Modibo Keita à la classe politique : «Je vous demande d’accepter qu’on aille très vite»

Le Haut représentant du président de la République dans les pourparlers intermaliens d’Alger ne veut plus que l’on perde assez de temps à discuter. Il l’a fait savoir au cours d’une rencontre d’échange qu’il a eue avec les partis politiques, le lundi 28 décembre 2014, au Gouvernorat du District.

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En prélude à cet énième round de la deuxième phase des négociations qui devrait se poursuivre ce mois-ci, dans la capitale algérienne, l’ancien Premier ministre a sacrifié à la tradition en organisant une rencontre avec la classe politique nationale. Ainsi, après avoir longuement rendu compte de la dernière rencontre des différentes parties aux négociations, le Haut représentant du président de la République, Modibo Keïta, a recueilli les préoccupations, mais aussi les critiques de ses interlocuteurs du jour qui  ont unanimement salué sa démarche. Ainsi, après qu’il eût demandé aux politiques de faire en sorte que la forme ne tue pas le fond, le Premier ministre Keïta a rappelé que le gouvernement partage bien des préoccupations de ces derniers et, s’apprête, explique-t-il, à faire les mêmes réserves auprès de l’équipe de médiation, notamment en ce qui concerne des points sur lesquels il avait déjà exprimé son désaccord. Toutefois, M. Keïta a rassuré que l’«Azawad», qui a jusque-là fait couler assez d’encre et de salive, ne sera jamais reconnu comme entité politique au Mali.

Face au besoin de concertation nationale exprimé par certains partis, l’orateur a invité les politiques à se souvenir que le temps est notre plus grand ennemi. «Je respecte les formations politiques. Je sais qu’en les écoutant, on peut mieux faire. Mais, je leur demande, compte tenu des exigences, d’accepter qu’on aille très vite», a-t-il formulé, rappelant que la discussion, utile qu’elle puisse paraître, a des limites. Cela a, estime-t-il, l’avantage  de ne pas donner raison à ceux qui ne veulent pas d’un accord, mais surtout d’écourter les souffrances de certains de nos partenaires.

La médiation n’est pas à la solde de l’Algérie

En réponse à une crainte longtemps exprimée par certains politiques, M. Modibo a invité ses interlocuteurs à faire confiance à la médiation qui est, selon lui, loin d’être sous tutelle algérienne. Convaincu que le pays d’Abdel Aziz Bouteflika a parfaitement joué son rôle de chef de file de la médiation, le Haut représentant du président de la République a rappelé que c’est la première fois dans l’histoire de la crise malienne que ce pays se trouve avec d’autres médiateurs, l’Accord de Tamarasset, le Pacte national  ainsi que l’Accord d’Alger (2006) ayant été négociés sous sa seule égide. «J’ai suivi le processus d’un bout à l’autre, mais, jamais l’Algérie n’a pu imposer son point de vue à aucun des membres de la médiation», a-t-il tenu à rassurer, soutenant que cette médiation n’est pas à la solde de l’Algérie.

Bakary SOGODOGO

source : pretoire

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