Mali : un colonel réputé proche de la junte parmi de présumés putschistes

Un colonel réputé proche de la junte au pouvoir au Mali a été arrêté la semaine passée en lien avec ce que les autorités ont présenté comme une tentative déjouée de coup d’État, ont indiqué mardi 17 mai un responsable militaire et un proche.

 

«Le colonel Keïta est parmi les putschistes arrêtés», a dit un responsable du ministère de la Défense sous le couvert de l’anonymat en raison de la sensibilité de cette affaire. Le colonel Amadou Keïta, bien que présumé avoir fait partie des putschistes de la première heure en 2020, n’est pas un visage connu parmi les officiers qui ont pris le pouvoir il y a bientôt deux ans.

Il fait partie des quelque 120 membres du Conseil national de la transition (CNT), qui fait office de parlement pendant la période censée précéder un retour des civils à la tête du pays. L’homme fort du Mali, le colonel Assimi Goïta, a eu la haute main sur la nomination des membres du CNT. Le colonel Keïta est réputé proche du président du CNT, le colonel Malick Diaw, qui passe pour l’un des hommes les plus puissants de la junte.

Une douzaine d’interpellations ?

«Depuis le 12, nous n’avons plus de nouvelles du colonel Amadou Keïta. Deux de ses camarades nous ont dit qu’il a été arrêté», a dit à l’AFP un proche parent, également sous le couvert de l’anonymat. Ce proche ne s’est pas prononcé sur les raisons de sa disparition. Mais selon la junte, le Mali a été le théâtre d’une ténébreuse tentative de coup de force dans la nuit du 11 au 12 mai. Le gouvernement mis en place par les militaires a affirmé lundi soir avoir déjoué cette nuit-là une tentative de putsch mené par des officiers et des sous-officiers et soutenu par un État occidental, non-précisé.

Le communiqué lu à la télévision d’État n’a donné quasiment aucune précision sur ce qui se serait produit, et n’a produit aucun élément attestant la réalité de cette information. Il a fait état d’interpellations sans plus de détail. Un responsable militaire s’exprimant sous le couvert de l’anonymat a parlé d’une douzaine d’interpellations à ce jour.

 

Le Mali, plongé dans des crises sécuritaire et politique profondes depuis le déclenchement d’insurrections indépendantiste et djihadiste en 2012 dans le Nord, a été le théâtre de deux coups d’État menés par le même groupe de colonels en août 2020 et mai 2021. Le pays est désormais dirigé par une junte qui s’est détournée de la France et de ses partenaires, et s’est tournée vers la Russie pour tenter d’endiguer la propagation djihadiste qui a gagné le centre et le Burkina Faso et le Niger voisins.

Source : Le Figaro
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