IBK face aux députés du Parlement Européen à Strasbourg, hier : « Mon Gouvernement est prêt pour le démarrage officiel des pourparlers de paix » « Cette situation de Kidal doit cesser »… « Que les groupes armés désarment sans délai »

Le Président de la République, M. Ibrahim Boubacar Keïta était hier mardi 10 décembre l’invité du du Parlement Européen à Strasbourg. Au cours de la séance solennelle où il a prononcé un discours historique, le Chef de l’État a expliqué  les axes stratégiques de son programme et de son projet pour le Mali : la restauration de la sécurité après celle de la souveraineté pleine et entière sur l’ensemble du territoire national ; la réconciliation nationale dont l’opérationnalisation se fera à travers une Commission Dialogue Vérité et réconciliation ; la bonne gouvernance etc.. Aussi a-t-il plaidé pour un accompagnement plus soutenu de notre pays.

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Dans son adresse aux députés européens, le président IBK les a remerciés “pour toutes les initiatives… prises en faveur du redressement du Mali”. A titre d’exemple d’“initiatives”, le chef de l’État a souligné la “coopération forte et très utile dans le domaine de la formation de nos soldats”.

 

 

• Les soldats formés par l’Eutm “sont les pionniers de la Nouvelle Armée malienne

Cette coopération s’est déjà matérialisée par la formation de trois bataillons des Forces armées maliennes, qui sont désormais opérationnels sur le terrain. Ces soldats sont les pionniers de la Nouvelle Armée malienne, républicaine, respectueuse des droits de l’homme, animée d’un esprit patriotique supérieur et totalement dédiée a la défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale”, a déclaré ibrahim Boubacar Kéïta.

 

 

Ces soldats, a fait remarquer IBK, doivent faire face à une situation sécuritaire en dégradation, dont notre pays “est devenu l’épicentre” “dans le Sahel qui s’est lui-même transformé en un océan d’insécurité, s’étendant de l’Atlantique à la Mer Rouge, où la criminalité transfrontalière a prospéré sur le terreau de la pauvreté et de l’obscurantisme”.

 

 

Le président IBK a souligné qu’il est “heureux que l’Ue ait pris la pleine mesure des enjeux fondamentaux auquel cette zone est confrontée et qu’elle ait adoptée plusieurs initiatives, dont la Stratégie pour le Sahel de l’Union Européenne dans laquelle le Mali occupe une place centrale. Élaborée par le Service Européen de l’Action Extérieure et adoptée par le Conseil des affaires étrangères le 21 mars 2011, cette initiative majeure de l’Union européenne vise à aider le Mali, la Mauritanie et le Niger, tous trois au cœur du Sahel.

 

 

• IBK a souhaité “l’allègement des procédures de décaissement et la relance des projets de développement

Dans le cadre de la sortie de crise pour notre pays, la conférence des donateurs  qui s’est tenue en mai 2013 à Bruxelles a enregistré une forte implication des européens qui ont mobilisé “plus de 3,2 milliards d’Euros afin de financer le Programme de Reconstruction et de Développement du Mali” (Pred).

 

 

Le président IBK a souligné que “cette conférence a été une étape décisive dans la reprise de la coopération avec les autres partenaires du Mali, qui avaient suspendu leur appui budgétaire et le financement de plusieurs grands projets de développement.” Aussi a-t-il indiqué que “le Mali apprécie positivement la reprise de la coopération, tout en se félicitant de la décision de l’Union européenne de passer de 25 à 50% dans le domaine de l’appui budgétaire”. Puis il a demandé aux parlementaires européens de tout faire “pour faciliter l’allègement des procédures de décaissement et la relance des projets de développement”.

 

 

L’occasion était donc bonne pour le Chef de l’État de rassurer les parlementaires européens de la détermination de son Administration “à trouver les mécanismes les plus idoines pour assurer une transparence et une efficacité avérée de l’aide internationale”. Car, “notre Peuple n’acceptera plus les pratiques ayant conduit à l’effondrement de mars 2012. Nous voulons construire un Etat de droit, où nul ne sera plus au-dessus de la loi”.

 

 

• IBK rèvele qu’“un mandat d’interpellation et des pouvoirs d’investigation” seront conférés à la nouvelle “Commission Dialogue et Réconciliation

Les efforts que notre pays doit mettre en oeuvre en vue d’un dialogue et d’une réconciliation nationale font partis des critères nécessaires au décaissement des aides promises par les Européens. Sur ce chapitre, le président de la République a précisé son agenda devant les députés européens. Il a déclaré que son “Gouvernement a pris la pleine mesure de la nécessité de mettre en œuvre une politique de réconciliation nationale comme axe stratégique de la refondation d’un nouvel État”. Et qu’à cet effet, il a “instruit au Gouvernement de mettre en place la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation, en lieu et place de la Commission Dialogue et Réconciliation”.

 

 

L’importante révélation faite par le Chef de l’État sur cette “Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation” est que, contrairement à sa version précédente de  “Commission Dialogue, Réconciliation”  dont le rôle était consultatif, “la nouvelle Commission aura un mandat d’interpellation, et des pouvoirs d’investigation afin de faire la lumière sur l’ensemble des crimes commis dans le nord de notre pays”.

 

 

Autres tâches qui seront confiées à la “Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation” est sera chargée de : établir “la cartographie des graves violations des droits de l’homme, tout en préparant les conditions idoines pour le retour des réfugiés et des personnes déplacées”;  organiser “des dialogues inter et intra-communautaires afin de renouer les fils distendus entre les populations locales et créer les conditions d’une meilleure entente entre celles-ci”; traiter “la question touarègue dans sa profondeur historique, en connaissance des erreurs commises dans le passé”; “répertorier et d’archiver la mémoire nationale afin que l’ensemble de notre peuple soit informé de ce qui s’est passé, et que plus jamais notre pays ne connaisse une tragédie semblable à celle de l’année 2012”.

 

 

• IBK : “Mon Gouvernement est prêt pour le démarrage officiel des pourparlers de paix inclusifs

Quant au dialogue proprement dit avec les groupes armés, cet autre critère du décaissement des aides promises par les Européens, le président IBK a affirmé qu’“avec le retour à un ordre constitutionnel démocratique, le Mali pourra désormais s’atteler a la recherche d’une paix globale et inclusive”.

 

 

Il faut rappeler que l’accord préliminaire signé en juin dernier à Ouagadougou, entre le Gouvernement de transition et les groupes rebelles du Mnla-Hcua, précisait que des négociations devaient s’ouvrir entre ces deux parties, 60 jours après l’installation du nouveau gouvernement du nouveau pouvoir issu de l’élection présidentielle de juillet 2013.

 

 

C’est le 08 septembre 2013 que le Guvernement Oumar Tatam Ly a été nommé. Soit depuis 3 mois, soit 90 jours. Le délai prévu par l’accord préliminaire est donc pleinement atteint.

 

 

Le chef de l’État a révélé aux députés européens que son “Gouvernement dispose d’une feuille de route s’articulant autour d’une série d’actions à mener en coordination avec les groupes armés et les autres parties prenantes à la crise, sur les questions suivantes :

 

 

                • le cantonnement, le désarmement, et la démobilisation ;

                • les réformes institutionnelles que le Gouvernement entend mettre en œuvre dans le cadre de la régionalisation ;

                • le Plan de développement accéléré des régions du Nord ;

                • les modalités de l’insertion des anciens combattants dans les circuits économiques ;

                • les arrangements sécuritaires…

Aussi a-t-il ajouté que “mon Gouvernement est prêt pour le démarrage officiel des pourparlers de paix inclusifs”.

 

 

Le président IBK a attiré l’attention des députés européens sur la situation de Kidal, où les forces rebelles touareg sont justement basées. “Je dois encore une fois de plus mentionner Kidal, qui n’est pas encore sous le contrôle du Gouvernement”, a déclaré IBK devant les députés européens. “Cette situation, qui n’a que trop duré, doit cesser”, a t-il ajouté. Le président de la République a invité “l’Union Européenne à s’engager avec détermination aux côtés du Mali pour l’application pleine et entière de la résolution 2100 du Conseil de Sécurité datée du 25 avril 2013, afin que les groupes armés désarment sans délai”. Enfin, il a exhorté “la Minusma à devenir plus opérationnelle afin de mieux s’adapter aux objectifs stratégiques de paix, de sécurité et de développement du Gouvernement malien.”

Rassemblés par Baba SANGARÉ

 

SOURCE: Nouvel Horizon
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