Les Fare dans la tourmente : Autres temps, autres convictions

Comme pour dire que la politique a aussi ses opportunistes. Cela, Modibo Sidibé doit l’avoir à présent appris.

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C’est désormais un secret de polichinelle : les Forces alternatives pour le renouveau et l’émergence traversent le moment le plus agité de son existence. Ce, par le fait des divergences qui opposent depuis un certain temps des responsables de ce parti, créé à la veille de la présidentielle avortée de 2012, pour soutenir l’ancien Premier ministre, Modibo Sidibé. La brouille entre les gros bonnets des Fare Anka Wuli est d’ailleurs revenue au devant de l’actualité politique nationale suite une récente tribune que Modibo Sidibé a publiée dans la presse.

 

 

 

Dans «Le temps de la clarification…» (titre donné à la note en question), dont votre bihebdomadaire s’est fait écho, l’ancien Premier ministre, candidat à l’élection présidentielle de 2013, fait un tour d’horizon de la vision, des valeurs et principes de «son» parti. Avant de réaffirmer la nécessité pour les «Bleus» de rejoindre l’opposition qu’il croit être leur place naturelle. «Nous l’avons préempté durant toute la campagne en indiquant clairement ce que sera notre position si le Tout-Puissant confiait le pays à quelqu’un d’autre : une opposition modérée et respectée», indique ladite tribune. Comme on pouvait s’y attendre, la réaction du président des Fare, en l’occurrence Alou Keïta, ne s’est pas fait attendre. Dans un entretien qu’il a accordé à notre confrère «22-Septembre», dans sa parution du lundi 10 mars dernier, ce transfuge du parti Yèlèma a en effet désavoué leur «parrain» à qui il a nié la qualité de membre du parti, estimant que la question de rallier l’opposition ou la majorité présidentielle n’était plus d’actualité, pour avoir été, dit-il, tranchée depuis bien avant les législatives et lors de la rentrée parlementaire du parti. A en croire M. Keïta, l’option choisie lors de cette rencontre a été de rejoindre la mouvance présidentielle. «Notre position est très claire, nous sommes dans la majorité présidentielle», s’était-il démarqué, avant de se désolidariser du congrès ordinaire que le «parti» s’apprête à organiser les 15 et 16 mars prochain.

Mais, les observateurs politiques conviennent que ce regain de  froid aux Fare ne surprend guère, en ce sens que depuis le second tour de la présidentielle de juillet-août dernier, le fossé n’a cessé de prendre de l’importance entre les responsables «Bleus». Mais, si, en décidant de rejoindre l’opposition, Modibo Sidibé croyait ainsi honorer un engagement politique auquel il avait souscrit dans le cadre de l’Alliance pour la démocratie et la République du FDR, il avait pourtant oublié que certains de ses collaborateurs, en bons «mathématiciens» politiques, avaient vite saisi la direction du vent et n’étaient pas du tout prêts à aller au charbon de l’opposition.

 

 

 

Opportunisme politique, quand tu nous tiens !

C’est ainsi que, faisant fi de la volonté exprimée par les Fare officielles de soutenir le candidat Soumaïla Cissé de l’URD, Zoumana Mory Coulibaly, premier vice-président d’alors des Fare, avait appelé la section de Ségou dont il était l’un des principaux animateurs à rallier les rangs d’un certain Ibrahim Boubacar Keïta, arrivé en tête au premier tour du scrutin. C’est de là que les hostilités y prennent leur source, du moins de manière ouverte. Dans cette confusion, intervinrent les législatives desquelles l’ancien Premier ministre d’Amadou Toumani Touré et les siens se tireront avec 6 députés, soit la quatrième force politique à l’Assemblée nationale. Mais, Modibo n’as toujours pas compris que contre sa volonté à lui de vouloir «cultiver» une morale politique en restant fidèle à ses engagement avec le FDR, se frottait la réalité du terrain et que la politique avait ses opportunistes. Autrement dit, son désir d’aller à une opposition parlementaire heurtait les intérêts personnels de plusieurs de ses proches dont les convictions avaient changé en fonction de la recomposition du paysage politique du pays.

 

 

 

De fait, le parti va essuyer un premier gros départ avec la démission de Farouk Camara, un fondateur du parti, qui avait toujours estimé que la place du parti était bien dans la mouvance présidentielle. Un mois plus tard, c’est un proche des proches de M. Sidibé, en l’occurrence Zoumana Mory Coulibaly, qui décide de tourner la page des Fare, arguant de manière honteuse s’être trompé sur le compter de son ancien mentor. Pour ainsi mieux dissimuler son opportunisme ou son manque de courage politique. Heureusement que le ridicule n’est pas mortel en politique. Sinon, certains responsables politiques  à l’instar de Zoumana Mory ne seraient certainement plus de ce monde ici bas.

 

 

 

Le congrès de tous les dangers ?

Samedi et dimanche prochains, tel que Traoré Oumou Traoré, deuxième vice-présidente du parti, l’a annoncé à la faveur d’une conférence de presse lundi dernier, le 1ercongrès ordinaire des Fare devrait se tenir. Mais, au regard du contexte dans lequel ce rendez-vous politique intervient, il y a lieu de s’interroger si le pire n’est à venir pour le parti. En effet, en plus du président du parti, des députés Fare se désolidarisent dudit congrès. En témoigne le dédain avec lequel certains de ces élus ont exprimé leur surprise face la conférence de presse qui s’est tenue à ce sujet. Autant dire que cet exercice s’annonce d’autant périlleux pour les «Bleus» que le risque d’implosion se trouve désormais bien élevé. La principale question qui du reste taraude les esprits des observateurs politiques est de savoir quel est le sort qui sera réservé aux dissidents ? En tout, l’avenir du parti, est plus que jamais incertain.

 

 

 

Bakary SOGODOGO

 

SOURCE: Le Prétoire

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