IBK à la réception des vœux de la presse : «Il faut être un homme sans aucune culture pour ne pas considérer la presse»

Après les institutions de la République, les religieux et la classe politique, la presse malienne était à  Koulouba pour présenter ses meilleurs vœux au Président de la République, IBK. C’était le mardi 12 janvier 2016.

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En respectant la tradition, la presse a, au cours de sa traditionnelle présentation de vœux au Président de la République, fait le tour des défis qu’elle entend relever courant 2016. C’est ainsi que les  présidents des différentes organisations des médias, après avoir souhaité leurs vœux de santé, prospérité et bonheur au chef de l’Etat, ont tour à tour fait le point de leurs  organisations respectives et les difficultés auxquelles elles sont confrontées.

Dans son intervention, le président du Comité national de légal accès aux médias, Abdoulaye Sidibé dira que sa structure est en sursis en attendant l’opérationnalité  de la Haute autorité de la communication (HAC). Cependant, dira-t-il, quand ton pays te confie une mission d’une journée, il faudra s’investir comme tu devrais le faire durant toute ta carrière.  C’est avec cette conviction que son équipe continue à travailler. Dans ce cadre, il rappellera au Président de la République que la régulation de la presse ne doit pas être l’affaire de la seule presse.

Quant au président de la Haute autorité de la communication (HAC), Fodié Touré, il rassurera que contrairement à l’imaginaire populaire, les missions assignées à la HAC ne sont ni attentatoires à l’indépendance de la presse, encore moins une restriction de la liberté de presse. Mais, une instance de régulation des médias qui donne l’autorisation de la création des organes et peut les retirer temporairement ou définitivement, en fonction de l’ampleur de la faute commise. Elle aide aussi les acteurs de communication à s’imposer, à être plus professionnels et  plus rigoureux dans l’exercice de leur mission. Et à leur rappeler le nécessaire respect des droits de la République. En vue d’accomplir efficacement ses missions, Fodié Touré demande au Président IBK la révision de la loi portant délit de presse et  un minimum de moyen.

Pour sa part, le président de la Maison de la presse, Dramane Aliou Koné alias  «En un mot» a salué le chef de l’Etat pour l’intérêt qu’il accorde à la presse. Cependant, il a regretté le rang qu’occupe le Mali en matière de la liberté de presse dans le monde (118ème sur 180 pays classés), sachant bien que ce recule n’est pas du fait du gouvernement, mais des terroristes.  A cet égard, le président Koné demande au gouvernement d’assurer la protection des journalistes nationaux et étrangers sur tout le territoire national du Mali.

L’occasion faisant le larron, le président de la Maison de la presse a évoqué le sujet qui fâche toute la corporation. Il s’agit de la stagnation de l’aide à la presse à 200 millions FCFA depuis 20 ans. Soit le montant le plus bas de la sous-région. Partant, il sollicitera le Président IBK à doubler, c’est-à-dire, augmenter ce montant à 400 millions cette année. Tout en promettant une utilisation judicieuse de cette manne. En plus,  Koné sollicitera le chef de l’Etat à accorder des avantages fiscaux à la presse. Dans sa plaidoirie, il a regretté le blocage de l’adoption de la loi portant dépénalisation du délit de presse. Dramane Aliou Koné a aussi dénoncé les dépenses de prestige dans les journaux et magazines internationaux au détriment de la presse nationale qui a de la peine à recevoir des insertions des départements ministériels.

Les appréciations d’IBK

Pour l’une des rares fois, le Président IBK salue les efforts de la presse de son pays. Après avoir religieusement écouté les patrons des organisations de médias, il a salué la qualité des acteurs de la presse, tout en reconnaissant que celle-ci  doit fournir plus d’effort. Aussi, le Président de la République a-t-il félicité la presse pour son accompagnement dans le processus de paix. «J’ai apprécié l’accompagnement fabuleux de la presse dans le processus de la signature de l’Accord pour la paix  et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger. Notre pays n’est pas encore en paix. Mais la paix est en route», précise le chef de l’Etat. Pour y arriver, il a une fois de plus sollicité le soutien des hommes de médias.

Au sujet des difficultés matérielles et financières de la presse, IBK promet de fournir plus d’effort. Car, estime-t-il, une presse responsable et mieux équipée contribue efficacement au développement du pays. «Il faut être un homme sans aucune culture pour ne pas considérer la presse», soutiendra-t-il.

A son avis, le journalisme est un métier qu’embrassent les grands hommes. A ce titre, IBK a invité la presse à s’impliquer dans l’assainissement du secteur. A barrer la route au tout-venant dans ce noble métier. «Je vous donne ma confiance totale», a-t-il déclaré.

Il a rappelé aux hommes de médias l’impérieuse nécessité de débarrasser la profession des tout-venants qui ternissent inutilement l’image les honnêtes citoyens. Il faudra comprendre qu’il n’y a pas que Karim Keïta qui est derrière moi, plutôt tout un ensemble de personnes, affirme-t-il.  L’allusion est ainsi faite à des articles de presse malveillants à son encontre, qui touchent des gens au-delà de ses progénitures.

En ce qui concerne les annonces et insertions, IBK a promis de veiller à ce qu’on ne privilégie pas la presse étrangère au détriment de celle nationale.

Oumar KONATE

 

source : Le Prétoire

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