IBK – Mara : l’inévitable clash

Réputé pragmatique et volontariste, le tout –nouveau Premier ministre finira, tôt ou tard, comme son prédécesseur : un trophée de chasse des caciques du parti présidentiel ; mais aussi, du premier cercle du pouvoir. Qui entend contrôler, désormais, l’exécutif.

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Ceux qui ont chanté, dansé, applaudi à se rompre les doigts, finiront par se rendre à l’évidence : Moussa Mara emboîtera, bientôt, le pas à son prédécesseur. Du moins, tant qu’il n’aura pas les coudées franches pour conduire l’action gouvernementale. Ce qui visiblement, est plus facile à dire qu’à faire.

 

« Mr le Premier ministre, vous avez toute ma confiance ! », lançait IBK à son chef du gouvernement d’alors, Oumar Tatam Ly, pour couper court aux rumeurs, folles et ‘‘fofolles’’, qui circulaient sur son départ. A cause, notamment,  de la guéguerre que lui livrait le noyau dur du régime IBK.

 

C’était en décembre 2013, en recevant les vœux de nouvel an du gouvernement. La suite, on la connaît. Trois mois après, Oumar Tatam Ly est débarqué. Sans recevoir la moindre félicitation du président de la République pour ‘‘l’énorme travail abattu durant ces sept derniers mois’’. Comme le veut l’usage.

 

 

Une démission avec fracas.

 

« Au regard des dysfonctionnements et des insuffisances que j’ai relevés dans la marche du gouvernement, qui réduisent grandement sa capacité à relever les défis se présentant à lui, il m’est apparu nécessaire de lui imprimer, au sortir des élections législatives, dans un environnement institutionnel devenu moins favorable, des évolutions propres à lui conférer davantage de cohésion et à le doter de compétences accrues, lui permettant de mettre en œuvre les changements, tant attendus par vous –même et par le peuple malien », déplore Oumar Tatam Ly, dans sa lettre de démission, présentée le 5 avril, au président de la République.

 

En d’autres termes, le désormais ex –chef du gouvernement se dit prêt à ‘‘faire le boulot pour lequel il avait été nommé ; mais, il n’avait pas les mains libres pour ce faire’’.

 

D’où sa démission avec fracas. Et Oumar Tatam Ly de conclure, cette fois –ci, clairement : « En conséquence, en considération de ces vues différentes, qui ne me mettent pas dans la position de remplir la mission que vous m’aviez confiée, je suis au regret de vous présenter ma démission du poste de Premier ministre ».

 

Ces sept mois, passés à la Primature, n’auraient pas été de tout repos pour Oumar Tatam Ly.

 

Considéré, par les caciques du RPM (Rassemblement Pour le Mali), le parti présidentiel comme un « intrus », car n’étant pas membre, il assistait, impuissant, au sabotage de ses initiatives, prises pour booster l’action gouvernementale. Même les nominations, proposées par lui, à des postes jugés ‘‘stratégiques’’, sont rejetées. Du moins, tant qu’elles ne concernent les cadres du parti. Ou l’entourage ‘‘immédiat’’ du chef de l’Etat.

Des pratiques auxquelles, le tout –nouveau Premier ministre ne peut se soustraire. Car lui –même n’étant ni membre du parti présidentiel, ni du premier cercle du pouvoir.

 

Moussa Mara et les douze travaux d’Hercule

 

Même réputé volontariste et pragmatique, le tout –nouveau chef du gouvernement finira, tôt ou tard, par se heurter aux mêmes obstacles que son prédécesseur.

D’ores et déjà, les caciques du parti présidentiel se disent ‘‘vigilants’’. Afin, disent –ils, que le nouveau Premier ministre ne profite de sa position pour promouvoir les cadres de son parti : ‘‘Yéléma’’ (le changement).

 

Plus graves, ils ne comprennent pas comment IBK ait pu nommer à ce poste, un leader politique, dont le parti ne dispose que d’un seul siège à l’Assemblée nationale.

 

Autre obstacle, et non des moindres, sur la route de Moussa Mara : le premier cercle du pouvoir.

 

Constitué de proches, voire de ‘‘très proches’’ d’IBK, il entend –avec ou sans l’accord du Premier ministre –contrôler l’exécutif.

 

Avec son intégrité morale et intellectuelle reconnues, Moussa Mara saura t-il s’y faire ? Ou s’y plaire ?

 

De deux choses, l’une : ou il accepte d’être le dindon de la farce, ou il s’en ira.

Comme Oumar Tatam Ly

 

Oumar Babi

SOURCE: Canard Déchainé

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