Mahmoud Dicko charge le Mouvement démocratique, extrait de son discours du 7 septembre 2019 au Palais de la culture lors du lancement de la CMAS

Le Palais de la culture Amadou Hampathé BA a servi de cadre, ce samedi 7 septembre 2019, au lancement officiel des activités de la Coordination des Mouvements, Association et Sympathisant (CMAS) de l’Imam Mahmoud DICKO, dans le cadre d’un grand meeting placé sous la présidence du ministre chargé des Réformes institutionnelles et des relations avec la société civile, Amadou THIAM.

 

L’occasion était donc bonne pour l’ancien président du Haut conseil islamique de lancer quelques piques à l’endroit de ses détracteurs, notamment les acteurs du Mouvement démocratique qu’il a accusé d’avoir confisqué la révolution de mars 1991 pour une gouvernance catastrophique basée sur la corruption à ciel ouvert, qui est devenu un cancer qui ronge notre peuple. Nous vous proposons un extrait de son intervention.

Quand les jeunes ont pris cette initiative, ils sont venus me voir, je leur ai dit que je les suivais. Et tout de suite, je me suis rendu à Nioro pour prendre l’avis du Chérif Bouyé qui m’a donné son soutien.
Après le 5 avril, il y a eu beaucoup d’interprétations : oui, le masque est tombé, on a compris, il veut être président, il veut être faiseur de roi, etc.
On parle de faiseur de roi, on a fait de quelqu’un président de la République, ça n’a pas marché, vous pensez qu’on sera encore faiseur de roi. Je ne suis ni pas faiseur de roi, ni de président, mais je veux être faiseur de la paix.
J’ai toujours dit ça, et je le répète ici. Je préfère qu’on me dise : je ne te fais pas confiance que de dire je te faisais confiance, mais tu as trahi ma confiance. Je préfère mourir que de vous trahir après ce que vous avez fait le 5 avril dernier. Pour un noble, cette mobilisation constitue une dette morale.
Après cette mobilisation, je ne peux plus rester de marbre devant la situation du pays, me retirer alors que le pays ne connaît pas la paix ; me taire parce que dès que j’appelle, on te donne satisfaction.
On a dit que je suis l’ennemi de la France. Vous pensez que je suis un ignorant, un ignorant qui ignore les relations historiques stratégies entre la France et le Mali.
Moi, mon problème, ce n’est ni la France ni les États-Unis, ni les Nations unies ; mais mon problème, c’est d’abord ici. Mon problème, c’est ceux qui ont trahi le peuple malien, mon combat, c’est d’abord eux.
Ce peuple malien qui a mené une lutte farouche pour avoir une révolution en 91. Cette révolution a été confisquée. Tous les problèmes que le Mali vit aujourd’hui sont les conséquences de cette confiscation.
À la date d’aujourd’hui, ceux qui sont nés après mars 91 ont 30 ans et ils n’ont pas de repère. Parce que la révolution a été confisquée. Une autre orientation a été donnée. C’est cette orientation qui a été donnée qui a mis le pays dans cet état.
Le Malien, qui n’a pas versé une goutte de sang pour avoir l’indépendance et la souveraineté internationale, a versé beaucoup de sang, ont perdu beaucoup de vies, il y a eu beaucoup d’atrocités pour qu’il y ait cette révolution du 26 mars.
Mais, c’est parce que cette révolution a été confisquée, les objectifs ont été changés, on lui a donné un autre contenu. Ç’a donné aux Maliens le résultat que nous avions aujourd’hui.
C’est difficile, demain, je sais que je serais à la ‘‘UNE’’, ils peuvent le faire, il peut continuer à le faire.
On nous a traité de tous les maux, je ne les répète pas, je ne reviens pas sur les maux, on ne répond pas à ça. C’est chercher à nous distraire. Parce qu’il y en a qui ont la spécialité de pêcher en eau trouble. Ça, ils savent le faire. Mais, ils ne peuvent pas nous tromper, nous.
Je suis un témoin de cette révolution du 26 mars. J’étais membre de la commission de conciliation entre l’UNTM et Moussa TRAORE. C’est pour vous dire que tout s’est passé devant moi.
On nous a promis qu’avec la démocratie, il y aura la prospérité économique, la stabilité du pays, la justice sociale, et la justice équitable.
C’est avec toutes ses promesses que le peuple a pris le risque d’affronter ; mains nues, les chars du régime. Les gens ont été massacrés pour que cette démocratie soit instaurée. Ils sont dans leur tombe à Niaréla, au carré des martyrs. Que la terre leur soit légère !
Après ces événements, des gens ont détourné l’objectif de cette révolution pour en faire ceux qu’ils veulent. Le peuple ne peut pas rester éternel dans ça. Ils ont détourné la révolution du peuple.
Certes, il y avait des hommes et de femmes parmi eux dont certains qui se sont battus dignement pour qu’il y ait la démocratie. Mais il y a aussi, beaucoup de vendeurs d’illusions. Ils sont nombreux, ils sont nombreux. En réalité, ils ont confisqué la chose, comme ils savent le faire.
Qu’est-ce qu’ils nous ont servi à la place d’une démocratie, d’un État de droit ?
On a eu droit à la corruption à ciel ouvert, une corruption endémique qui est devenue un cancer qui est en train de ronger notre peuple. Il n’y a aucun secteur dans ce pays qui ne soit malade des causes de cette corruption. Et le pays est devenu un grand malade.
C’est pour cela, quand les Nations unies, l’Union européenne, tout le monde, quand on les rencontre : « alors imam, quelle est votre vision de la chose, quelle est votre lecture de la situation » ? Je dis que notre problème n’est pas ce que nous sommes en train dire, notre problème, c’est un problème de gouvernance.
Certes, difficile à dire, mais c’est ça, c’est un problème de gouvernance. Je l’ai dit, je le répète, je l’assume. On était dans une situation de mauvaise gouvernance, progressivement, on est dans une situation de non-gouvernance. Alors, qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse ? On ne cherche pas à résoudre les problèmes, on fuit les problèmes. On prend des alibis pour justifier les postures : le djihadisme, le Mali est une digue, si cette digue cède, le monde entier va sentir…
Écouter, ce qui va faire céder la digue, c’est d’abord cette gouvernance catastrophique…

INFO-MATIN

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