Interview (presque) imaginaire : Dr Bocary TRÉTA, Président du RPM et d’EPM « Tout sauf la démission de notre président-fondateur »

Avec son allure débonnaire et son physique de boxeur (de biais, il a des traits de ressemblance avec Idi Amine Dada me souffle mon photographe), TRÉTA nous reçoit chez lui. Il faisait la revue de la presse. Et il constate qu’aucun titre n’est à l’avantage du pouvoir. « Vous êtes contre le pouvoir vous » nous taquine-t-il en nous proposant un verre de thé à la menthe. « Nous ne sommes pas contre le pouvoir mais nous sommes un contre-pouvoir » rectifions-nous avec un large sourire tout en acceptant son thé à la menthe.

 

ON NE VOUS ENTEND PAS BEAUCOUP PRÉSIDENT

TRÉTA : Je n’ai jamais été un bavard. En plus maintenant, je n’ai que deux activités dans l’année : deux conseils d’administration de la BMS-SA.

ON PENSAIT VOUS ENTENDRE APRES LES LÉGISLATIVES ET APRÈS LA MISE EN PLACE DU BUREAU DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

TRÉTA : Après ce qui s’est passé, vous pensez vraiment que j’ai la tête à l’ouvrir.

A CE POINT

TRÉTA : Oui à ce point. Voyez vous-même. Je tablais sur une majorité confortable, mais je n’ai eu que 43 députés à la force du poignet. Avec le bonus de Manassa, on s’est retrouvé à 51 députés. Ce qui est loin des 66 et 71 de 2013. Après, il y a eu l’épisode de de l’élection à l’Assemblée nationale. J’organise des élections internes pour désigner le candidat du parti. Mon poulain gagne haut la main, mais à l’arrivée, il perd sur tapis vert. Vous pouvez dire quoi après ?

ON A LU DANS LES JOURNAUX QUE VOUS AVEZ DÉFENDU LA PRIMAUTÉ DU PRÉSIDENT FONDATEUR SUR LES TEXTES DU PARTI

TRÉTA : C’est le propre de tous ceux qui avalent des couleuvres. Dans ce domaine, j’ai l’estomac solide. Et puis pour un bozo, une couleuvre ça ressemble à un poisson. Un bon avaleur de couleuvres est très fort dans la langue de bois. Le parti existe grâce au Président-Fondateur.  Sa volonté est au-dessus de nous. Sa volonté est au-dessus des textes. Quand elle s’exprime, nous exécutons sans hésitations ni murmures (un peu quand même) le doigt sur la couture du pantalon.

ON VOUS A VUS AVEC LES OPPOSANTS

TRÉTA : Ceux que j’ai vus ne sont plus assimilables à des opposants. Ils sont plutôt des illuminés au sens religieux du terme. L’imam Dicko les a enrôlés. Ils ne veulent rien entendre. Ils ne nous ont même pas bien écoutés. Choguel pensait même que nous étions venus pour adhérer à leur mouvement. Entre nous, je sens que dans nos rangs, il y en a qui sont prêts à nous quitter pour manifester de l’autre côté des barrières. Je sais qu’il y a nos militants qui ont perdu à la cour constitutionnelle qui ont participé à la première manifestation. Ils ont peut-être raison. En tout cas, ils ont leurs raisons.

ON DIRAIT QUE VOUS AVEZ ÉTÉ CONTAMINÉ

TRÉTA : Même pas. Sur beaucoup de points, les revendications sont justes. Mais on peut tout accepter sauf la démission du Président de la République, tout sauf la démission du Président-Fondateur.

ET POURTANT, DANS SON DISCOURS, LE PRESIDENT IBK A DÉCLARÉ QU’IL LES AVAIT COMPRIS

TRÉTA : Je l’ai entendu aussi. Mais s’il a compris, IBK n’a pas très bien compris. Quelqu’un qui cherche à te couper la tête n’a pas besoin de grands discours. Il faut lui offrir quelque chose à se mettre sous la dent. Mais dire seulement « Je vous ai compris », ça risque de ne pas être suffisant. Il a été obligé de revenir mardi avec des propositions un peu plus concrètes. Même là, en dehors de l’application de l’article 39 qui concerne les enseignants, il renvoie tout lez reste à des concertations : concertation pour un gouvernement d’union ; concertation pour dissoudre l’Assemblée ; concertation pour mettre les Sages à la rue. J’entends déjà ceux qui se plaignent qu’il n’y a pas de décision encore.

VOUS AURIEZ PROPOSÉ QUOI

TRÉTA : Au niveau de la majorité nous avons des recettes qui ont fait leurs preuves. Par exemple la nouvelle spécialité maison qui consiste à déposer une motion de censure contre notre gouvernement. Le Président Moussa TIMBINE l’a évoqué, mais je pense que ça devrait fonctionner comme par le passé. Nous l’avons testé une fois avec le résultat que l’on connait. Après on verra ce qu’on peut offrir comme bonus. Mais on ne peut pas rester sans rien sacrifier.

MAIS LE PRÉSIDENT A PARLÉ DE GOUVERNEMENT D’UNION NATIONALE

TRÉTA : Ceux d’en face ont dépassé ce niveau. Ce ne sont pas quelques strapontins qui vont les calmer. Ils veulent renverser la table. A défaut du Grand patron, il faut leur sacrifier tous les petits patrons. Ce serait une bonne base de discussion.

L’HEURE EST GRAVE, HEIN

TRÉTA : Nous jouons nos têtes, nous jouons nos vies mon cher.

À CE POINT

TRÉTA : À ce point, même s’il ne faut pas le prendre au premier degré.

Damouré Cissé

Nouvelle République

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