IBK s’entête, l’opposition dit NON !

La Maison de la presse a abrité,  le samedi 3 septembre,  une conférence de presse organisée par les partis politiques de l’opposition démocratique et républicaine. Cette conférence de presse était animée par Modibo Sidibé, président des FARE An Ka Wuli, Sadou Harouna Diallo, président du PDES, Mamadou Sidibé, président du PVRM-Fasoko, Hamidou Diabaté, 1er vice-président du Parena et  Soumaïla Cissé, président de l’URD et Chef de file de l’opposition. Les membres des partis politiques de  l’opposition ont partagé  avec les journalistes leurs préoccupations sur le nouveau projet de loi  électorale  déposé sur la table de l’Assemblée nationale par le gouvernement. Ils ont à travers une déclaration liminaire lue par M. Modibo Sidibé, président des FARE rejeté la nouvelle loi  tant dans sa forme que dans son fond et demandent  le retrait pur  et simple. Ils ont profité de l’occasion pour passer au crible les trois ans du président de la République SEM Ibrahim Boubacar Kéita.

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« Comme vous le savez, le Gouvernement a déposé un projet de loi électorale auprès de l’Assemblée nationale. Ce projet de loi est porteur de germes préjudiciables à la démocratie de notre pays. S’il est voté en l’état, ses méfaits exposeraient le pays à beaucoup d’incertitudes » a introduit, Modibo Sidibé président des FARE An Ka Wuli.  Ce nouveau projet de loi électorale illustre le dysfonctionnement du cadre de concertation  du ministère Administration Territoriale/Présidents des partis politiques. Car,  c’est ce cadre qui devait produire un projet consensuel de loi électorale. Nonobstant cela, les partis politiques membres de l’opposition ont accepté d’apporter leur contribution collective audit fichier. A en croire  l’ancien premier ministre, la nouvelle loi électorale  constitue un recul par rapport à l’ancienne loi.  Pire, elle introduit des dispositions nouvelles, source de conflits et pose de sérieux problèmes d’interprétation, a-t-il ajouté. Concernant  la tenue des élections des conseillers des collectivités territoriales à des dates différentes dans une ou plusieurs régions, les partis politiques de l’opposition rejette ce genre d’élection qui  selon eux entraine  des conseils à mandats différents dans un même pays et fait planer le risque de partition du Mali. C’est pourquoi l’opposition invite l’Etat à réunir  toutes les conditions du bon déroulement des élections globales au niveau national.  Dans le projet de loi, l’opposition s’oppose solennellement au mode de répartition des membres de la CENI entre les partis de la majorité et de l’opposition, basée sur le nombre de députés à l’Assemblée nationale. « Ce système  met en cause la crédibilité même de la CENI qui est une structure de contrôle et de supervision des élections. On ne saurait être juge et parti » a indiqué monsieur Sidibé. Selon lui, majorité et opposition doivent avoir le même nombre de sièges afin de garantir des élections transparentes, crédibles et acceptables par tous.  Dans le même ordre d’idée, l’opposition rejette  totalement le parrainage proposé des élus et le montant exorbitant du cautionnement pour les candidats à l’élection présidentielle, et  traite les dispositions de ces articles d’antidémocratiques, de discriminatoires et d’exclusion. Idem pour le vote par anticipation des militaires, dont elle ne voit pas la nécessité.  Enfin, suite à des observations autant sur le fond que sur la forme, l’opposition recommande vivement le retrait pur et simple du projet de loi.

Sur les trois ans d’IBK au pouvoir, l’ancien premier ministre dépeint « trois ans qui se ressemblent en déconfiture, si ce n’est en concurrence dans le pire, trois ans où des scandales succèdent à des scandales, trois ans de mauvaises décisions, trois ans de mauvaises nominations, trois ans de tâtonnements, trois ans de manque de vision et de fuite en avant ». Et le président des FARE d’ajouter une couche supplémentaire : «Le Mali d’aujourd’hui donne cette impression que le président de la République et le gouvernement sont totalement débordés, dépassés par les événements ». L’ancien Premier n’en décolère pas et ajoute :  « La multiplication des attaques terroristes contre les forces maliennes et internationales, la sanglante guerre civile intercommunautaire de Kidal, le soulèvement de la jeunesse de Gao, la situation explosive dans la région de Mopti, le sourd mécontentement et la grogne sociale qui ont conduit à l’explosion de violences le 17 août suite à l’interpellation de l’animateur de radio Ras Bath, la paupérisation croissante de la majorité de la population sur fond de détournements de deniers publics et de surfacturations, le recours à la répression pour contenir les manifestations et le mécontentement (Gao, le 12 juillet, Bamako, le 17 août, la coupure des réseaux sociaux), une diplomatie malienne carrément inexistante, sont les éléments constitutifs du sombre tableau que présente le Mali à la veille du 3e anniversaire de l’installation d’IBK au pouvoir ».

La réconciliation nationale est l’un des défis majeurs à relever par notre pays et n’est possible  sans une concertation nationale, estime monsieur Sidibé. Pour conjurer le chaos et l’anarchie, il est indispensable et urgent de réunir les forces vives du pays en concertations nationales a-t-il martelé. Pour lui, le Mali a besoin des concertations nationales pour avancer.

En réponse aux questions des confrères, le Maire de Gao monsieur Sadou Harouna Diallo, président du PDES a affirmé que cette loi tue la démocratie dans notre pays. « Nous étions au pouvoir, si nous avions voté cette loi, IBK n’allait pas être président en 2013 »  a-t-il indiqué.  Et monsieur Diallo de proférer des menaces : « le Mali n’appartient pas à une seule personne. Trois ans c’est trop. Nous n’allons plus nous taire. Nous allons faire une démonstration de force. » La loi n’est pas bonne renchérie Monsieur Mamadou Sidibé, président du PVRM-Fasoko. Selon lui, cette loi met à terme les aspirations du peuple malien.  « Nous allons nous rendre dès le lundi à l’Assemblée nationale pour demander le retrait de la loi. Et nous organisons un sit-in devant le parlement le jour du vote de la loi » a-t-i l expliqué.  Pour sa part, Me Hamidou Diabaté, 1er vice-président du Parena a affirmé que le pays est très mal gouverné. Ce qui a entrainé l’ébullition du front social

Prenant la parole, le chef de fil de l’opposition et président de l’URD, l’honorable Soumaïla Cissé a expliqué qu’une rencontre est prévue le mardi entre le ministre de l’Administration territoriale et les partis politiques de l’opposition. Il a profité de l’occasion pour expliquer aux journalistes que les 500 millions de francs CFA parus dans la presse comme salaire du chef de fil de l’opposition ne sont en réalité que le budget de fonctionnement de la structure. Mieux, on a fait le budget sans l’avoir associé et que lesdits fonds ne sont même pas disponibles. Car plus d’une année après le vote de la loi, l’institution n’est jusqu’à présent pas fonctionnelle. La faute à l’Etat qui traine les pieds dans sa mise en place a-t-il laissé entendre.
Abdrahamane Sissoko

 

Source: lepays

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