L’ancien ministre Baba Berthé : « si la mise en œuvre de l’accord échoue, les partis politiques en seront aussi responsables »

C’est en substance ce qu’a dit le Pr. Baba Berthé, ancien ministre de l’Agriculture pendant la transition. C’était au cours d’une conférence-débats organisée le samedi dernier par Caritas-Mali sur le «rôle et les responsabilités dans la mise en œuvre de l’accord de paix et la réconciliation nationale».

Baba Berthé professeur droit juriste ministreOutre Pr. Baba Berthé, la conférence était animée par Dr. Abdoulaye Sall lui aussi ancien ministre ; Pr. Mamadou Samaké constitutionaliste ; Mohamed Traoré, chercheur.  

Pr. Baba Berthé qui est l’un des artisans de l’accord, a d’abord reconnu  que l’accord n’est  pas parfait, mais constitue un bon cadre qui permet d’aller de l’avant. Pour lui, si cet accord peut déboucher sur la partition du Mali, le statu quo pouvait aussi déboucher sur la partition du pays. Surtout quand on sait que plus des deux tiers du pays échappait au contrôle de l’autorité de l’Etat.

«La réussite ou l’échec de l’accord dépendra de la façon de son interprétation et  de sa mise en œuvre. Nous devons nous donner les mains pour une meilleure mise en œuvre de cet accord afin d’éviter le pire à notre pays», a  expliqué Pr. Berthé. Pour lui, la responsabilité première de la mise en œuvre de l’accord incombe aux parties maliennes.

Le gouvernement, ajoute t-il, a besoin du soutien de la société civile, des partis politiques de la majorité comme de l’opposition, cela conformément aux exigences de la charte des partis politiques ; laquelle charte indique que les partis politiques ont une fonction éducative, de sensibilisation, de formation et  doivent contribuer à la construction de l’Etat de droit. Cette place des partis politiques fera dire à Baba Berthé que « si la mise en œuvre de l’accord échoue, les partis politiques en seront aussi responsables ».

Mohamed Traoré d’ajouter que les partis politiques constituent l’épine dorsale de la démocratie. Et avec ce statut, ils ne doivent pas attendre d’être invités avant de s’impliquer dans la mise en œuvre  de l’accord. «Les partis politiques doivent s’inviter dans la mise en œuvre de l’accord, pour conforter la position du gouvernement, pour faire des propositions et pour veiller sur le Comité de Suivi international de mise en œuvre de l’accord », a-t-il indiqué.

Les vérités de Djiguiba Kéita dit PPR

Cette interpellation des partis politiques par rapport à la mis en œuvre de l’accord n’a pas laissé indifférent Djiguiba Kéita PPR du PARENA, lequel a craché ses vérités aux conférenciers.

«On a toujours chanté au Mali que les partis politiques sont l’ossature de la démocratie, mais on fait tout au-dessus des partis politiques», a-t-il déclaré. Avant d’indiquer que les partis politiques avaient des idées lumineuses pour accompagner le gouvernement dans le  processus des négociations à Alger, mais ils ont été outrepassés pour signer un accord qui ne garantit rien aux Maliens.

Selon PPR, avec la régionalisation qui sera marquée par l’élection au suffrage direct des gouverneurs de région, nous assisterons à des Etats-régions au Mali. Plus grave, ajoute t-il, l’accord signé ne préserve pas l’armée nationale surtout avec la création des polices régionales et au moment où les anciens rebelles exigent l’intégration de leurs effectifs et revendiquent 80% de la hiérarchie militaire.

Ces propos de PPR ont été qualifiés par les conférenciers d’alarmistes ou pessimistes.

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