Poursuites pénales contre le Dr MARIKO: le parti SADI dénonce une ‘’chasse à l’homme’’

Les responsables du parti Sadi ont animé, ce jeudi 12 mai 2022, une conférence de presse sur les ‘’persécutions du Dr Oumar Mariko par le CNSP et le Clan du Dr Choguel Kollala MAIGA’’. C’était à son siège à Djélibougou. Au cours de cette rencontre avec les hommes de médias, les responsables du parti SADI ont dénoncé ce qu’ils qualifient de persécution, de chasse à l’homme contre leur mentor dont le seul tort est d’avoir tenté de défendre les acquis du Mouvement démocratique de mars 1991.

 

Cette conférence de presse était animée par Me Mariam DIAWARA ; le Directeur de la radio Kayira, Amadou Nanko MARIKO dit Papa Désiré, et le secrétaire à l’organisation du parti Dora DIARRA, membre du Comité exécutif du parti SADI.

Selon Dora DIARRA, l’un des conférenciers, cette chasse à l’homme contre le Dr MARIKO a un lien avec ses prises de position sur le plan politique.

De son exposé liminaire, il ressort que depuis l’alliance CNSP-M5 RFP qui a été consacrée par la nomination à la Primature de celui qui a réclamé l’héritage du régime du Général Moussa TRAORE, à savoir le Dr Choguel Kolla MAIGA, une offensive en règle a été menée systématiquement contre la démocratie et les acteurs du Mouvement démocratique de mars 91.

Et cela, à travers une longue campagne de dénigrement de la démocratie et de falsification de l’histoire, menée par des activistes, des médias sociaux.

Dans le cadre de cette campagne attentatoire à la démocratie, le président du parti SADI, le Dr Oumar MARIKO, avait été interpellé et placé sous mandat de dépôt, avec deux autres coaccusés, en décembre 2021 à la Maison centrale d’Arrêt de Bamako pour injures grossières et enregistrement illégal dans un audio qui a fait le tour des réseaux sociaux.

Le 4 janvier 2022, il obtient la liberté provisoire. Mais, quelques semaines plus tard, à l’occasion du 31e anniversaire du soulèvement populaire qui a mis fin à la dictature, l’ADEMA a organisé, le 2 avril 2022, un Panel de haut niveau qui a réuni les principaux acteurs du soulèvement populaire de mars 91 dont le Dr Oumar Mariko afin de faire un bilan des 31 années de démocratie et dégager des perspectives.

Pour Dora DIARRA, paniqués par cette tentative de regroupement, les princes du jour décident d’arrêter le Dr Oumar Mariko qui a évoqué au cours des débats la situation à Mourah (Cercle de Djenné où l’armée a mené une opération contre des groupes djihadistes).

Dans sa version des faits, il ressort qu’une descente d’éléments armés au domicile du Président du Parti SADI a été opérée le lundi 4 avril 2022, aux environs de 17 heures. Ces hommes lourdement armés n’ayant pas trouvé Oumar Mariko sur place ont confisqué les téléphones de certains membres de la famille et les ont forcés à avoir sa position. N’ayant pas obtenu gain de cause, ils ont encerclé sa maison toute la nuit.

Toujours selon M. DIARRA, le lendemain 5 avril 2022, c’était le deuxième épisode, sans mandat de percussion, des hommes armés font irruption une fois de plus au domicile de Oumar MARIKO, où ils ont cassé des portes, fouillé la maison et les véhicules comme effectivement aux beaux jours de la dictature.

C’est après ces actions extrajudiciaires, cette chasse à l’homme que le parti SADI, selon le conférencier, a appris que Oumar MARIKO est poursuivi par le ministère de la Défense et des anciens Combattants pour diffamation et qui a saisi le ministère de la Justice. C’est le procureur de la commune 3 qui a lancé la procédure.

Quelques jours plus tard, nous avons appris sur internet d’une correspondance d’un collectif de défense des FAMA informant le ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Garde des Sceaux aux fins de poursuites pénales contre Docteur Oumar Mariko pour des faits de diffamations contre les forces armées maliennes.

Et entre-temps c’est le terrorisme politique, le lynchage médiatique organisé et des dérives dictatoriales contre les amis, les proches et les Camarades du Dr Oumar Mariko.

Par exemple, a-t-il révélé, le 9 avril 2022, des hommes armés sont descendus chez Madimassa Hanne et le 19 avril chez Ramata Keita sans aucun mandat.

Compte tenu de la situation du pays, le Bureau politique a demandé une audience au Président de la Transition et à celui du CNT pour dissiper toutes les incompréhensions afin de fédérer toutes les forces autour du Mali qui a besoin aujourd’hui de toutes ses filles et de tous ses fils.

« Nous n’avons pas eu de suite», a-t-il déploré.

Pour Dora DIARRA, cette chasse contre Oumar Mariko est consécutive à la ligne qu’il incarne afin de faciliter l’exécution de l’agenda caché des militaires au pouvoir, soutenus par les révisionnistes et restaurateurs.

De son avis, le système qui fait le malheur des Maliens depuis 1968 est un serpent à trois têtes, à savoir : des hommes politiques, des officiers de l’armée et des opérateurs économiques fabriqués par différents régimes.

À en croire M. DIARRA, quand le Peuple était sur le point de faire tomber le système, l’aile militaire du système a procédé à l’arrestation d’IBK afin de sauver le système.

Aujourd’hui encore, a-t-il déploré, les mêmes pratiques continuent.

Pour illustrer ses propos, il a cité entre autres : les scandales autour de la distribution des logements sociaux, du recrutement dans la police.

« On dupe le peuple avec des grands discours pendant que la misère et le malheur frappent les vrais acteurs de l’économie réelle. Il est clair que les tenants actuels du pouvoir veulent le garder. Pour y arriver, il faut briser tous les obstacles. Sinon comment peut-on expliquer cet acharnement contre celui qui a défendu notre armée nationale contre vents et marées ? », s’est-il interrogé.

Selon Me Mariam DIAWARA, le Dr MARIKO est dans une situation inacceptable. De son avis, en tant qu’homme politique, le Dr MARIKO, selon certaines dispositions pertinentes de la loi, ne devrait pas être inquiété jusqu’à ce point pour ses opinions.

Selon elle, la solution juridique de cette situation réside au niveau de l’article 241 alinéa 3 de la loi organique 2016-045 du 23 septembre 2016 qui dit : «Dans tous les cas d’urgences, et à moins que l’intérêt de l’ordre public ne s’y oppose, le Président de la section administrative ou le magistrat qu’il délègue peut, sur simple requête, même à l’absence d’une décision administrative préalable, ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme privé chargé de la gestion d’un service public aurait, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, porté une atteinte grave et manifestement illégale».

Selon Me DIAWARA, nous sommes parfaitement dans ce cas dans l’affaire du Dr MARIKO qui est un homme politique reconnu.

Raison pour laquelle, ses avocats ont saisi la Cour suprême. Pour elle, cet article fait appelle à une procédure rapide.

Selon les textes, en cas de saisine pour des faits pareils « la Section rend sa décision dans les soixante-douze heures à compter de l’enregistrement de la demande au greffe de la Cour, le défendeur appelé. Lorsque la suspension est prononcée, il est statue sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu’il est statué sur la requête principale ».

Par Abdoulaye OUATTARA

Source : Info-Matin

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