Mise en œuvre de l’accord de paix : LES ACTEURS POUSSENT LE CHAUFFAGE

Réunis à New York la semaine dernière, ils ont convenu de la nécessité d’appuyer sur l’accélérateur, afin que notre pays retrouve la quiétude et la voie du développement

Abdoulaye Diop ministre affaires etrangere cooperation internationale

 

Les Nations Unies ont tenu, 1er octobre dernier, en marge du débat général de la 70è session de l’assemblée générale, une réunion ministérielle consultative sur le processus de paix au Mali et sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation. La réunion a été ouverte par le vice-secrétaire général des Nations unies, Jan Eliasson, et co-présidée ensuite par le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de l’Algérie, Ramtane Lamamra, le ministre des Affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop et le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous. L’événement a rassemblé les membres de la médiation internationale -l’Algérie, l’Union africaine, le Burkina Faso, le Tchad, la CEDEAO, l’Union européenne, la Mauritanie, le Niger, l’Organisation de la coopération islamique et les Nations unies-les membres du Conseil de sécurité ainsi que le gouvernement du Mali, afin de dresser le bilan des progrès accomplis et des défis à venir entourant la mise en œuvre de l’Accord. Ont également assisté à la réunion en tant qu’observateurs plusieurs pays contributeurs de contingents et d’effectifs de police à la MINUSMA.
Les participants ont reconnu que notre pays avait atteint une étape cruciale de son histoire à la suite de la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation par le gouvernement et la Plateforme le 15 mai 2015, à Bamako, et par la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) le 20 juin 2015. Ils ont félicité les parties maliennes, et en particulier le président Ibrahim Boubacar Keita, pour leur engagement renouvelé en vue de parvenir à une paix durable. Les participants ont remercié la médiation internationale, notamment l’Algérie, pour son soutien aux pourparlers de paix d’Alger. Ils ont souligné le fait que la signature de l’Accord constituait une première étape vers la restauration de la stabilité et de la sécurité, l’amélioration des conditions de vie des populations et la réconciliation aux niveaux local et national. Ils ont exprimé leur profonde préoccupation face aux multiples obstacles entravant les progrès dans l’application de l’Accord, en dépit du large soutien dont il fait l’objet au sein de la population.

CESSER IMMEDIATEMENT LES HOSTILITES. Dans ce contexte, les participants ont condamné les récentes violations de l’Accord et des arrangements de cessez-le-feu par les mouvements politico-militaires signataires et les ont exhortés à mettre pleinement et sincèrement en œuvre l’Accord. Ils ont également condamné fortement les attaques continues, en particulier de la part de groupes terroristes, contre le personnel humanitaire, les forces de défense et de sécurité maliennes, la MINUSMA et les forces françaises. Ils ont exprimé leur profonde préoccupation quant à l’extension des activités terroristes vers les régions du centre et du sud du Mali.
Les participants ont exhorté les mouvements politico-militaires de la Plateforme et de la Coordination à adhérer immédiatement au cessez-le-feu et à exécuter pleinement leurs engagements dans le cadre de l’Accord. Ils ont exhorté la Plateforme et la Coordination à cesser immédiatement les hostilités, à se retirer sur les positions qu’elles occupaient lors de la signature de l’Accord et à coopérer pleinement avec la MINUSMA. Ils ont pris note, dans ce contexte, de la volonté du Conseil de sécurité, dans sa résolution 2227 (2015), de considérer des sanctions ciblées à l’encontre de ceux qui feraient obstruction ou menaceraient la mise en œuvre de l’Accord et violeraient le cessez-le-feu.
Les participants ont loué les efforts du président Ibrahim Boubacar Keïta et de son gouvernement pour mettre en œuvre l’Accord et les ont exhortés à maintenir cette dynamique afin de parvenir, avec l’ensemble des parties signataires, à la mise en œuvre intégrale des dispositions de l’Accord. Ils ont demandé à toutes les parties au Mali de coopérer pleinement avec la MINUSMA, afin qu’elle puisse s’acquitter de son mandat et pour soutenir, suivre et superviser la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu et des mesures de confiance par les signataires de l’Accord. Les participants ont rappelé que le Conseil de sécurité des Nations unies, conformément à sa résolution 2227 (2015), a autorisé la MINUSMA à prendre toutes les mesures nécessaires pour s’acquitter de son mandat, dans la limite de ses capacités et de ses zones de déploiement, y compris, en soutien aux autorités maliennes, afin de stabiliser les centres densément peuplés et autres zones ou les civils sont en danger, notamment dans le nord du Mali, en vue de dissuader les menaces et prendre des mesures actives pour prévenir le retour d’éléments armés dans ces zones. Ils ont aussi rappelé la demande du Conseil de sécurité adressée au secrétaire général visant à permettre à la MINUSMA d’atteindre sa pleine capacité opérationnelle sans plus tarder. Ils ont aussi rappelé la demande du Conseil à la MINUSMA d’améliorer davantage son interaction avec les populations civiles, ainsi que sa communication avec les forces de défense et de sécurité maliennes, afin de faire mieux connaître et comprendre son mandat et ses activités.

SOUTIEN A LA MINUSMA. Ils ont aussi appelé les Etats membres et le secrétariat des Nations unies à continuer de fournir à la MINUSMA le soutien nécessaire à l’exécution efficace de son mandat. Ils ont souligné le besoin urgent de mettre en œuvre les dispositions relatives à la défense et la sécurité, y compris le cantonnement, le désarmement, la démobilisation et la réintégration des groupes armés ; le redéploiement progressif sur tout le territoire national des institutions maliennes de défense et de sécurité reconstituées, et la réforme générale du secteur de la sécurité ; le lancement immédiat de patrouilles conjointes pour renforcer la confiance entre les parties ; et la mise en place intégrale des mécanismes de suivi.
Les participants ont souligné le rôle essentiel que le représentant spécial du secrétaire général pour le Mali et la MINUSMA devrait continuer de jouer pour soutenir et superviser l’application de l’Accord par le gouvernement, la Plateforme et la Coordination, notamment en assumant un rôle de premier plan dans la coordination de la mise en œuvre de l’Accord, en supervisant le Comité de suivi de l’Accord (CSA), ainsi qu’en assistant les parties maliennes à définir les priorités dans la mise en œuvre.
Les participants ont noté l’importance que revêt une large participation au processus de paix et à ses mécanismes de suivi, en particulier de la part des organisations de la société civile, y compris les groupes de femmes et de jeunes ainsi que des chefs traditionnels. Ils ont souhaité que l’ensemble des acteurs concernés puissent participer au processus de paix afin de renforcer son appropriation par la population. Ils ont souligné en particulier le besoin d’assurer une meilleure participation des femmes dans les mécanismes de suivi prévus par l’Accord. Ils ont aussi appelé le gouvernement, avec le soutien des partenaires internationaux, à contribuer rapidement à l’instauration d’un climat propice à la réconciliation aux niveaux national et local, y compris par la mise en œuvre de réformes prévues par l’Accord notamment dans les domaines de la décentralisation, de la justice, de l’éducation et de la sécurité.
Ils ont invité également les acteurs à s’efforcer rapidement de générer des dividendes de la paix aux populations, en particulier dans les régions du nord. Ils ont en outre appelé les autorités à poursuivre leurs efforts pour lutter contre l’impunité.
A la lumière des problèmes de sécurité persistants auxquels la région du Sahel fait face, les participants ont noté la nécessité pour les pays de la région, notamment via le Groupe des 5 pour le Sahel et le processus de Nouakchott sur le renforcement de la coopération en matière de sécurité, de renforcer leur coopération pour combattre les menaces récurrentes dans le Sahel, y compris le terrorisme ainsi que la criminalité transnationale organisée.
Synthèse
de B. TOURE

source : Essor

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