KLEPTOMANIE FONCIERE Le Premier ministre doit s’expliquer ou rendre le tablier

Décidément, on aura tout vu au Mali. Si ce n’est pas le président de la République qui est éclaboussé dans des dossiers de corruption comme celui de l’achat de son avion, ce sont  ses ministres dans des surfacturations des marchés publics. Et comme pour boucler la boucle, c’est son Premier ministre, Modibo Keïta que certains pensaient au-dessus de tout soupçon –pas nous qui l’avions cité, il y a 15 ans dans une affaire, justement de spéculation foncière-qui vient à son tour d’être épinglé dans un scandale aux relents pestilentiels.

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Ce n’est pas « L’Indépendant » – le pauvre, qui n’a fait  que relayer l’information- mais bien Moussa Touré, et non Keïta comme l’écrit notre confrère, le président du Collectif des demandeurs de logements sociaux du Mali qui accuse le Premier ministre Modibo Keita d’avoir octroyé ou facilité l’octroi de six logements sociaux à sa femme et ses cinq enfants. Contacté par « Le Sphinx » ce dernier a confirmé les propos qu’il a tenus lundi lors de la conférence de presse que le Collectif a organisé. Moussa Touré est formel : la femme et cinq enfants du PM ont bénéficié de logements sociaux. L’épouse du chef du gouvernement Adam Diakité, plus connue sous le prénom de Filani (jumelle en bambara) a eu le F3A lot N°3136, ses enfants : Néné Kéita le F3A lot N° 3399, Fatoumata Bintou Keita le F3A lot N° 3043. Cette dernière réside au Canada. Aïssata Keita, F3A lot N° 3075, Gaoussou Keïta, F3A lot N° 3395, Djiby  Coulibaly a postulé au nom de Tassiré Keita F5 lot N°3050. Le Premier ministre est donc pris en flagrant délit d’initié et de favoritisme.

Selon nos sources généralement bien informées, Modibo Kéita veut se défausser sur le ministre de l’Urbanisme, Dramane Dembélé, qu’il a accusé d’avoir attribué des logements à ses enfants sans l’informer. Lors de leur tête à tête, il aurait demandé à ce dernier de démissionner hic et nunc. Toujours selon nos sources, Dramane Dembélé aurait demandé au Premier ministre de le laisser en poste jusqu’au 15 janvier pour démissionner. Ce dernier, furieux, aurait dit qu’il s’en fout du 15 janvier, date à laquelle il ne serait plus très certainement Premier ministre.

Il faut reconnaitre que Dramane Dembélé a, lui aussi,  attribué des logements aux sœurs et frères Baldé  qui ne sont autres que les  parents de son épouse. Moussa Touré  que « Le Sphinx » a eu au téléphone a dit que le Collectif va continuer à dénoncer toutes les magouilles malodorantes de ceux qui nous gouvernent aujourd’hui pour mettre fin à ce genre de pratiques qui n’honore pas une nation sérieuse. C’est la raison pour laquelle les membres du collectif envisagent une marche pacifique le 25 décembre pour manifester leur mécontentement et exiger la démission pure et simple du Premier ministre Modibo Kéïta. Lequel plus que jamais doit sortir de son silence assourdissant pour donner des explications à la nation toute entière ou rendre le tablier. Car il ne peut pas dire qu’il n’est au courant de rien. En effet, ce qui est étonnant dans cette affaire, c’est le fait qu’il ne soit informé ni par son épouse ni par un de ses enfants. Là réside tout un mystère !

Pauvre Mali. L’odeur pestilentielle de la magouille, du vol, de la concussion, de la forfaiture sent à mille lieues. Modibo Kéïta après avoir nommé son neveu Directeur Financier et du Matériel, le voilà soupçonné d’avoir donné des logements sociaux à sa femme et ses cinq enfants.  Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle, s’il n’a l’âme et la lyre et les yeux de Néron,

C’est Montesquieu qui le dit : « Lorsque cette vertu cesse, l’ambition entre dans les cœurs qui peuvent la recevoir, et l’avarice entre dans tous. Les désirs changent d’objets : ce qu’on aimait, on ne l’aime plus. On était libre avec les lois, on veut, être libre contre elles. Chaque citoyen est comme un esclave échappé de la maison de son maitre. Ce qui était maxime, on l’appelle rigueur ; ce qui était règle, on l’appelle gêne ; ce qui était attention, on l’appelle crainte. C’est la frugalité qui y est l’avarice, et non pas le désir d’avoir. Autrefois le bien des particuliers faisait le trésor public ; mais, pour lors, le trésor public devient le patrimoine des particuliers. La république est une dépouille ; et sa force n’est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de tous »

Un  autre grand écrivain,  luxembourgeois celui-là qui a dit que les grands hommes se soucient d’éthique, les petits d’étiquette.

A.D.

source : La Rédaction

 

 

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