Pour nos enfants il faut prendre nos responsabilités !

La lecture d’un article faisant état d’un rapport de l’Education nationale publié cette semaine m’a décidée à écrire ces quelques lignes, car il montre les difficultés de la scolarisation, celui des filles surtout, qui finissent trop souvent par abandonner les études. Ce rapport mérite d’être signalé, car l’inquiétude permanente que nous supportons a pour conséquence de laisser passer inaperçues, d’éclipser ces informations, forcément considérées au second plan pour qui craint pour son quotidien,  pour sa vie, celle de proches ou même de compatriotes. Pourtant, en tant que mère, je comprends qu’il n’y à qu’à travers la réussite de l’éducation de nos enfants que notre pays pourra guérir de ses maux actuels, sortir de tous les différends qui opposent certains, pour laisser place au développement et à la paix durable.

ministre  Jeunesse  Construction citoyenne  Mamadou Gaoussou Diarra  Femme Enfant  Famille Sangaré Oumou Ba

Tous les jours, un nouvel événement tragique endeuille encore et toujours plus le Mali. Cette semaine, c’est la bataille à Anefis qui a été de toutes les discussions. Je suis triste de voir mon pays toujours préoccupé par de nouveaux affrontements, au lieu d’aller vers la recherche d’un avenir meilleur, pour nos enfants et pour nous-mêmes. Je suis triste, mais je suis aussi lasse des débats de cour d’école et de la victimisation : à qui la faute ? Toujours au camarade de l’autre clan bien sûr ! A la tribu voisine,…pourtant sœur ! Aux soldats étrangers,…qui ont quitté leurs familles pour venir risquer leurs vies ici ! Aux politiques qui favoriseraient telle ou telle partie au détriment de l’autre,…alors qu’on voit les efforts faits pour garder l’unité du Mali! Je ne dis pas que des erreurs n’ont pas été commises par quelques uns. Je ne veux pas en juger, car d’autres que moi ont l’expertise que je n’ai pas pour le faire. Mais quand je lis des personnes écrire que les français et la communauté internationale sont venus chez nous pour s’enrichir sur notre dos et sur les trafics…je demande qui peut être assez bête pour croire cela et qui pense que le Mali était un pays prospère avant ?

 

Je crois que la communauté internationale dépense beaucoup d’argent pour essayer de régler nos problèmes car l’équilibre du Mali contribue à l’équilibre du monde. Mais quel pays au monde voudrait investir et commercer avec un pays en guerre ? Je sais aussi que ce sont nos semblables qui trafiquent la drogue, qui commettent les attentats, qui nous volent nos enfants et les poussent à poser les mines qui nous tuent. Ce sont nous-mêmes qui créons des différences entre nous, qui nous entre-tuons les uns les autres. Ce sont des gens de chez nous qui protègent Iyad ag Galy et les autres terroristes, par complaisance ou par peur pour leur vie : non pas les soldats français ou de la Minusma. Que ceux qui les cachent se rendent compte qu’eux aussi sont des traîtres au Mali, mais aussi à leurs enfants qu’ils laissent vivre dans un pays en décomposition.

 

Le Mali est notre terre ! La responsabilité de faire cesser les tueries, d’empêcher les narcoterroristes de nuire davantage, est avant tout la nôtre. Il est temps d’assumer ce qu’il nous arrive, au nom de nos enfants, pour que notre pays retrouve sa dignité et sa grandeur d’antan. L’enjeu pour nous tous est de cesser une bonne fois pour toutes de s’opposer entre voisins et de faire emprisonner tous ces meurtriers de jihadistes-narcotrafiquants qui condamnent le Mali tout entier à la violence armée, à la misère économique et au désespoir. Car c’est seulement après que nous pourrons ensuite enfin nous tourner vers la seule véritable priorité : retrouver notre entière souveraineté nationale et donner un avenir à notre pays à travers la réussite de nos enfants.

 

C’est pour ça que ce rapport de l’Education nationale était si important. Mais, au milieu des tirs, peu d’entre nous en auront entendu le message. Alors je voulais écrire ces quelques lignes pour dire que l’accès à l’éducation éloigne la jeunesse du désœuvrement, du sous-emploi, de la pauvreté et de la tentation ou de la nécessité de se tourner vers la criminalité. C’est nulle part ailleurs que là que se situe notre devoir, car les enfants d’aujourd’hui sont le Mali de demain.

par Aïcha SANGARE

Source:  Autre presse

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *