MOUVEMENT DU 05 JUIN : Un joueur de poker menteur nommé IBK !

Entre son adresse à la Nation à l’eau tiède du dimanche soir et sa mise en scène théâtrale au CICB, le mardi, IBK a encore un peu plus déconsidéré la fonction présidentielle, dévalorisé sa propre parole et surtout indiqué à ses adversaires la voie à suivre pour lui faire rendre totalement gorge.

 

Dimanche, il n’avait rien à proposer à un peuple en colère contre sa gestion calamiteuse et encore plus en rogne contre la perspective de le voir, à coup de bricolage constitutionnel et électoral, préparé sa succession plus à sa barbe qu’à sa main. Mardi, il a eu assez d’argent pour payer l’accord de revalorisation salariale pour les enseignants, reçu de bonnes nouvelles sur son « frère Soumaïla Cissé » dont il ne pipa mot 48 heures plus tôt.

Le « Roi sans souci » de Sébénicoro a également compris que le « gouvernement de changement » qu’il prétendait mettre en place pour régler tous nos problèmes gagnerait à être un « Gouvernement d’union nationale ». L’Esprit Saint est aussi venu lui insuffler l’idée que la Cour constitutionnelle et l’assemblée nationale posent question au point qu’il devait prendre l’initiative de consultations pour décider du sort des deux institutions.

IBK comprend vite même s’il faut un peu plus de temps pour lui expliquer les choses. L’échec de la médiation de Moussa Traoré et la radicalisation croissante du Mouvement du 05 juin ont fini par le convaincre de sortir de son confort et de son mépris pour regarder en face la réalité d’un pays qui se défie de son régime, plombé par une réélection au forceps (Soumeylou Boubeye Maïga peut garder ses solutions de sortie de crise pour lui-même), un premier mandat calamiteux sans que cela n’enlève au plus incompétent de nos présidents le goût, après dix ans de gabegie, d’organiser sa succession avec l’argent du pillage et la complicité de Manassa et du président de l’assemblée nationale. La coupe est pleine pour les Maliens dont le silence pour ce pouvoir a valeur d’acquiescement.

La prise de conscience de IBK ne relève pas de la bonne foi et amène, par conséquent, à chercher la ruse derrière les propositions. La formule selon laquelle il mènera une consultation dans « les prochaines semaines » relève de la duperie. Il joue la montre Rolex, le temps de faire baisser la pression. Autant, il traîne les pieds avec la décision sur la crise électorale, autant il s’empresse à appliquer l’article 39, avec l’espoir de détacher les enseignants du mouvement de contestation. La grande leçon du début de volte-face de IBK est que ce pouvoir ne respecte personne mais que le peuple peut lui imposer son respect par la mobilisation.

Baba Diarra

In Refondation du Mali

L’AUBE

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