Hier, à l’appel du M5-RFP : Une foule monstre massée sur le boulevard

Aux cris de « Boubou Cissé et la France dégagez !!! », « Boubou assassin » « Libérez Soumaïla Cissé ! », les manifestants ont convergé hier dans l’après-midi sur le boulevard  dans une atmosphère bon enfant.

L’air est devenu irrespirable tant en milieux urbain que rural. Des indignations bruyantes ont résonné hier dans l’après-midi sur le Boulevard de l’indépendance.  Paysans sans terres, humiliés sur leurs terres, enseignants sevrés d’écoles, victimes d’insécurité endémique, jeunes diplômés sans emploi, que sais-je encore, tous ont dénoncé l’odieuse gestion du Mali que les gouvernants veulent noyer dans leurs calculs qu’ils jugent raisonnables, et se délectent de leur inaction. Le président de la République et son Premier ministre gémissent quand les populations battent le pavé, mais se moquent éperdument de l’amélioration des conditions de vie des citoyens réduits à mourir devant les hôpitaux qui ont été construits en leur nom, faute d’argent, à dormir la nuit le ventre vide.

Du berceau à la tombe, l’espoir de caresser une vie de rêve a laissé place à la grande désillusion générale. Les populations déshéritées ne juraient que par le candidat Ibrahim Boubacar Keïta considéré comme l’homme de la situation. Des années ont passé et beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Que reste-t-il des lauriers tressés à Joe Brin. ? Les manifestants l’ont dépeint comme un loup grimé en agneau, un personnage soucieux de tirer vers le haut tous les avantages liés à son statut de président de la République. Le goût des malversations financières, de la corruption à grande échelle, du favoritisme et du népotisme a germé sur les cendres du patriotisme. L’intoxication et la manipulation rampantes sont érigées en vertus. Au point que d’aucuns en sont arrivés à la conclusion que  « l’honnêteté  est devenue un délit.»  

IBK se perd en conjectures

A l’heure où le pays est à bout de souffle, il s’est enfoncé dans les labyrinthes, dans le cercle enchanté du partage de gâteau trop petit pour saliver une opposition dont l’audience gonfle au fil des semaines de lutte. IBK tablait, peut-être, sur un essoufflement du mouvement de contestation contre son régime. Il s’est perdu en conjectures. Le Boulevard de l’indépendance était noir de monde. La météo qui s’est fait invitée dans la marche n’a nullement découragé les manifestants. Aux cris de « Boubou Cissé et France dégagez !!! », « IBK dégagez ! »«  Boubou assassin » et « Libérez Soumaïla Cissé ! » ils ont à cœur de secouer le cocotier. Chanter les louanges à la paix ne peut chasser l’inquiétude des cœurs et la résolution des esprits.

Voilà les mots de la résolution des esprits, résolution à ne jamais consentir à tourner dos au peuple, à ne jamais consentir au désarmement moral, cela émousse l’esprit de résistance à la division du pays, qui trompe la vigilance et conduit à la servitude. Celui qui abandonne sera abandonné. Celui qui a le courage de faire face aux légitimes revendications des citoyens sera respecté.

Ici, on agit comme sur la scène de théâtre où le verbe remplace l’action. Rendons d’ailleurs hommage au passage au sens aigu de l’effet théâtral, à la beauté formelle comme si on voulait élever une digue de mots pour protéger le Mali contre un glissement islamique, contre « un coup d’Etat rampant. » Les faits ont eu raison des mots. Les responsables du vent de contestation assument pleinement la responsabilité de chasser un pouvoir qui n’a pas tenu ses promesses.

Les dizaines de milliers de manifestants ont promis d’y retourner très prochainement, et cela le temps qu’il faudrait, jusqu’à l’obtention de la démission du président de la République et de son Premier ministre. Au moment où nous mettions sous presse, aucun incident grave n’était à déplorer, signe  que le mouvement gagne en  maturité.

Georges François Traoré

Source: L’Informateur

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