Mali : IBK peut-il rebondir ?

Retranché dans sa bulle monarchique alors que le Mali est toujours plongé dans l’impasse, le président de la république n’inspire plus confiance. Le succès de la mobilisation de l’opposition le week-end dernier traduit tout le désaveu d’une partie de ses électeurs. Le président le mieux élu du Mali peut-il rebondir ?

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Jamais les erreurs et dérives de gouvernance n’ont été si nombreuses à mi-mandat. La déception des maliens ne fait que s’amplifier au rythme des scandales de corruption, de malversation et de népotisme. Une mauvaise gouvernance flagrante dont l’exploitation à des fins politiques est devenue un exercice prisé chez l’opposition.

Venu aux affaires dans un contexte délicat pour la nation, le président de la république peine toujours à inverser une tendance qui s’achemine plutôt vers l’enlisement. L’honneur pour le Mali et le bonheur pour les maliens, ses promesses de campagne, ne sont aujourd’hui que de vains mots, des slogans creux qui ne servent désormais qu’à nourrir l’inspiration des détracteurs du régime.

Ainsi malgré l’arrivée du « sauveur », l’école malienne va toujours aussi mal, le taux de chômage prend de l’ascenseur, l’insécurité est grandissante, les conflits intercommunautaires se multiplient à travers le pays, l’Etat est toujours absente d’une grande partie de son territoire tenue principalement par des groupes armés avec qui le gouvernement a signé un accord de paix sans effet. Pour ne rien arranger à la situation, 2 millions et demi de maliens ont besoin d’assistance humanitaire pendant que près de 200 mille sont contraints de quitter leurs terres.

Face à un tableau aussi alarmant, les maliens ont perdu toute confiance en l’homme qu’ils ont cru être celui de la situation. En guise de réponses aux attentes, le peuple n’a toujours eu droit qu’aux incantations et à l’excuse d’un état catastrophique du pays hérité du précédent régime.

L’opposition tire profit de cette conjoncture dramatique et gagne du terrain. L’enjeu étant le positionnement sur l’échiquier en vue des futures échéances électorales. Cet échec sur lequel l’opposition mise enterrerait le Mali dans le tréfonds des abîmes et serait fatal pour l’avenir politique d’IBK et de ses camarades du RPM. Peuvent-ils rebondir ?

La « marche pour le Mali » de l’opposition le samedi dernier a été une véritable démonstration de force. Le pari de la mobilisation n’était, en effet, pas gagné d’avance avec la méfiance toujours persistante de la population à l’égard d’une opposition perçue comme non innocente dans la descente aux enfers du pays. Malgré tout, les frustrations actuelles ont poussé les maliens à sortir par milliers pour manifester leurs colères. Une mise en garde contre les dérives de gouvernance adressée au président de la république qui n’a plus d’autres choix que de réagir avant qu’il ne soit trop tard.

Deux handicaps majeurs obstruent le succès au président IBK. Il s’agit, d’une part, de son manque patent de vision et de l’incompétence de ses collaborateurs, d’autre part. Les remaniements récurrents de l’appareil gouvernemental illustrent combien il manque de cadres valables parmi ses soutiens. Il en existe évidemment quelques-uns capables de redresser la pente. Mais à condition que carte blanche leur soit donnée pour administrer.

Le péché réside surtout dans le fait que les querelles intestines au sein du parti présidentiel et l’immixtion de la famille du président rendent difficiles toute initiative innovante.

Des décisions courageuses s’imposent pourtant au président s’il veut limiter la casse. L’influence de son cercle familiale dans les affaires étatiques doit cesser afin de lui permettre de tenir véritablement les rennes de son pouvoir. Une telle décision lui permettra de faire des choix plus éclairés et d’opérer des changements mieux inspirés en vue de la réalisation du bonheur des maliens.

 

La rédaction 

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