Karim Keïta, le fils gâté, avions et voitures de luxe

Au delà des accusations de népotisme, plusieurs antécédents avaient déjà sévèrement égratigné l’image du chef de l’Etat malien. En mars 2014 les liens qu’il entretient avec le parrain des parrains corses Michel Tomi qui possède le Casino de Bamako sont révélés par la presse. Une information judiciaire ouverte par le parquet de Paris pour « blanchiment aggravé en bande organisée », « abus de biens sociaux » et « faux en écriture privée » en juillet 2013 est chargée de faire la lumière sur les affaires de Tomi en Afrique. IBK se retrouve lui-même dans le viseur de la justice française lorsque les investigations s’étendent à des faits de « corruption d’agent public étranger ». Des conversations téléphoniques interceptées par justice françaises et reproduites dans la presse révèleront la teneur des services rendus par le parrain corse à son ami malien : achat de costumes de luxe, mise à disposition de jet privé, paiement de séjour en hôtel parisien. L’homme d’affaire conseillera également à IBK de confier sa protection personnelle à la société militaire privée Gallice tenue par un ancien des Forces spéciales. L’affaire met mal à l’aise la diplomatie française qui a soutenu IBK pour son ascension au pouvoir.

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En mai 2014, le FMI avait par ailleurs annoncé la suspension du versement de ses crédits au Mali suite à des accusations de mauvaise gestion des fonds publics. Un contrat de fourniture d’équipement militaire signé par le ministère de la Défense avec la société « Guo-Star » avait notamment servi de base à d’importantes surfacturations. Après avoir épluché les audits menés par les instances de vérification maliennes, le FMI avait par ailleurs découvert l’existence d’autres contrats militaires dont le montant total des dépenses s’élevait à 134 milliards de francs CFA, alors que seuls 34 milliards étaient prévus dans le budget national.

L’acquisition d’un avion présidentiel pour près de 19,5 milliards de francs CFA (30 millions d’euros) alors qu’un autre avion hérité de l’ex président Amadou Toumani Touré (ATT) était toujours à disposition avait également généré une polémique brûlante. Tombée depuis aux oubliettes, l’affaire n’a entrainé aucune sanction contre les personnes citées à l’époque dans le scandale.

Au total, le bureau du vérificateur général, une institution chargée de passer au crible les finances de l’Etat, avait chiffré le détournement des deniers publics de ces deux affaires à plus de 9,35 milliards francs CFA (environ 14 millions d’euros).

Signe d’une opinion malienne profondément exaspérée par ces abus, les réseaux sociaux sont devenus la principale caisse de résonance des commentaires et rumeurs en tout genre liées à la fortune d’IBK. Début janvier, des photos de voitures de luxe parquées dans la résidence d’IBK et de sortie à l’occasion du concert du chanteur Maitre Gims en décembre dernier à Bamako ont notamment fait leur apparition sur Facebook alimentant un peu plus la polémique.

Source : Bamada.net

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