Ousmane Ag Rhissa, ambassadeur du Mali en Côte-d’Ivoire : «Je félicite le Chef de l’Etat pour avoir engagé cette Conférence d’entente nationale»

Une chance pour le Mali, la conférence d’entente nationale est, selon l’Ambassadeur du Mali en Côte-d’Ivoire, Son Excellence Ousmane Ag Rhissa, une voie sure conduisant à la paix, un processus engagé par Son Excellence Ibrahim Boubacar Kéïta qu’il félicite et remercie pour sa vision, son sens élevé du patriotisme et son choix d’aller à la paix. Interview.

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L’OBSERVATOIRE: Son Excellence, que pensez-vous de cette conférence d’entente nationale ?

 Son Excellence Ousmane Ag Rhissa: Merci de m’avoir offert cette opportunité. Si je me suis déplacé pour ici, c’est parce que je mesure toute son importance et sa place dans le processus de mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale. Cette conférence, comme l’a dit le Chef de l’Etat, est une chance pour le Mali, c’est une opportunité pour redessiner le Mali de demain, le Mali tel qu’il a été dans le passé et que nous souhaitons qu’il soit aujourd’hui. Je crois que c’est une occasion inouïe qu’aucun Malien ne doit rater. Je suis venu pour apporter ma propre contribution en tant qu’Ambassadeur, celle de la diaspora malienne en Côte-d’Ivoire, qui est vraiment de cœur avec le Gouvernement, qui le soutient.

Quel espoir nourrissez-vous pour cette conférence ?

Cette conférence avait suscité quelques inquiétudes au début, dans son premier format. Mais le format qui a été délivré par le Président de la République et le Président du Comité d’organisation est un format idéal. C’est-à-dire ouvrir la conférence, prendre les préoccupations et les contributions des uns et des autres pour en faire des éléments de la Charte pour la paix, l’Unité et la Réconciliation nationale. Donc, laisser la conférence ouverte, le processus ouvert, je pense que c’est le meilleur format qui puisse amener l’ensemble des sensibilités maliennes à rejoindre le train.

Monsieur l’Ambassadeur, il y a la question de l’Unité, il y a le terme Azawad qui mine les débats. Qu’en pensez-vous concrètement ?

Le Mali est un pays «Un» et «Indivisible». Le Mali est une Nation millénaire, ce n’est pas un hasard. Nous sommes une Nation, parce que nous avons au cours de notre Histoire millénaire vécu ensemble, partagé ensemble nos réalités. Quelles que soient nos différences d’ordre ethnique, culturel, socio-économique ou linguistique, nous sommes d’une même Nation.

La question de l’Azawad a fait l’objet des débats lors de la conférence, qui doit la trancher. Mais, personnellement, je n’en fais pas un truc extraordinaire. Les gens accordent trop d’importance à la notion de l’Azawad dans notre pays, beaucoup plus qu’elle ne représente. C’est là le danger. C’est vrai, il y a des mouvements qui se sont soulevés, pour revendiquer l’Azawad, l’Indépendance, l’autonomie, la fédération et que sait-on. Au-delà de ça, ce sont des Maliens, la preuve est qu’ils sont là, ce sont nos frères, ils n’ont pas le choix, ils sont Maliens et vont le rester. La question Azawad, de mon point de vue, ne doit pas nous diviser outre mesure. Il suffit de la ramener dans sa juste dimension.La paix est sur une bonne voie avec cette conférence. Vous en êtes sûr ?

J’ai la conviction que nous sommes partis définitivement pour la Paix, l’Unité et la Réconciliation nationale. Avec cette conférence d’entente nationale, je pense que c’est à mettre à l’action du Chef de l’Etat, au Gouvernement et aux Groupes armés et à l’ensemble à des partis signataires de l’Accord pour simplement que nous allions plus vite dans la mise en place des dispositions de l’Accord. Je suis convaincu que la paix est là.

Comment se portent les Maliens de la Côte-d’Ivoire?

 Je salue d’abord les Maliens de la Côte-d’Ivoire pour leur patriotisme, leur amour pour leur patrie. Je vous assure qu’ils suivent avec beaucoup d’intérêt les débats de la Conférence d’entente nationale, parce qu’ils y attendent beaucoup, nourrissent beaucoup d’espoir pour la conférence.

Sur un plan purement d’intégration, notons qu’en Côte-d’Ivoire, ils y ont bien intégrés. Je remercie les autorités ivoiriennes, le Président de la République, Son Excellence Alassane Dramane Ouattara, et tous les Ivoiriens pour leur hospitalité légendaire et leur accueil.

Son Excellence, les Maliens de Kidal ont préféré que la Conférence soit un processus et non une rencontre de 7 jours. Que faites-vous personnellement de cette demande?

Personnellement, ce n’est pas une mauvaise chose. D’ailleurs, c’est cela qui va donner toutes les chances à cette conférence d’arriver à bon port avec tout le monde à bord. Si la conférence est fermée le 2 avril, on n’aurait pas rassemblé tous les éléments et tous les atouts en termes d’entente. Comme le processus est laissée ouvert, la Conférence va contenir le maximum d’éléments de base pour la Charte, mais d’autres éléments millénaires tirés de notre Histoire, de notre Géographie, de nos cultures et de nos traditions vont être intégrés. Tous les Maliens se reconnaitront, j’en suis sûr, dans la Charte qui va être déclinée à la fin de ce processus. Je suis convaincu que le Mali se remettra sur le chemin de la paix, de la réconciliation et de l’entente nationale.

Et la place de l’opposition politique dans cette conférence ?

 Sa place est là, elle a sa contribution à apporter dans cette conférence, dans ce processus. C’est extrêmement important, elle ne devrait pas être minimisée. Le Mali est une Nation, quand une partie se met à l’écart, on ne peut pas arrêter la marche de la République. Elle a son rôle à jouer. Je salue l’opposition pour avoir rejoint le processus.

 Votre mot de fin, Son Excellence

Je félicite et remercie sincèrement le Chef de l’Etat, Son Excellence Ibrahim Boubacar Kéïta, pour sa vision, son patriotisme et pour avoir engagé cette Conférence d’entente nationale. Le Président de la République a fait de bon choix, nous allons le soutenir, tous les Maliens devraient le soutenir, de l’intérieur et de l’extérieur, de la Majorité comme de l’Opposition, des ex-groupes armés, sans distinction.

Réalisée par Cyril ADOHOUN

Source: L’Observatoire

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