IBK versus Tiebilé Dramé : La polémique ne s’estompe point

L’opposition politique crie sa colère et manifeste sa solidarité avec le président du Parti pour la renaissance nationale (Parena). Pendant ce temps, les démocrates, du moins ceux qui ont encore le courage d’assumer et de revendiquer ce rôle d’avant-gardistes de libertés chèrement acquises par notre peuple, s’indignent et condamnent. L’un des derniers en date, et non des moindres, est le Pr. Aly Nouhoum Diallo, connu et reconnu pour son attachement viscéral à la démocratie et aux droits fondamentaux du citoyen.

ibrahim boubacar keita ibk president  tiebile drame opposition parti parenaLe président de la République a effectué une visite d’Etat en France. Chacun y va de son analyse et de ses commentaires sur les tenants et les aboutissants de cette visite que d’aucuns ont vite trouvé “inédite” et “mémorable”. C’est de bonne guerre.

Le Mali ne peut que s’en féliciter, si seulement si, elle pouvait apporter les solutions tant attendues aux multiples problèmes et maux qui assaillent actuellement notre nation et/ou qui minent la gouvernance de notre chère République. Mais, hélas ! Encore mille fois hélas ! L’émotion, les états d’âme personnels ont pris le pas sur la raison qui aurait normalement dû inciter tous nos concitoyens à la réflexion lucide et objective que nous impose la situation presque catastrophique dans laquelle gît notre pays depuis déjà des années.

Oui, hélas ! Encore hélas ! Ce qui ne fut point le cas. Que c’est bien dommage pour la nation, pour la République et surtout pour notre démocratie trentenaire bien imbibée d’acquis indéniables et irréversibles.

Oui, que c’est bien dommage, que ce soit ceux-là mêmes qui sont de vrais acteurs de cette démocratie qui se “trompent” si maladroitement de combat en voulant distraire sinon divertir le peuple à travers des propos de caniveaux ou d’égouts.

La liberté d’expression, la liberté d’opinion, la liberté de pensée et celle de culte sont les fondamentaux de tout système démocratique, nonobstant les canaux, les outils et les supports que les uns et les autres utilisent pour jouir de ce droit inaliénable d’un citoyen.

Les deux piliers d’un système qui se veut démocratique sont de façon incontestable une majorité qui gouverne et une opposition qui veille, qui critique, propose et s’oppose au besoin.

Alors, en quoi diantre, un président de la République, fut-il élu avec un score de 77,66 % des votants, a-t-il intérêt à s’offusquer des actes d’un opposant jusqu’à le taxer de “petit monsieur” et lui intimer l’ordre “d’arrêter”. Injures et menaces, diront certains. Toutes choses qui n’honorent aucunement l’auteur de surcroît président de la République, homme politique, acteur démocratique et qui doit sa position actuelle à l’exercice du jeu démocratique.

Le lui dire ne peut nullement être perçu comme anti ou pro. C’est simplement faire preuve de bon sens, d’honnêteté et de sincérité vis-à-vis d’un camarade de lutte. Qui mieux que le doyen, Pr. Aly Nouhoum Diallo aurait pu rappeler cette vérité au président Ibrahim Boubacar Kéita ?

Il le fît dans des mots justes et sans ambiguïté, aucune en ces termes : “Tant qu’il s’agit du Mali, il y aura toujours des hommes et des femmes qui parleront et qui écriront ce qu’ils en pensent, n’en déplaise à ceux qui veulent museler la parole ou verrouiller la pensée plurielle. Car, c’est de cela qu’il s’agit – la pensée plurielle, la liberté d’opinion et de parole. Il faut rompre avec la culture des thuriféraires, des laudateurs et des flagorneurs”.

Merci doyen ! Eh oui ! Merci Professeur pour la leçon de sagesse et surtout d’humilité et de modestie. Car, dès lors qu’on oublie d’où l’on vient, il devient difficile, voire impossible de savoir où l’on va.

B. Sidibé

source : L’Indicateur du Renouveau

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