Le président du COPA est «Aigri» : «IBK a trahi Mara… Modibo Keïta n’est pas l’homme de la situation» dixit Makan

Il est le président du «Collectif des Patriotes» et réputé proche du premier sortant, Moussa Mara dont la démission est intervenue en fin de semaine dernière. M. Makan Konaté, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’a pas caché sa très grande déception et son «aigreur» dans cet entretien réalisé quelques heures après la nomination du nouveau PM et avant la mise en place de la nouvelle équipe gouvernementale.

 makan konate copa collectif patriotes sanogoL’orateur a tout d’abord tenu à rendre hommage au désormais ex-PM : «Au nom  du collectif des patriotes, je remercie le premier ministre Moussa  Mara pour tout ce qu’il a fait durant les dix mois d’exercice, pour le président de la République IBK et pour le Mali » et d’ajouter : «IBK ne peut pas avoir un autre premier ministre aussi compétent que Moussa Mara».

Ceci n’est-il pas une insulte à l’endroit du nouvel entrant ? Non, de l’avis de M. Konaté. C’est, parce que, soutient-il, «Mara est un  bosseur et a tout sacrifié pour le Vieux… Il n’avait même plus de vie de famille. Il était au bureau à 06 heures du matin et ne rentrait qu’à 23 heures ». A 72 ans, poursuit notre interlocuteur, «Modibo Keïta ne peut pas soutenir le même rythme… Il ne peut pas  avoir la même rigueur que Mara».

Nul cependant, dit-on, n’est indispensable, convient M. Konaté. Cependant, croit-il dur comme fer, «Mara ne devait pas quitter le gouvernement maintenant. Et pour cause: en seulement deux ans, il y a eu trois premiers ministres. Nous au COPA, nous pensions que le changement allait intervenir après la signature des accords d’Alger. Et voilà celui-là même désigné par le chef de l’Eta pour accompagner le gouvernement, qui est nommé premier ministre. Il va falloir maintenant procéder à son remplacement. Toute chose qui risque d’impacter sur les négociations en cours».

Aux dires du président du COPA, «on a avait peur de Mara, la mouvance présidentielle aussi bien que l’opposition… Tout simplement, parce qu’il est annoncé pour être  le futur président du Mali. Ils ont appris qu’il implante son parti partout où il va à l’intérieur du pays…  En vérité, les populations ont vu et apprécié sa façon de travailler et ont, par conséquent décidé de le suivre. Elles savent aussi qu’il n’est mouillé dans un aucun scandale. D’ailleurs il a été le seul à déclarer ses biens depuis qu’il était maire et lorsqu’il fut ministre de  la ville et Premier ministre».

Alors, interrogeons-nous : s’il s’avérait aussi compétent, intègre et bénéficiant de la confiance de ses concitoyens, pourquoi avoir démissionné ? C’est, s’insurge M. Konaté, parce qu’il a été contraint à la démission avec la bénédiction d’IBK lui-même. «Aujourd’hui, bon nombre des maliens sont déçus, parce qu’ils pensaient qu’il fallait d’abord aller vers cet accord d’Alger  et procéder ensuite à un changement au niveau du gouvernement.  Il est allé trop vite en besogne. Et  les gens sont déçus. Il a trahi Mara qui lui a tout donné».

Il s’agirait donc d’un limogeage doublé de «trahison» de l’avis du COPA. Bonne nouvelle cependant, poursuit notre interlocuteur. Et pour cause. «C’est une belle occasion pour Mara, car à travers ce changement, IBK vient de le propulser comme futur président de la république du Mali».

Les raisons ? «Lui IBK, a été victime jusqu’à ce qu’il se retrouve président de la République du Mali. Moussa Mara a été aussi victime. Victime de l’opposition et de la majorité. Le  peuple malien n’est pas dupe. Il  considère aujourd’hui Mara comme étant une victime d’IBK. Et Mara a beaucoup de chance de devenir président après le quinquennat d’IBK».

Aux dires de M. Konaté, ce n’est pas seulement M. Moussa  Mara qui a été «trahi», mais tout le peuple malien et surtout, ces personnes ressources conseillers et  confidents à qui IBK a fait la promesse de ne procéder, de sitôt à un quelconque  changement. Selon toute évidence, ces personnages n’ont même pas été consultés, du moins, s’il faut croire les révélations du Président du COPA. C’est dire que le nombre des «aigris» vient de croître sensiblement. La preuve par M. Makan Konaté.

Propos recueillis par B.S. Diarra

source : Zénith Balé

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