année qu’il a passé au pouvoir, on l’a toujours tordu la main. Il n’a pas puis travailler comme il a souhaité. Son premier point qui été la crise du nord, là, je dirais que la communauté internationale a trahi notre pays. Et, des opposants veulent aussi se servir de cette communauté internationale pour continuer à mettre les bâtons dans les roues du Président IBK et de son gouvernement.

Propos recueillis

Par Dieudonné Tembely       (Infosept)     

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