Moussa Sinko Coulibaly, ancien candidat à la présidentielle : « nous avons perdu une bataille, mobilisons-nous pour gagner la guerre »

Telle est la conviction de l’ancien candidat à la présidentielle du 29 juillet dernier. Moussa Sinko Coulibaly, ce militaire qui a abandonné le métier des armes au profit de la politique, est désormais fidèle compagnon du chef de file de l’opposition, Soumaila Cissé, candidat malheureux à la même présidentielle, mais qui ne reconnait pas la victoire du président sortant, Ibrahim Boubacar Kéita.

Lors de la présentation à la presse du Manifeste du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) dont il membre signataire, l’ancien putschiste et ex-général n’a pas mâché ses mots à la Maison de la presse ce jeudi soir. Pour lui, « nous n’avons pas un président élu ». Comme pour dire qu’IBK n’est autre qu’un usurpateur. « Nous sommes déterminés à obtenir coûte que coûte le changement. Il faut se mobiliser pour ça. Nous avons perdu une bataille, mais pas la guerre. Mobilisons-nous pour gagner la guerre », a indiqué au pupitre le général démissionnaire Sinko, sous un tonnerre d’applaudissements à la Maison de la presse. Et quand de tels propos viennent d’un ancien putschiste, ils ne peuvent que susciter un intérêt.

Au cours de cette conférence de presse ayant consacré le lancement du Manifeste du FSD, d’autres leaders ont eu à se prononcer sur l’actualité du pays. Pour Tiébilé Dramé, « nous n’avons pas demandé une offre politique au Premier ministre, on en a pas besoin ». Une manière de répondre au chef du gouvernement, Soumeylou Boubèye Maïga, lorsque ce dernier indiquait qu’il n’avait pas d’offre politique à faire à l’opposition. Pour Dramé, le PM commence à trop parler encore alors qu’il devrait s’atteler à résoudre ses problèmes. « Ils savent qu’ils n’ont pas gagné les élections ».

« Quand le Premier est parti à Toguéré Coumbé dans la région de Mopti, il a trouvé toutes les femmes voilées, parce que la localité est sous occupation des djihadistes. Ce sont les jihadistes qui y règnent et la ville était même encerclée par les jihadistes. Le Premier ministre est venu faire son cinéma et il est réparti », a souligné Hamadoun Dicko, le président du PSP.

Pour Soumaila Cissé, il y a urgence à «sauver le Mali, à sauver la démocratie malienne et la souveraineté nationale». Il appelle tous les patriotes à se joindre à la lutte au sein du Front. Il s’agit du « combat pour l’avenir du pays, du combat pour faire cesser toute oppression et réduire la fracture sociale». «Il faut agir vite et maintenant».

Pour Choguel Kokalla Maïga, les Maliens doivent se mobiliser contre la partition en cours du pays. Le redécoupage territorial tel que présenté par le ministère de l’Administration territoriale n’est autre que l’outil de l’autonomisation,  de la fédéralisation et plus tard de la partition du pays. « J’espère me tromper ».

Faire respecter le libre choix majoritaire  du peuple malien; mettre en place un système électoral fiable, transparent, contrôlable et validé par les acteurs politiques; restaurer la confiance en nos institutions; instaurer une gouvernance vertueuse inclusive; des mécanismes crédibles de dialogue politique et social; protéger la liberté de la presse…. Ce sont là quelques objectifs du front tel qu’inscrits dans le Manifeste.

Abdoulaye Diakité

La rédaction

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