Pr. Ali Nouhoum Diallo : «Si j’avais votre âge, je ne resterais pas un jour sans savoir manier les armes»

Le premier numéro de «Dialogue de générations» organisé par la Maison de la presse avait pour invité le Pr. Ali Nouhoum Diallo. C’était le samedi 8 août 2015 à la Maison de la presse, avec comme animateur, notre confère Ibrahim Coulibaly dit IC. L’objectif recherché est d’instaurer un cadre d’échange et de dialogue entre les différentes générations sur divers sujets.

Professeur Ali Nouhoum Diallo ademaD’entrée de jeu, l’invité du jour, le Pr. Ali Nouhoum Diallo, a partagé son parcours scolaire, universitaire, politique et professionnel avec les journalistes. Au sujet de son lien avec les journalistes, l’ancien président de l’Assemblée nationale du Mali répond : «Pour moi, le premier acteur de l’avènement du 26 mars 1991, c’est les journalistes qui ont risqué leur vie avec nous». Selon lui, les journalistes devraient tout le temps être au-devant de la scène pour la défense des acquis du 26 mars 1991. «C’est le rapport de camaraderie et de papa qui existe entre moi et les journalistes», a-t-il dit. 

Concernant ses impressions sur le débat à l’Assemblée nationale, Ali Nouhoum Diallo déclare : «Je me garderai bien de juger. C’est la représentation nationale. Il est sûr que des choses se passent au Mali en général et à l’Assemblée nationale en particulier, et si j’étais aux affaires et que c’est moi qui dirigeais, ça ne se passerait pas comme ça».

L’insécurité grandissante au Mali et surtout la dernière attaque des jihadistes à Sévaré a été soulevée par les journalistes. Et Ali Nouhoum Diallo de répondre : «Si je n’avais pas 77 ans, je me ferais entraîner à manier la kalachnikov. Si j’avais votre âge, je ne resterais pas un jour sans savoir manier les armes. Je ne peux pas concevoir qu’une fraction du peuple malien pense, qu’elle seule, sait manier les armes et se mette à effrayer les fils du pays.

En ce moment, dans le respect, on assoie et puis, on signe la paix sans qu’elle soit imposée par des puissances qui ont leurs propres agendas. Aujourd’hui, concernant ce qui se passe dans le pays, je formulerai trois hypothèses au moins. Première hypothèse, on veut nous concentrer sur le Sud pour régler le problème du Nord, sans être sur la base légale qui est l’accord de paix issu du processus d’Alger.

La 2ème hypothèse, c’est qu’on veut encore qu’on ouvre de nouvelles négociations avec Iyad Ag Ghali et ses alliés pour qu’il y ait de nouveaux arrangements qui nous éloignent chaque jour de la République laïque, de l’intégrité territoriale, de l’unité de la nation, de la cohésion sociale et qui nous amènent probablement vers une République fédérale avec comme capitale Mopti.  La 3ème hypothèse, c’est de focaliser sur le Sud pendant que la cocaïne circule pour qu’on continue à exploiter au Nord les ressources minières. Vous, jeunes, devez analyser tout ça». 

 

Diango COULIBALY

Source: Le Reporter

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