Observatoire : EN HAUSSE : Abdoulaye Diop

Le diplomate chevronné qui fut ministre des Affaires étrangères sous IBK retrouve ce poste à un moment critique de l’histoire du Mali. Mais c’est surtout pour faire appel à son expertise, lui qui fut maître d’œuvre de l’Accord pour la paix et la stabilité encore appelé Accord d’Alger. Cet accord est au centre de tous les débats et doit retenir toute l’attention au cours de cette transition présidée par le colonel Assimi Goïta. Quoi de plus normal que d’avoir encore Abdoulaye Diop comme maître d’œuvre de la relecture tant demandée de cet accord ? Surtout si l’on connaît les positions affichées par Choguel Maïga, très hostiles à cet accord ! On dit que les gens changent leurs croyances et convictions en fonction de leurs responsabilités. Espérons que Choguel sera l’exception qui confirme la règle.

Dr Moussa Sanogo

Depuis qu’il a été relevé de son poste de Pdg de la Pharmacie populaire du Mali, Moussa Sanogo, un homme très balaize car bardé de diplômes, est toujours entre deux avions. Sollicité un peu partout en Afrique et même en Europe pour son expertise, il n’est généralement au Mali que pour honorer les heures de cours qu’il dispense à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Bamako. Il vient d’ailleurs de se distinguer comme un des auteurs d’un livre de haut niveau rédigé par d’éminents experts du continent : “Regards croisés sur la Covid-19 : épidémie, économie, société et politique au Sahel.

Comme quoi, on n’est jamais prophète dans son pays, mais le Pays doit reconnaître ses hommes et femmes valables qu’il a formés pour leur créer les conditions d’épanouissement chez eux afin de ne pas les laisser servir les autres, malgré eux.

 

EN BAISSE :

Bramali

En engageant une chasse aux sorcières, pardon une chasse aux syndicalistes, dans le vrai sens du terme avec le licenciement à tour de bras de responsables syndicaux, la Direction de la société Bramali s’engage dans une voie sans issue heureuse pour elle. En effet, en ces temps où les responsables de la centrale

Benjamin Bronne

Untm semblent avoir bouffé du lion, les braver de la sorte n’arrange en rien la situation déjà trop délétère dans la fabrique de boissons. En plus, le cas de Bramali allonge la déjà très longue liste de revendications de la centrale syndicale sur le pied de grève pour avoir même donné un ultimatum de dix jours au nouveau Premier ministre pour répondre favorablement à leurs revendications. S’il faut ajouter l’affaire Bramali sur le cahier de doléances, en ces temps où l’existence du Conseil national du patronat du Mali n’est que virtuelle…

 

Bocary Tréta

Dr Bocari Tréta

Tout puissant patron du regroupement de la Majorité présidentielle où les partis politiques et mouvements se bousculaient au portillon, Bocary Tréta, ancien ministre sous ATT et sous IBK, est tombé dans un quasi anonymat, pendant que son regroupement politique, l’EPM, est en train de partir en lambeaux. Au niveau du parti dont il est le président, le Rpm, c’est la débandade annoncée. Est-ce une des raisons qui le poussent à préparer sa candidature en dehors de son parti, en essayant de ratisser large, jusqu’au sein de lugubres mouvements dont on ne sait s’ils sont politiques ou de la société civile ? En tout cas, en voyant la façon dont il courtise à présent le mouvement BSS de Boubacar Sidiki Sangaré qu’il côtoie régulièrement depuis que les deux hommes ont eu un tête-à-tête de près de deux heures de temps chez BSS, cela ne fait pas référence à l’homme tout puissant qui était, il y a si peu, à la tête d’un des regroupements politiques les plus puissants du pays.

JUSQU’OÙ : L’UNTM

Jusqu’où peut aller l’Untm dans sa défiance envers le nouveau gouvernement dirigé par Choguel Maïga ? Entre l’actuel Premier ministre et la centrale syndicale, c’est quasiment le topo de l’arroseur arrosé car si le M5-RFP a crié sur

siège UNTM
tous les toits que le coup d’Etat du 18 août n’était que le parachèvement de son œuvre et par conséquent devait être le partenaire naturel des nouveaux tenants du pouvoir, c’est le contraire que Choguel vient de faire car c’est l’Untm qui a fragilisé le duo Bah N’Daw-Moctar Ouane pour permettre à Assimi Goïta de les écarter facilement. Mais l’Untm qui devait donc être le partenaire naturel du nouveau gouvernement voit que le Premier ministre, au contraire, chemine avec des adversaires syndicaux qui ont combattu l’Untm et même tenté de saborder leurs deux dernières grèves qui ont pourtant eu raison du gouvernement Moctar Ouane pour ouvrir un boulevard à Choguel. Hum…il y a de l’électricité dans l’air.

WANTED :

Moussa Timbine

Mais où est donc passé Moussa Timbiné, le très éphémère et très contesté président de l’Assemblée nationale du Mali ? Depuis le coup d’Etat qui a renversé le régime du président IBK dont il était le chouchou,

Moussa Timbiné

c’est silence radio de son côté, après son embastillement durant quelques semaines par la junte. Lui et Boubou Cissé polarisaient la contestation qui a abouti au coup d’Etat contre IBK. Si l’ex-Premier ministre tente de prendre sa revanche sur l’histoire et de rebondir, Moussa Timbiné, quant à lui, semble sonné par ce qui lui est arrivé et tarde à refaire surface. Par rapport à l’histoire, il a un combat à mener. Par rapport à ses nombreux souteneurs, il a un devoir de sonner le tocsin de la remobilisation pour ne pas laisser croire qu’en lieu et place d’une armée de fidèles, il n’avait qu’une horde de profiteurs à la recherche de largesses et prébendes.

MAIS POURQUOI :

Gouvernement pléthorique

Mais pourquoi, de 25 ministres avec Moctar Ouane, le gouvernement est passé à 28 membres sans pourtant être inclusif comme on le souhaitait ? Si on veut vraiment réduire le train de vie de l’Etat, comme on le prétend, il fallait démarrer par le nombre de départements ministériels et surtout, s’affranchir de ces ministères délégués qui ne constituent qu’un vernis institutionnel pour un gouvernement de neuf mois, en principe. C’était d’ailleurs un bon départ pour une campagne de réformes institutionnelles à faire accepter au peuple malien et dissiper tout doute au départ. Mais, hélas, c’est raté !

 

Source: Aujourd’hui Mali
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