La lutte contre la corruption est engagée au sein de la justice : Le ministre de la Justice s’explique à propos de l’inculpation de 4 magistrats, d’un greffier et d’un clerc d’huissier pour concussion et faux et usage de faux

Dans l’après-midi du mardi 10 décembre, le Procureur de la Cour suprême, Mahamadou Bouaré, a pris la décision historique d’inculper quatre magistrats. Il s’agit le Procureur de Mopti, Housseïni Salaha, son Substitut, Oubey Doulah Mohamoudou, le juge d’instruction de la même juridiction, Adama Zié Diarra et le juge d’instruction de la commune II, Abdoulaye Kamaté.

 

Mohamed Ali Bathily ministre justice garde sceaux biographie cv

Le premier est inculpé pour concussion et les trois autres pour usage de faux et concussion. Ce n’est pas tout. Un greffier de Mopti, Ibrahima Kanté, et un clerc d’huissier, Sékou Ballo, ont également été inculpés pour usage de faux et concussion. Ils sont tous détenus à la gendarmerie en raison du privilège de juridiction dont ils bénéficient.

 

 

Approché par nos soins, le ministre de la Justice, Mohamed Aly Bathily, nous a expliqué : « il n’y a aucun acharnement dans ce dossier. Nous avons été saisis par des justiciables sur des faits incompatibles avec la bonne marche de la justice, c’est-à-dire incompatibles avec la déontologie. Ce sont des faits graves. Nous avons donc ordonné une inspection. Celle-ci a trouvé des éléments qui confirment la teneur des plaintes. Nous avons dit que le juge est un sujet de droit, sa responsabilité peut être engagée parce qu’il y a des suspicions, donc il faut poursuivre ».  Qu’est-ce que la concussion ? « C’est le fait d’exiger une somme d’argent au justiciable pour lui éviter la prison, en abandonnant le dossier » précise le ministre Bathily en spécifiant que cet acte délictueux  est différent  de la corruption.

 

 

 

« Si le juge demande de l’argent à un justiciable pour ne pas le mettre en prison, quand bien même que celui-ci ne se reproche rien, ce fait là est considéré comme de la concussion, cela entrave le fonctionnement normal de la justice, c’est-à-dire l’application de la loi », a poursuivi le ministre Bathily. Avant de souligner  que : « Nul n’est au-dessus de la loi. Elle est là pour tous les citoyens. Chaque fois que nous sommes saisis de faits graves, nous mènerons des enquêtes, sans hésitation afin de permettre à la justice de renaitre de ses cendres. La justice est là, encore une fois de plus, pour tout le monde ».

Si les magistrats ne sont pas épargnés dans la lutte contre la corruption, qui d’autres le seront ? Les DAF, anciens ministres, banquiers ou opérateurs économiques ? Alors, tous ceux qui ont le pantalon troué doivent faire leurs provisions dans la perspective d’un séjour au lycée populaire de Bamako – Coura. Ils n’ont qu’une seule alternative : prendre, dès à présent, la poudre d’escampette ou aller  voir les marabouts et féticheurs pour faire disparaitre les dossiers.

 

 

Vivement donc que les rapports sulfureux du Bureau du Vérificateur général et de la CASCA puissent être instruits, sans passion, par les juges d’instruction !

 

 

Chahana Takiou         

SOURCE: 22 Septembre
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