IBK à mi-mandat : Verre à moitié plein

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L’accord de paix est signé, mais le processus marque le pas. Et face à la menace terroriste, il importe de construire une défense efficace.

La défense est une question trop sérieuse pour qu’on la définisse en fonction des considérations idéologiques, de l’avis d’Oumar Ibrahim Touré,  président de l’Alliance pour la République (APR, mouvance présidentielle), et dans la mesure où les intérêts nationaux ne subissent que peu de variations au fil des ans, c’est la continuité qui doit prévaloir par delà les changements de gouvernement. A cet égard, l’organisation de l’appareil de défense et les moyens mis en œuvre pour prévenir la guerre ou lutter contre l’agression doivent répondre à la double exigence de l’indépendance et de la solidarité, mais que la vigilance doit être de mise face à des formes nouvelles comme le terrorisme. Par ailleurs, Touré est fondé à croire que l’accumulation et le perfectionnement des armements ne suffisent pas à écarter les périls et une coopération internationale participe également d’une politique de sécurité réaliste. Autrement dit, le Mali a besoin de donner la main aux autres en vue d’étouffer dans l’œuf  des projets d’attaque et ou de retrouver les assaillants et leurs commanditaires après forfait.

Face à la menace, tenant compte des insuffisances constatées, il importe de se mettre au travail et construite une défense de nos besoins. Aux pick-up visibles et vulnérables, il faut adjoindre des hélicoptères et avions de combat, aptes à couper la retraite à l’ennemi tenté de se fondre dans la nature après coup, à anéantir les infrastructures terroristes (camps d’entraînement, dépôts de carburant et de munitions, etc.). Qu’on se le tienne pour dit ! Sans sécurité il ne saurait être question de prospérité économique. D’autant plus que les investissements directs étrangers (IDE) ont piqué du nez.

Des écueils surmontables

Certes, l’économie a repris des couleurs, à en juger par le taux de croissance (7,2% en 2014, puis 5% en 2015) tiré cette année par une production agricole record et la baisse de la facture pétrolière. Cependant, il demeure insuffisant pour happer le chômage. A la décharge du régime actuel, tirer en deux ans et demi presque un pays des profondeurs de l’abîme pour le hisser au firmament des pays les plus envieux du monde est plutôt facile à dire qu’à faire.  Sans conteste, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta mouille le maillot, dans un contexte international difficile marqué par le ralentissement de l’économie.  Nonobstant, c’est à l’aune de l’amélioration des conditions de vie et du climat sécuritaire que les Maliens prendront la mesure du changement. L’accord signé avec les groupes rebelles du Nord ne s’est point soldé par le retour de la paix. Le processus marque le pas. D’important retard est accusé sur le programme DDR (démobilisation, désarmement et réinsertion des combattants) et les réfugiés piaffent d’impatience dans les pays voisins.

Cependant, Oumar Ibrahim Touré espère une remontée de la pente d’ici la fin du mandat. Avec le décaissement des fonds promis par les partenaires techniques et financiers à Paris, la disponibilité des groupes armés à fumer le calumet de la paix en dépit des écueils actuels qui du reste ne sont pas infranchissables, pourvu qu’on sorte des intérêts particuliers. Reste à accélérer la cadence pour répondre aux attentes des populations qui ont massivement placé leur confiance à IBK.

Georges François Traoré

source : L’ Informateur

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