[Hommage] Soumaïla Cissé, un défenseur acharné de l’intégration africaine

Avec la disparition de Soumaïla Cissé, l’intégration régionale africaine perd l’un des ses plus fervents partisans, qui en fut également l’un des artisans, en tant président de l’UEMOA.

 

Soumaïla Cissé nous a quittés trop tôt. Au-delà de son engagement politique pour le Mali, il était un partisan infatigable de l’intégration régionale africaine. Nul n’oubliera sa contribution à l’émergence d’une zone économiquement intégrée en Afrique de l’Ouest, dont il fut l’un des pilotes en tant que président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) de 2004 à 2011.

Son obsession était la jeunesse africaine, qu’il souhaitait voir délivrée de ce qu’il appelait ses « maux » : le chômage massif, les taux de scolarisation encore trop faibles des jeunes filles, les obstacles rencontrés par les femmes dans l’accès à des emplois décents, les situations de détresse poussant nombre de jeunes à tenter l’aventure risquée des routes de l’immigration, les sorties précoces du système éducatif.

Son point de vue était que, pour améliorer leur sort, les responsables politiques devaient actionner les leviers des politiques communes définies à l’échelle régionale.

À ses collaborateurs et à ses visiteurs, il exprimait fréquemment son souhait que les institutions régionales soient d’abord un instrument au service des populations. Au-delà des rouages administratifs, de son fonctionnariat, de la bureaucratie, il souhaitait qu’elles puissent répondre aux préoccupations quotidiennes des personnes : mobiliser les leviers de financement pour la construction de puits dans les villages afin d’accélérer l’accès à l’eau potable, soutenir l’émergence de champions industriels régionaux par la délivrance de labels de qualité aux entreprises, fluidifier les flux de marchandises en simplifiant les procédures douanières, favoriser l’accès à une éducation d’excellence par la construction d’écoles africaines régionales… Sous son leadership, la Commission de l’UEMOA fonctionnait sur deux « jambes » : les politiques sectorielles et macroéconomiques.

Pragmatisme

Les premières, pensait-il, sont cruciales pour l’amélioration socioéconomique de la sous-région ainsi que son développement durable. À une époque où les préoccupations environnementales n’étaient pas encore au cœur des débats politiques, Soumaïla Cissé poussa pour l’adoption en 2008 de la PCAE (Politique commune d’amélioration de l’environnement) dans la zone UEMOA. Il voulait prendre sa part dans la bataille liée à la globalisation des échanges en couplant la compétitivité des économies africaines à la solidarité envers les plus démunis et à la préservation des ressources naturelles, de la biodiversité, des forêts.

LA CROISSANCE NE SE MANGE PAS

Source : Jeune Afrique

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