MAHMOUD DICKO HOMME DE L’ANNÉE : TRISTE IRONIE DE L’HISTOIRE

Le Centre International de Conférence de Bamako (CICB) a abrité la cérémonie magnifiant le mythique Imam, samedi 7 novembre 2020. Une activité qui se tient dans un Mali  où le contexte n’a nullement changé alors que le parrain de la Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants (CMAS) reste au début et à la fin du déclin du pays, depuis la fin du régime Amadou Toumani Touré (ATT).

C’est un ancien palais des congrès qui a refusé du monde suite à l’appel de la « Plateforme Forum Libre ». Un groupement venu de nulle part qui réussit son entrée fracassante dans l’arène médiatique, voire politique. La preuve : Aliou Boubacar Diallo de l’Alliance Démocratique pour la Paix (ADP-Maliba)   faisait office de parrain. Ce dernier n’a pas manqué de prendre la parole pour féliciter  l’Imam Mahmoud Dicko.

Force est d’admettre que ce « show » reste en soi une mascarade socio-médiatique: ça s’appelle simplement du « BUZZ ».

S’il est vrai que l’Imam Dicko a été le plus en vue médiatiquement, il est clair que son prix n’est pas décerné sur de bonnes bases. Ses sorties populaires qui au départ partaient pour dénoncer la gouvernance ont conduit au rejet des institutions. Sa capacité de mobilisation a permis de capitaliser les frustrés d’alors autour de lui.

L’Imam Mahmoud Dicko a provoqué une onde de choc qui a fédéré assez de formations et leaders donnant naissance au Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP). La suite on la connait: le régime Ibrahim Boubacar Kéita tombera et près de deux (02) mois après ce tournant, le mouvement en question a été sévèrement mis sur le banc par l’Imam qui n’est pas qu’à la Mosquée, car en sort quand il le faut, surtout quand il le veut!

Trois (03) mois suite au dernier coup d’État, on peut constater que le quotidien du Malien n’a pas changé en plus la même insécurité   continue!

Au sommet de l’État, c’est le même copinage et la gouvernance à vue avec un Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP) qui pilote tout! Au Centre dans la région de Mopti et environs, les exactions continuent et nous n’avons pas un jour qui   passe sans un mort!

La région de Ségou reste l’actuelle tribune de confrontations entre l’exécutif et les terroristes. Des questions perdurent sur Farabougou qui ne semble pas avoir été pacifié donnant raison à ceux qui parlaient d’un «coup de com» des membres de la junte de Kati partis sur les lieux. Le Président de la Transition menace ;  Bah N’Daw  s’agite, tout comme l’ancien mais sur le terrain rien ne bouge.

Avec les autorités du moment, une nouvelle majorité est aux affaires: militaires, civils, et même la Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko (CMAS) qui s’y plait très bien! Pourtant, c’est bien Mahmoud Dicko qui avait conduit Ibrahim Boubacar Kéita à Koulouba, en 2013. Il ne s’en cache pas et l’assume ouvertement alors que c’est aussi lui qui a désigné Dr Boubou Cissé à la Primature. Un Premier ministre qu’il qualifiait affectueusement de «fils»,   déçu de la gestion de ce dernier alors qu’une partie de l’opinion indique que Moctar Ouane serait un choix de l’Imam Mahmoud Dicko.

Ne parlons même pas des ministres qui ont eu besoin de son soutien pour rallier le Gouvernement. La plupart des gouvernements sous l’ère Ibrahim Boubacar Kéita ont eu ses «pions» dans ce sens. Le cas le plus flagrant est celui de Mohamed Salia Touré comme ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, dernier en date à l’heure de la Transition.

Comme pour dire (…)

Par BAMOÏSA

NOUVEL HORIZON

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