Processus de paix : LE PARENA PROPOSE DES CONCERTATIONS NATIONALES

 

modibo sidibe ancien premier ministre fare

L’ambiance était bon enfant et décontractée samedi dernier dans le jardin du Palais de la Culture Amadou Hampathé Ba. C’était à la faveur de la rentrée politique du Parena. L’occasion était donc bonne pour les nombreux militants et sympathisants du parti, venus des sections du District et de l’intérieur du pays de s’abreuver à la source concernant la vision de leur parti sur la gestion du pouvoir d’Etat.
Pour la circonstance, comme il fallait s’y attendre, Tièbilé Dramé et ses camarades ne sont pas allés avec le dos de la cuillère pour dépeindre en noir la gouvernance du pays. De nombreux leaders politiques de l’opposition dont le président des FARE, l’ancien Premier ministre Modibo Sidibé et les représentants des partis amis, étaient présents.
Le ton des critiques acerbes contre le pouvoir en place a été donné par les artistes, notamment le jeune rappeur, Milmo, qui a enflammé la foule avec deux chansons de son dernier album : « L’histoire du Mali » et « Yabé 2012 ». Dans ces deux titres très engagés, il fait la genèse de la crise qui secoue notre pays, avant de mettre à l’index notre responsabilité collective. Après lui, un autre jeune rappeur, Robert Dissa, a lui aussi administré sa dose d’appréciation sur la situation du pays, dans un morceau intitulé « J’accuse ».
C’est dans cette atmosphère électrique et devant une foule chauffée à blanc qu’est intervenu le secrétaire général du parti, Djiguiba Kéïta, dit « PPR » pour rappeler l’histoire du parti du Bélier blanc avant d’insister sur le parcours de ses dirigeants, notamment, son président Tiébilé Dramé. Selon lui, le président du Parena n’est plus à présenter. Il a combattu le régime militaire, pendant les années de braise et poursuit son combat pour la consolidation de la démocratie.
A sa suite, la présidente des femmes, Mme Tamboura Mah Kéïta, dira que les difficultés actuelles de notre pays ne sont pas une fatalité. Comme solutions, elle a proposé la mobilisation de tous les citoyens, particulièrement des femmes pour changer les choses et ouvrir les chantiers du Mali nouveau. A son avis, les femmes ont trop souffert de la mauvaise gouvernance.
Le président de la jeunesse, qui a fait référence à des notions de sociologie pour expliquer l’ordre successoral de générations dans la société, a critiqué l’impréparation de la jeunesse à faire face à son rôle de relève. Et pour cause, l’insuffisance de l’offre éducationnelle, qui a pour conséquence la mauvaise qualité de la formation de la jeunesse. Selon lui, les gouvernants actuels manquent de stratégie pour corriger cette situation. D’après les statistiques, rappellera-t-il, sur une population estimée à plus de 17 millions d’habitants, la jeunesse représente 14 millions d’individus, dont plus de 9 millions qui ont moins de 18 ans, soit plus de 54% de la population totale. Cette importance numérique nécessite une vision stratégique dans la politique de l’emploi, a-t-il estimé, déplorant que tel n’est pas le cas et appelant à un changement de méthode.
Prenant la parole en dernier ressort, le président du parti, Tiébilé Dramé, a d’abord introduit son intervention par des bénédictions en implorant le Créateur pour qu’il inspire mieux les gouvernants afin qu’ils trouvent les justes réponses aux problèmes du pays.
Il a ensuite soutenu que le Mali a du mal à sortir de cette situation difficile parce que les gouvernants manquent de projet ou encore de plan de sortie de crise. « S’ils en ont qu’ils le sortent maintenant. Sinon le pays souffre énormément », a-t-il lancé. En guise de solution, Tiébilé Dramé a ensuite proposé l’organisation des concertations nationales pour aider les autorités à aller vers la mise en œuvre effective de l’Accord pour la paix et la réconciliation. Selon lui, certes celui-ci prévoit l’organisation d’une concertation nationale, mais les autorités projettent son organisation en novembre prochain. Ce qui lui paraît trop long à attendre.
Tiébilé Dramé a également dénoncé le manque de projet pour divers autres secteurs, notamment la sécurité, l’emploi et le logement pour ne citer que ceux-ci. Le président du Parena a tenu à faire une mise au point : « Je n’ai pas dit que le président n’aime pas le pays, ou que le gouvernement n’aime pas le pays. Mais ils manquent de projet pour sortir le pays des difficultés actuelles ».
A.    O. Diallo

 

Source : Essor

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