INVALIDATION DE LA LISTE ADEMA EN COMMUNE II Vers l’éclatement de la majorité présidentielle et… la chute ?

Ce proverbe du terroir illustre parfaitement la situation politique actuelle au Mali et plus précisément le cas du parti majoritaire : Il dit ceci : «l’adolescent qui, à tout moment, prend plaisir à remplir de poussière les yeux de ses camarades n’aura finalement plus de compagnon de jeu». Eh oui, le RPM se plait et complaît dans ce jeu pour le moins périlleux pour lui, voire, pour la stabilité sociopolitique du pays.

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C’est dans des conditions troubles, nébuleuses et douteuses que les listes de tous les partis opposés à l’alliance RPM/CODEM ont été invalidées par le Tribunal de la Commune II et plus précisément par le juge Fousseyni Traoré. En clair, ce sont les seules requêtes de ces deux partis qui ont été jugées recevables par le Magistrat. Celles des autres ont été rejetées.

Le hic, c’est que la veille de l’annonce du verdict, des témoins ont aperçu certains protagonistes du dossier ensemble, dans de meilleures dispositions. Et quelques instants après ce drôle de rencontre, des militants de la liste RPM/CODEM ont crié victoire avant l’heure. Comme quoi, les dés étaient pipés.

Il s’avère que le juge en charge du dossier n’a pas respecté le principe du contradictoire avant de prononcer son verdict. Il s’est juste contenté d’examiner la requête du plaignant et de statuer ensuite. Cette attitude n’est évidemment pas le vrai visage de la justice malienne. Mais hélas, elle impacte forcement sur toute la corporation.

En réaction, l’Alliance URD-JAMADJIGUI-FARE ANKAWALI et PARENA (Opposition) a organisé une marche de protestation le mardi dernier. Non sans avoir interjeté appel au même titre que l’Adema/PASJ, au niveau de la Cour d’Appel dont le verdict est attendu.

 

Le RPM, une majorité désormais bancale

A l’heure actuelle et à la suite des nombreuses défections (01 de l’URD, 05 de SADI ajoutés aux 04 de l’ADP-MALIBA et aux 4 autres du RPM), le parti dispose désormais de 75 députés sur les 147. Il suffirait juste de 3 députés pour que sa majorité ne soit plus absolue. Et si l’ADEMA PASJ avec ses 18 parlementaires rejoignait l’opposition (Soumaïla Cissé et/ou ADP-MALIBA), elle (la majorité) risque tout simplement de changer de camp.  Et l’affaire en cours en commune II peut bien être l’élément déclencheur.

Au-delà du Parlement, cet ex-parti majoritaire est indubitablement le mieux représenté et implanté sur l’ensemble du territoire national. Et la base qui constitue sa force, ne demande qu’au sommet de rejoindre l’opposition. Une option à laquelle se refuse ce dernier, pour le moment.

Aujourd’hui, c’est cette base qui est attaquée dans ses fondements et réclame par conséquent le départ pur et simple.

Le retrait de l’ADEMA PASJ de la CMP (Coordination de la Mouvance Présidentielle), est bien susceptible de provoquer une instabilité sociopolitique à quelques encablures des élections présidentielles de 2018 entre autres enjeux tous autant cruciaux.

Un juge en charge de la stabilité sociopolitique n’est pas censé ignorer ces risques. Mais il paraît hélas, que le bon sens est la chose la plus mal partagée au Mali.

Batomah Sissoko

 

Source: sphynx

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