Ibrahim Boubacar Keita à L’Elysée : LE MALI ET LA FRANCE PLUS QUE JAMAIS ENSEMBLE

Au cours d’une conférence de presse à l’Elysée, les présidents Keïta et Hollande ont magnifié les relations franco-maliennes appelées à évoluer encore qualitativement

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Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta poursuit sa visite d’Etat en France. Une visite conduite au pas de charge. La journée de mercredi fut particulièrement chargée. Elle a été marquée par ses entretiens avec son homologue français, François Hollande et le président du Sénat français, Gérard Larcher. La conférence de presse organisée à l’Elysée a permis aux journalistes d’apprécier la ferme volonté deux chefs de l’Etat de faire évoluer les relations franco-maliennes.
Dans son introduction, le président Hollande a tenu à saluer la mémoire de toutes les victimes du terrorisme à travers le monde. « J’avais tenu à ce qu’avec le président Ibrahim Boubacar Keita et moi-même nous accrochions nos  bras, parce que nous sommes liés de manière défectible. Nous avons subi le terrorisme et nous avons été capable d’y faire. C’est important qu’à travers nos deux personnes, les peuples français et malien puissent apercevoir cette solidarité indéfectible. Aujourd’hui, le président Ibrahim Boubacar Keita est là pour une visite exceptionnelle. Exceptionnelle par sa qualité et par les événements politiques et économiques exceptionnels qui s’y dérouleront. Nous allons mobiliser la communauté financière internationale autour de la reconstruction du Mali. C’est aussi une visite exceptionnelle dans le contexte que l’on connaît : la lutte contre le terrorisme qui n’épargne pas le Mali », a-t-il indiqué.

AVEC FIERTE ET CONFIANCE. Et François Hollande de poursuivre : « Je veux dire au président Keita que nous regardons le chemin parcouru avec fierté et avec confiance. Il y a trois ans, nous avons pris la décision historique d’aider le Mali à recouvrir son intégrité territoriale. Il faut un accompagnement pour l’Accord de paix signé et en cours d’exécution. Nous devons rendre hommage aux soldats français morts dans cette lutte, et avoir une pensée pieuse pour Damien Boiteux (Ndlr, le premier soldat français mort au combat aux premières heures de l’Opération Serval) ».
Le chef de l’Etat français a ensuite indiqué que l’heure est maintenant à la reconstruction du Mali. Sur les deux ans à venir, Paris va mobiliser 360 millions d’euros pour cette reconstruction dont 80 millions destinés aux régions du Nord. 50% de ces ressources sont octroyés sous forme de dons.
Interrogé sur ce que certains ont appelé « l’affaire Tomy », le président de la République Ibrahim Boubacar Keita a expliqué que des relations d’amitié et de respect mutuel le lient à l’homme d’affaire français et que celui-ci, hormis le casino de Bamako n’a aucune affaire au Mali. « Je suis mon chemin et je maintiens mon cap. Personne ne m’en fera dévier. Je continue de bénéficier du soutien de mes amis et c’est ce qui compte », a-t-il assuré.
Il saluera aussi l’accueil exceptionnel qui lui a été réservé au cours de cette visite d’Etat, la plus haute considération diplomatique pour une visite présidentielle. A ce propos, le président Hollande indiquera qu’il a voulu que cette visite soit une visite d’Etat, compte tenu des relations entre les deux pays et aussi compte tenu des efforts fournis par notre pays pour l’aboutissement de l’Accord pour la paix et la réconciliation. « C’est un message fort que nous avons voulu envoyer au peuple malien pour qu’il soit fier du chemin parcouru. C’est le plus digne respect que nous pouvions donner au peuple malien et lui dire notre admiration, notre soutien et notre solidarité. Ce peuple aurait pu douter mais il a tenu à la démocratie, à la paix et à la réconciliation. C’est très important de magnifier cette amitié », a insisté le chef de l’Etat français.

LA DETTE DE SANG REMBOURSEE- Le président Ibrahim Boubacar Keita a tenu à remercier son homologue français pour l’attention et la considération particulière qu’il porte à notre pays. « Ce que nous avons vécu ici, nous a rappelé qu’hier, nous fûmes ensemble et qu’aujourd’hui nous sommes plus que jamais ensemble. Vous avez rappelé les heures douloureuses vécues par mon pays. Nous mesurons combien, il vous aura fallu de courage en ce jour de 11 janvier 2013 pour engager les troupes de l’opération Serval pour sauver Konna. Ce Konna terrifié et tétanisé par les phares des Pick Up à sa lisière. Serval a surgi pour anéantir ceux-là qui n’avaient d’autres ambitions que de subjuguer le Mali. Ils auraient pu le faire n’eût été votre décision de ce jour. La dette de sang a été remboursée », a indiqué Ibrahim Boubacar Keïta.
Insistant sur la qualité particulière des relations franco-maliennes, il ajoutera : « Nous sommes là pour mesurer le chemin parcouru et vous dire également Monsieur le président que le Mali n’a jamais trahi une amitié. Nous avons réussi à emprunter le chemin de la paix grâce au président Algérien, Abdelaziz Bouteflika et d’autres partenaires. L’accord signé, il faut l’appliquer. D’ores et déjà, nous avons pris les mesures idoines pour son application stricte et rigoureuse. Ce qui nous valu aussi la confiance retrouvée entre tous les frères maliens. L’école est de nouveau ouverte à Kidal. Quel bonheur ! Mais il n’y a pas que l’école. Les services sociaux de base doivent également se réinstaller. L’eau, l’énergie, les commodités fondamentales de la vie doivent revenir à Kidal. C’est pour cela aussi que nous sommes là pour discuter avec nos partenaires du chemin parcouru afin de solliciter leur accompagnement pour ces chantiers de la reconstruction et de la stabilisation », a-t-il indiqué, réaffirmant l’engagement ferme des autorités maliennes à réussir cette phase de reconstruction avec l’accompagnement des partenaires.

D. D

source : Essor

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