Libération de SoumaÏla Cissé: Le suspens reste maintenu !

Est-il enfin libre après près de 200 jours de captivité dans le grand
nord du Mali ou ne l’est-il pas encore ? C’est encore le suspens
pour ce qui le concerne. Il s’agit de SoumaÏla Cissé, président de
l’URD (Union pour la République et la Démocratie), non moins chef
de file de l’opposition malienne. En sonrhaï on dira tout simplement
«SoumaÏla Cissé fournda» ! Sa libération, murmure-t-on dans les
coulisses, serait liée à l’élargissement de plusieurs dizaines de
djihadistes par les autorités maliennes. Des djihadistes qui avaient
été arrêtés lors de plusieurs opérations militaires.

L’attente de la libération de l’honorable Soumaïla Cissé était devenue
intenable, tant les assurances et les promesses de son élargissement
s’étaient multipliées mais aucune n’avait été jusqu’ici suivie d’effet. Les
«bientôt» se succédaient et suscitaient des inquiétudes légitimes.
Enlevé, depuis le mercredi 25 mars dernier, la seule bonne nouvelle
rassurante avant ce jour avait été la lettre qu’il a pu faire parvenir à sa
famille par le truchement du CICR.

En effet, le CICR, qui offre des services de rétablissement des liens
familiaux entre proches séparés à cause du conflit au Mali, dans le cadre
de sa mission exclusivement humanitaire de protéger et d’assister les
personnes victimes du conflit armé et d’autres situations de violences,
avait dans un communiqué rendu public le 21 août dernier, en sa qualité
d’intermédiaire neutre et indépendant, affirmé avoir remis à un membre
de la famille de Monsieur Soumaila Cissé des lettres de la part de ce
dernier.
Mohamed Cissé, chargé de communication de l’organisation, avait
cependant tenu à clarifier : « Le CICR est une organisation humanitaire
dont le mandat est de protéger et assister les victimes de conflits armés
et d’autres situations de violence. Une de nos missions est de

promouvoir le droit international humanitaire. Notre organisation travaille
sur la base de la confiance qui est établie entre elle et toutes les parties
en conflit, à travers des dialogues bilatéraux confidentiels. Ces
dialogues portent essentiellement sur le respect du droit international
humanitaire et sur le comportement des porteurs d’armes vis-à-vis des
personnes civiles.
Nous parlons à toutes les parties concernées que nous pouvons
atteindre grâce à notre mode opératoire neutre, impartial et indépendant.
Nous pouvons ainsi apporter aux personnes affectées par le conflit une
assistance strictement humanitaire, comme le rétablissement des liens
familiaux. Nous n’avons pas eu de contact direct avec M. Soumaïla
Cissé. Il a donc fallu vérifier le plus possible l’authenticité de ces lettres
avant de les remettre aux membres de sa famille. Ces lettres ne
contenaient que des nouvelles familiales. Vous imaginez que, pour la
famille de M. Cissé, recevoir ces lettres après des mois sans contact,
c’est d’un réconfort inestimable… ».
« Réconfort inestimable » pour la famille et les compagnons politiques
de Soumaila Cissé, venu quelques jours seulement après que son fils
aîné, Bocar Cissé, a donnée une interview exclusive à Africable
télévision ! Interview dans laquelle il avait interpellé le président IBK
(déchu le 18 août dernier) à redoubler d’efforts afin d’obtenir la libération
rapide de son père.
« Cette situation est extrêmement difficile, surtout pour notre mère qui
n’a pas eu la chance de bénéficier de notre présence qu’à la veille de la
Tabaski, avec la fermeture des frontières et la situation de la crise
sanitaire due à la COVID. Vous savez ? Notre maman me rend encore
plus triste lorsque je la vois sans son complice, sans son époux. Nous
nous sentons le devoir de nous révéler, quelles qu’en soient les
conséquences. Depuis cet enlèvement, maman parle très peu ; nous la
voyons les yeux hagards attendant une bonne nouvelle de la part du
président de la République (ndlr : le président déchu IBK) lui annonçant
la libération prochaine de son mari.
Le président de la République qui avait assuré tout le peuple malien de
la libération incessante de son frère Soumaila Cissé. M. le président de
la République, l’espérance de fêter avec notre père nous est encore
restée en travers de la gorge… J’ai un message pour la communauté
internationale, mais d’ores et déjà, au président de la République (IBK),
garant du Mali, qui sait où se trouve notre père, qui connait les
ravisseurs, je demande de redoubler d’efforts afin d’obtenir sa libération
définitive. À la communauté internationale, je lance un appel d’aide en
termes de médiation, d’informations, de moyens. Je n’ai qu’un seul
message, c’est la libération effective de notre père Soumaila Cissé »,
avait-il déclaré.

Des mots d’amour et de compassion d’un fils à l’endroit de son père qui
pouvaient prendre tout leur sens, si Soumaila Cissé venait à retourner
parmi les siens aujourd’hui !
Moussa DIARRA

Source : L’express de Bamako

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