L’équipe transitoire et son machin CNT : La transition dans un cul-de-sac !

Depuis la mise en place des autorités de la transition, l’organe sans lequel aucune décision importance ne saurait être prise, à savoir le Conseil National de la Transition (CNT), qui n’arrivait jusque-là pas à être mis en place, sera très bientôt fonctionnel. Le grand retard constaté dans sa mise en place était dû à des ambitions démesurées des uns et des autres, aspirant à faire du CNT un instrument d’assouvissement de leurs intérêts personnels. Un décret de Bah N’Daw vient d’en fixer la clé de répartition.

 

Le premier constat qui se dégage, c’est que la politique d’accaparement de tout nourri par les militaires depuis le coup d’Etat continue, car ceux-ci, avec la complicité de Bah N’Daw, s’en tire encore une fois avec la part du lion, s’arrogeant 22 sièges sur les 121 prévus, contre seulement 8 sièges pour les vrais acteurs de la chute du président IBK, à savoir le M5-RFP ! Le manque de vision et les ambitions démesurées de Assimi Goita et ses compagnons vont certainement faire capoter la transition en cours, Bah N’Daw et Moctar Ouane n’étant en fait que de simples figurants.

Avec le décret de Bah N’Daw pour ce qui concerne la composition du CNT, il n’est plus possible de dégager un large consensus, pourtant indispensable, pour mener les réformes idoines dont le Mali a besoin en cette période particulière de son histoire. En effet, difficilement le M5-RFP se contentera des 8 sièges à lui revenir, son intention pour ce qui concerne le CNT étant connue de tous. En effet, le mouvement a fait savoir son intention qui porte sur la présidence du CNT et le quart de ses membres. Or, avec le décret publié, cela n’est point à l’ordre du jour. Quid donc des autres mouvements et partis politiques, eux qui devront se contenter de se partager 11 des 121 postes du CNT ?

Pire encore, Bah N’Daw donne l’impression d’être à la fois juge et partie, lorsque dans un second décret, il ne donne plus le choix aux forces vives de la nation de désigner leurs représentants, il leur lance plutôt un appel à candidature, et ce serait au Vice-président de la transition, le colonel Assimi Goita, de faire le choix final, lui-même en tant que président se contentera juste d’y formaliser par un autre décret ! Pire, le délai imparti aux les forces vives à faire parvenir leurs candidatures au colonel Assimi Goita, semble avoir été imaginé avec un calcul bien soigné, soit 48 heures suivant la publication des décrets, une manière de jouer avec l’égo des acteurs politiques !

En définitive, il y aura certes des preneurs pour ces postes, mais il reste évident qu’aucune organisation sérieuse, politique ou associative, ne se courberait ou courbé l’échine devant les militaires de Kati, venus sur la scène politique pour le confort du palais, loin de leur vocation première, à l’heure où le pays entier brûle sous le coup de boutoir des terroristes ! Et on ne semble pas si bien le dire, car les acteurs politiques n’ont pas attendu trop longtemps pour réagir à cet acte de forfaiture de l’équipe de transition.

Et voilà ce qu’en pense Housseini Amion Guindo, ancien ministre, président du parti CODEM, qui trouve même que les décrets de Bah N’Daw « infantilisent et méprisent la classe politique, et même toute la société malienne ». « Pour nous, ce n’est pas plus ou moins qu’un mépris vis-à-vis de la classe politique et même des autres. Imagine, dans la clé de répartition, on attribue 11 sièges aux partis politiques alors qu’il y a plus de 200 partis politiques au Mali. Et on dit que sous 48 heures, il faut que les partis politiques envoient 22 noms. Cela veut dire que tous les partis politiques doivent s’asseoir et s’accorder sur 11 ou 22 noms. Après tout cela, ce sont eux qui vont choisir 11  parmi les 22 noms. Mais qu’est-ce que cela veut dire ?

Le CNT est un organe représentatif et non technique. Son objet est la représentativité pour que les décisions qui y seront prises soient partagées par l’ensemble des couches sociopolitiques du pays. C’est nous qui choisissons nos représentants, mais ce n’est pas à quelqu’un de choisir d’autres qui vont nous représenter. Je pense que c’est un mépris. Le dernier choix revient à eux comme si c’était une nomination. Ce décret infantilise et méprise la classe politique et même toute la société malienne. Je me réserve le droit de ne pas reconnaître le CNT et les décisions qui y seront prises. Et je lance un appel à la classe politique au sursaut ».

Aujourd’hui, c’est toute la classe politique, tous groupements de partis politiques qui ont dit niet à cet acte de forfaiture de l’équipe de transition.
Flani SORA

Source : Notre Voie

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