Office du Niger : UNE VISITE PRESIDENTIELLE TRES ATTENDUE

Elle permettra sans doute d’insuffler une nouvelle dynamique aux projets et chantiers en cours dans la zone

Ibrahim Boubacar Keïta president malien ibk visite campagne foule renontre nord mali kidal gao tombouctou moptiLe président de la République effectuera prochainement une tournée dans la Région de Ségou. En prélude à cette tournée, le ministre du Développement rural, Dr Bocari Tréta s’est rendu vendredi et samedi derniers dans certaines zones de production de l’Office du Niger et de l’Association des riziculteurs de la plaine aménagée de San Ouest (ARPASO).

Cette visite préparatoire de la tournée du chef de l’Etat était destinée à constater l’état d’avancement de certains travaux d’infrastructures et s’enquérir de la situation de la campagne agricole dans ces zones.
A l’Office du Niger, le directeur général de cette structure, Ilias Dogolum Goro, entouré de ses collaborateurs, a accompagné la délégation ministérielle sur le terrain. Le barrage de Markala, point de départ de l’activité rizicole en zones Office du Niger, fait évidemment partie des sites que le chef de l’Etat va visiter. Cet ouvrage est le centre névralgique et l’outil de production par excellence de toutes les productions agricoles, animales et aquacoles. Il est l’ossature principale des systèmes hydrauliques et constitue l’outil privilégié de souveraineté alimentaire de notre pays.
Mis en service en 1947, le barrage de Markala est situé sur le fleuve Niger en aval de la ville de Ségou. Il constitue la pièce maîtresse des aménagements hydroagricoles. Bâti sur une longueur de 816,56 mètres dans sa partie mobile, il relève le plan d’eau de 5,5 mètres de hauteur au dessus du niveau de l’étiage et permet ainsi de dériver les eaux du fleuve vers les périmètres irrigués.
L’ouvrage constitue par ailleurs le franchissement du fleuve vers la rive gauche. Mais il sera confronté dans les années à venir à un grand défi. En effet, avec la construction de la route Niono-Tombouctou, l’accroissement de la production agricole, les capacités du pont en terme de portance, de hauteur du portique et de largeur de sa chaussée, les surcharges à l’essieu des gros porteurs, sont des facteurs combinés qui feront que le barrage ne pourra pas satisfaire la densité du trafic routier.

LA NECESSITE D’UN PONT. Pour le ministre Tréta, la visite présidentielle sera l’occasion d’attirer l’attention sur la nécessité de construire un pont pour relier Ségou et les localités de la rive gauche du fleuve Niger. Cette dérivation du trafic routier pourrait soulager le barrage de Markala des poids supportés pendant près de 70 ans.
Le programme du séjour présidentiel prévoit des visites dans des champs. Celui de Diabé Koné à Minimanaba situé à 5 kilomètres de Niono a accueilli la délégation ministérielle. Ce paysan modèle récolte bon an mal an, plus de 8 tonnes de riz paddy dans son champ. Cette année sur les 5 hectares de riz dont l’aspect végétatif est très satisfait, le paysan Diabé Koné compte récolter avec certitude 8,5 tonnes à l’hectare. Pourtant, il ne dispose que d’un motoculteur et de 4 ouvriers, dont un de ses neveux pour accomplir les travaux champêtres.
La tournée présidentielle sera ponctuée par la visite des ateliers de la Société coopérative artisanale des forgerons de l’Office du Niger (SOCAFON) qui fabrique divers outils agricoles de production et de post-récolte.
La ferme agricole de Modibo Kimbiri qui a exploité cette année 5 hectares de riz, dont il espère récolter 8,5 tonnes à l’hectare se réjouira également du passage du président Ibrahim Boubacar Kéita. Le ministre Tréta a procédé à la récolte symbolique du champ de riz de 5 hectares, sous le regard plein de fierté de Modibo Kimbiri. Sur ces terres de la zone de N’Débougou, le président aura droit à une présentation des potentialités du Méma et du Farimanké disposant de 100.000 hectares pour chacun des systèmes hydrauliques.
Dans la zone du Macina à Kolongo, le président Ibrahim Boubacar Kéita visitera les cages flottantes qui font partie d’un programme de 200 cages à placer dans les plans d’eau. Sur le même site d’importants projets de développement rizicole sont en chantier tels que le projet Malibya qui portera à terme sur 100.000 hectares dans la zone du Macina. Une convention d’investissement suivi d’un bail emphytéotique sur 25.000 hectares a été signé entre la société Malibya agriculture et l’Office du Niger. Ce projet a fait des aménagements qui sont prêts à être utilisés.
Là également, des perspectives intéressantes s’offrent aux exploitants de l’Office du Niger en termes d’aménagement des 110.000 hectares du système Kokéri (élargissement du canal du Macina et dragage du fala de Boy Wèrè) et les 10.000 hectares du casier de Soumouni.
Tous ces futurs aménagements et d’autres permettront à l’Office du Niger d’une part et au gouvernement d’autre part de répondre à la Déclaration de Dakar relative à l’aménagement de 350.000 hectares d’ici à 2020.
Le président de la République devrait également trouver sur son itinéraire la Station de recherche agronomique de Cinzana. A San, la délégation aura l’opportunité d’apprendre que les problèmes qui seront soulevées par l’Association des riziculteurs de la plaine aménagée de San ouest (ARPASO) pourront trouver leurs solutions dans le cadre de la prochaine phase du Programme de développement de l’irrigation dans le bassin du Bani et à Sélingué (PDI-BS).
Ce projet couvre la zone de San dans le cadre du développement des activités du seuil de Talo, du barrage de Sélingué et du futur barrage de Djenné. Ces trois ouvrages sont intégrés dans les activités du PDI-BS.
Le ministre Bocari Tréta s’est assuré que les structures du développement rural concernées s’investiront et donneront le mieux d’elles-mêmes afin que le passage de la délégation présidentielle soit le mémorable possible et riche d’enseignements. « Ce que le président Ibrahim Boubacar Kéita verra au cours de cette visite doit le conforter dans sa vision et son ambition qu’il porte pour le développement rural », a déclaré le ministre Tréta aux cadres avec il a tenu samedi après-midi une séance de travail.

Envoyé spécial
M. COULIBALY

source : Essor

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