Plainte contre IBK : Le Biprem a déjà gagné son « procès »

 

Lacine Diawara president biprem mali

Le Bloc d’intervention populaire et pacifique pour la réunification entière du Mali (Biprem-Fasoko) avait promis au peuple malien et à l’opinion internationale de poser une action inédite en République du Mali. Il l’a fait. Le mardi 1er mars 2016, l’Association dépose une plainte pour haute trahison contre le  président Ibrahim Boubacar Kéïta. Pari gagné pour son leader Lacine Diawara qui, depuis une semaine, prend en otage éditorial l’ensemble des médias et des réseaux sociaux à travers le monde et met la République sens dessus-dessous.

« Notre souveraineté est maintenant déchirée : Kidal et plusieurs localités du nord sont coupées du Mali. Notre sécurité est démantelée : agressions sanglantes et courantes des militaires et des civils. Notre honneur est souillé : mendicité humiliante des dirigeants et leur incapacité flagrante à honorer les engagements nationaux auprès des organismes internationaux (ONU, OCI, OMC, CPI…). Notre bonheur est ruiné : corruption galopante, concussion grimpante, éducation dégradante, pauvreté cinglante et impunité flambante ». Voilà entre autres arguments qui fondent la plainte, pour haute trahison, du Biprem contre le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta dont la gouvernance est qualifiée de « hasardeuse, boiteuse et calamiteuse ».

Pour les initiateurs de cette requête devant la Cour suprême, IBK doit s’expliquer devant le peuple malien sur ses deux et demi de gouvernance chaotique et surtout répondre de sept « chefs » d’accusation. La répétition étant pédagogique, il s’agit de : le refus du président de déclarer publiquement ses biens ; le détournement de 28 549 901 190 FCFA (selon le BVG 2014) dans les scandales de l’achat de l’avion présidentiel et du contrat d’armement ; les scandales des engrais frelatés et des 1000 tracteurs du président ; la diminution indue du budget des forces armées de 281 milliards en 2015 à 213 milliards en 2016 et l’augmentation incongrue du budget de la présidence de la République de 9,3 milliards en 2014 (14,6 milliards en 2015) à 19,3 milliards en 2016 ; le feuilleton dramatique de Kidal ; l’incapacité du chef de l’Etat à mettre en application l’Accord de paix ; et l’instabilité gouvernementale.

Il n’en fallait pas plus pour provoquer un séisme dans les hautes sphères de l’Etat, dans tous les rouages de l’administration, dans le landerneau politique et de la société civile. Bref, le Biprem a mis la République en ébullition, volant de victoire à victoire.

La toute première ? Le Bloc a tout d’abord réussi un fantastique coup médiatique, en envahissant la Une des chaines de télévision étrangères, des radios internationales, de presse en ligne et toutes presses confondues au plan national. Les réseaux sociaux en ont fait leur chou gras.

Au pays, le sujet occupait les discussions dans les grins, dans les transports en commun, dans les lieux de spectacle et de loisirs, dans les services publics de l’Etat, dans les mosquées et partout. C’est là une autre victoire du Biprem.

Cette médiatisation à outrance a provoqué une véritable levée de bouclier au sein des institutions et de la classe politique : la troisième victoire de Lacine Diawara et ses amis.

La Haute Cour de la justice a rejeté la plainte, tout en la qualifiant de tract.

Le parti majoritaire, Rpm ; des partis alliés à l’image de l’UM-Rda Faso Jigi se sont fendus de déclarations incendiaires, pour apporter leur soutien à l’« accusé » IBK.

Sur toute la ligne, c’est un franc succès pour le Biprem qui peut jubiler d’avoir déjà gagné « son procès » contre IBK. Ses membres, qui ont osé franchir le pas, peuvent légitimement revendiquer d’être les premiers Maliens et les premiers tout court à tenter de « traîner » un président de la République devant les tribunaux.

CH Sylla

 

Source : L’ Aube

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