Issa Chaos Djim, leader de l’ACRT : « je souhaite et je soutiens, contre vents et marées, la candidature du colonel Assimi Goïta à la prochaine présidentielle »

Sa brouille avec son mentor, et non moins beau-père, le « Très respecté » imam Mahmoud Dicko ; son soutien à la candidature supposée du colonel Assimi Goïta à la présidentielle de 2022 ; l’objectif principal de l’ACRT, son mouvement politique… Tels sont, entre autres, les sujets abordés dans cette interview qu’Issa Chaos Djim nous a accordée. C’était, dimanche dernier, à son domicile placé, désormais, sous haute surveillance. Interview imaginaire. Ou presque.

 

Honorable Chaos Djim, qu’est-ce qui vous a brouillé avec le « Très respecté » imam Dicko ?

Nous ne nous sommes pas brouillés ; nous avons juste eu des divergences de vue par rapport à la Transition.

Pouvez-vous être plus explicite ?

Quand j’ai compris que les divergences, entre lui et moi, sont profondes, j’ai lancé l’ACRT pour soutenir la junte militaire au pouvoir. Et ce, avant même que je ne sois évincé de la CMAS. Depuis lors, nous ne soufflons plus dans la même trompette. Ensuite, j’avais dit lors d’une interview sur les antennes de radio Renouveau FM, que je ne partage pas les idées qu’il a développées dans son manifeste.
Depuis, il ne veut plus me recevoir, chez lui, dans ma belle famille où, je suis devenu persona non grata, ou presque.

La semaine dernière, on a vu l’entrée en scène de votre épouse, qui en voulait, presque à son père, pour votre éviction de la CMAS…

C’est normal ! Elle défend son mari que je suis contre l’injustice, dont j’ai été victime.

L’intrusion de votre épouse dans cette guéguerre politique, qui vous oppose à l’imam Dicko, ne va-t-il pas creuser davantage le fossé entre vous et votre mentor ?

Peut-être, mais je m’assume.

Donc, après avoir appris auprès de l’imam Dicko, 20 ans durant, vous avez décidé, à travers l’ACRT, de tracer tout seul votre voie ?

C’est bien cela !

Les Maliens ont du mal à comprendre votre soutien pour la candidature supposée du colonel Assimi Goïta à la prochaine présidentielle.

Je sais qu’il y a beaucoup de Maliens qui gardent une dent cariée contre moi, parce que j’ai souhaité, sur les réseaux sociaux, la candidature du vice-président de la Transition à la présidentielle de 2022. Candidature que je soutiens, contre vents et marées. N’en déplaise à mes adversaires politico-religieux.

Est-ce que c’est le colonel Assimi Goïta, lui même, qui vous a dit qu’il envisagerait se présenter comme candidat à la prochaine présidentielle ?

Non !

Alors, pourquoi vous comportez-vous, sur les réseaux sociaux, comme son directeur de campagne autoproclamé ?

Ecoutez-moi bien, Le Mollah ! Si j’ai bien une qualité, connue de tous, c’est que je ne parle jamais en l’air. Je sais, toujours, ce que je dis, où je le dis et comment le dire.

Que voulez-vous dire, clairement ?

C’est pourtant clair, comme l’eau de roche.

Je reformule la question : si le colonel Assimi Goïta ne vous a pas parlé, ouvertement, de sa candidature à la prochaine présidentielle, pourquoi vous comportez-vous comme si c’est lui qui vous en a parlé ?

Permettez-moi de ne pas répondre à cette question-piège.

Savez-vous que la Charte de la Transition interdit au président et au vice-président de la Transition de se présenter comme candidats aux élections présidentielle et législative à venir ?

Je le sais, et alors ?

Et alors, donc vous voulez pousser le vice-président de la Transition à violer la Charte de la Transition ?

Dites-moi, qui a écrit la Charte de la Transition ? Ce ne sont pas des hommes ? Ces mêmes hommes ne peuvent-ils pas la changer, au besoin ?

Je vous rappelle que l’article 9 de la Charte de la Transition stipule que « ni le président, ni le vice-président de la Transition ne peut se présenter aux élections présidentielle et législative à venir ». Mieux, cet article va plus loin, lorsqu’il dit que « cette disposition n’est susceptible d’aucune révision ».

Le Mollah, sachez que nous ne sommes, ni aux USA, ni en France, encore moins au Sénégal où il n’y a jamais eu de coup d’état. Nous sommes au Mali.

Voulez-vous nous faire croire que cette disposition de la Charte de la Transition sera, bientôt, relue ?

Je n’ai rien dit de tel. Ne mangez pas votre piment avec ma bouche.

Pensez-vous que la CEDEAO vous laissera faire, sans lever le petit doigt ?

En tout cas, moi j’ai dit ce que j’ai à dire : contre vents et marées, je souhaite et je soutiens la candidature du vice-président de la Transition à la présidentielle de 2022.

 

Propos recueillis  par Le Mollah Omar

Source : Canard Déchaine

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