Nouveau gouvernement Modibo Keïta : Ce que l’entrée des groupes armés va changer

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Il y a quelques jours, votre site avait annoncé l’imminence d’un nouveau gouvernement dans lequel pourraient figurer les groupes armés. Depuis ce jour, 7 juillet, ce qui était pour beaucoup de personnes une simple rumeur, s’est confirmé. En effet, ce jour, 7 juillet 2016, à Koulouba, le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, a pris un nouveau décret (N°2016-0510/ PRM portant nomination des membres du gouvernement). Ce décret vient porter à la connaissance de l’opinion, l’entrée en fonction d’un nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre sortant, Modibo Keita. Dans ce gouvernement de 34 membres (contre 32 dans le précédent) certaines figures des mouvements armés de 2012, y ont fait leur entrée. Cela va-t-il apporter un changement positif dans la situation politico sécuritaire de notre pays ? C’est la question qui est sur les lèvres de beaucoup de gens actuellement. Il est évident que la situation va être fondamentalement différente du temps où les groupes armés étaient tous hors de l’attelage gouvernemental et voyaient au gouvernement plus un ennemi qu’un partenaire. En principe, cette participation des mouvements armés au gouvernement doit avoir un impact positif sur le processus de paix, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre de l’accord pour la paix, accord dont nous avons célébré, il y a juste quelques jours, le 1er anniversaire de la signature, le 20 juin 2015, à Bamako. L’entrée des groupes armés au sein du gouvernement est une chose qui est prévue dans l’accord, mais qui avait mis du temps à se réaliser. Lors des deux précédents remaniements, leur arrivée avait été annoncée, mais à chaque fois, la machine s’est grippée. Aujourd’hui, on peut dire que c’est finalement chose faite. C’est un nouvel acte (positif) qui vient attester d’une seule chose : si les Maliens veulent, ils peuvent s’entendre, sans même avoir besoin d’arbitres extérieurs. C’est cet enseignement que nous donne l’entrée des mouvements dans le nouveau gouvernement ; il s’agit d’un acte de rapprochement assez important pour la sortie de la crise. Il vient s’ajouter à d’autres mesures de bonne foi prises par les plus hautes autorités et au nombre desquelles on peut noter le vote et la promulgation de la loi sur les Autorités intérimaires. La présence des représentants des mouvements dans le gouvernement  leur permettra de comprendre beaucoup de choses dans la démarche de l’Etat et surtout de mesurer la sensibilité de certaines situations. L’on espère avec la nouvelle donne au démarrage rapide du programme de la démobilisation, désarmement et réinsertion (DDR), car, plus qu’un geste d’apaisement, cette entrée des représentants de la rébellion dans le gouvernement Modibo Keïta, constitue un geste fort qui traduit, s’il en était besoin, de la disponibilité existant, de part et d’autre, à transcender certaines difficultés, pour cheminer ensemble sur la voie tracée par les fondateurs de notre peuple ; un peuple dont nous devons tous (noirs comme blancs, du nord, comme du sud) restés fiers et jaloux de son rayonnement dans le concert des nations.

 

La rédaction 

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