Moussa Mara, ex Premier ministre : Halte à l’indécence et à l’arrogance

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne plaît pas à tout le monde. Dans le milieu des administrateurs civils, on serait même tenté de d’affirmer qu’il est honni et haï par tous. Il s’agit de l’ancien Premier ministre Moussa Mara qui, depuis quelques mois, alignent les propos incendiaires et provocateurs.

 

Oubliant presqu’il a été Premier ministre, Moussa Mara n’est pas avare de propos pour le moins incongrus sur la difficulté de lutter contre la corruption, sur les forces d’inertie, sur ses relations avec les religieux, sur la paix. Les quelques rares fois où il a ouvertement évoqué quelques actions comme Premier ministre, c’est pour verser dans les excès et les outrances. C’est ainsi qu’il est revenu sur son escapade meurtrière à Kidal. Les administrateurs civils ont été les premières victimes de l’assaut des terroristes contre la délégation du Premier ministre. Ils ont payé le tribut le plus lourd parce que le Premier ministre les avait abandonnés. Et il n’a jamais eu la présence d’esprit d’exiger que ceux qui ont été assassinés bénéficient de sépulture digne de ce nom. C’est suite à son aventure de Kidal que le Mali a perdu toutes ses positions dans le Nord, jusqu’à Gao. Le ministre de la Défense et des Anciens combattants de l’époque, Soumeylou Boubèye Maïga, avaient démissionné de son poste et demandé à son parti présent à l’Assemblée nationale d’œuvrer à la constitution d’une enquête parlementaire sur les événements de Kidal. Même si les conclusions ne sont pas publiques, l’opinion est régulièrement abreuvée par des députés de l’opposition sur la responsabilité de l’ancien Premier ministre. Or il se dit que malgré ses bravades et ses déclarations à l’emporte-pièce, Moussa Mara appréhende d’éventuelles poursuites judiciaires. En attendant, c’est le syndicat autonome des administrateurs civils qui lui demande  de faire preuve de retenue et de décence. Le syndicat l’accuse d’avoir conduit à la mort six de ses militants, des préfets, et sous-préfets qui avaient accepté d’aller à Kidal pour servir l’Etat. Le Syndicat lui demande d’avoir l’humilité de se taire après avoir mis l’Etat à genou. Le Syndicat digère mal son arrogance et son populisme.  Nous livrons l’intégralité de leur communiqué.

 

Propos de Moussa Mara sur les événements de Kidal

Le Syndicat autonome des administrateurs civils réagit

A l’occasion de deux interventions successives sur les antennes de la Radio internationale BBC et de la télévision ARICABLE, l’ex Premier ministre a tenu certaines déclarations relatives à la visite controversée qu’il  a effectuée , il ya un peu plus d’une année, dans la région de kidal. Dans lesdites déclarations, il dit n’avoir pas regretté cette visite et mieux être prêt à la reprendre sans état d’âme si c’était à refaire.

Au cours de sa réunion ordinaire tenue le 13 juin 2015 à son siège, le CEN-SYNAC a analysé cette attitude et décidé d’y apporter la réaction qui suit :

Le SYNDICAT  AUTONOME DES ADMINISTRATEURS CIVILS est indigné, atterré et outré par ces déclarations qui, à défaut de contenir un mea-culpa, auraient dû au moins manifester de la compassion pour les victimes de ces évènements tragiques. Le Synac trouve ces déclarations gravissimes et dénuées de tout sens de responsabilité et de redevabilité pour l’homme d’Etat qu’il représentait au moment des faits au regard des conséquences désastreuses que la malencontreuse visite a engendré pour le pays.

Le SYNDICAT AUTONOME DES ADMINISTRATEURS CIVILS rappelle à l’intéressé au cas où il l’aurait déjà oublié que c’est suite à cette visite risquée et déconseillée à laquelle aurait renoncé tout homme d’Etat avisé et raisonnable, soucieux de l’intérêt supérieur de la Nation, que les forces armées maliennes et d’Administration  d’Etat ont perdu toutes leurs positions dans cette partie de notre territoire.

Le SYNDICAT AUTONOME DES ADMINISTRATEURS CIVILS rappelle par ailleurs que c’est suite à cette visite déplorable, en plus des victimes militaires, qu’il a perdu six (6) de ses militants ( Préfets, Préfets -adjoints et Sous- préfets) qui avaient accepté, au péril de leur vie, d’aller servir le pays dans des conditions sécurutaires qui n’étaient méconnues de personne à cette époque sur cette partie du territoire national. Pendant  que les infortunés rendaient l’âme sous les balles assassines, l’ex Premier ministre était terré sous haute protection des Nations Unies et des échos qui nous sont parvenus, il n’a rien entrepris en son temps pour venir en aide à ces commis de l’Etat grâce au sacrifice desquels les élections présidentielles qui l’ont vu diriger le Gouvernement ont été organisées. Cela ne nous étonne guère du reste, tant l’intéressé a suffisamment fait montre de nombrilisme pendant son bref séjour à la primature.

C’est pourquoi, le SYNDICAT AUTONOME DES ADMINISTRATEURS CIVILS, exige de l’intéressé, à défaut d’avoir une pensée pieuse pour la mémoire de nos camarades tombés sur le champ de l’honneur et ce pour contribuer à promouvoir la paix et la réconciliation et bâtir l’Etat de droit et la démocratie dont il use allègrement aujourd’hui, pour ne pas dire abuse, le sens de la retenue dans les propos s’il n’a pas l’humilité nécessaire pour se taire après avoir mis l’Etat à genou.

Le SYNDICAT AUTONOME DES ADMINISTRATEURS CIVILS prend à témoin l’opinion nationale et internationale qu’il se réserve le droit de réagir par des moyens appropriés que l’Etat de droit met à sa disposition au cas où l’ex Premier ministre serait tenté de récidiver dans l’arrogance et le populisme à l’avenir

La Rédaction

source :  Nouvelle République

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