Hamady Sangaré, président du Pja-Mali, membre de l’Arp : appel au sursaut national

La nation malienne éprouvée jusque dans ses fondements a besoin, aujourd’hui plus que jamais, d’une union sacrée autour d’elle pour la sortir de l’impasse, sinon du chaos. Il ne sert à rien de broyer le noir au point de verser dans un certain pessimisme. Il s’agit d’accorder les violons, de jouer sa partition au sein de cet orchestre du renouveau pour produire des notes de l’hymne national à faire vibrer la fibre patriotique.

Nous avons fauté, nous avons prêché le faux, nous avons écorné la vérité, nous avons ignoré la douleur des orphelins, nous avons écouté le fort tout en spoliant le pauvre, nous avons parfois condamné et puni à tort, nous avons humilié et proscrit l’autre dans la plus grande légèreté, nous avons cultivé la haine, le mépris et l’intimité entre nous, etc.

Que n’avons-nous donc fait pour mériter ce coup du sort ? Nous avons unanimement fait notre mea-culpa quant à ce sort. Il nous revient donc de comprendre qu’il faut d’abord circonscrire le feu qui brûle le toit commun plutôt que de chercher le pyromane. L’heure n’est plus aux procès, au diagnostic, toutes choses qui peuvent attendre, mais plutôt à une union sacrée autour de la République qui souffre et se lamente dans une détresse.

L’unité nationale, la préservation des acquis démocratiques, la cohésion sociale, la tolérance, le respect de l’autre, la confiance aux responsables politiques, religieux ou tribaux sont des gages sûrs de l’émergence dont le pays a besoin. L’heure n’est plus aux atermoiements ou aux à-priori. L’heure est au réalisme, au don de soi pour la cause nationale. Aujourd’hui, le Mali en appelle à ses fils pour du concret, du réalisme plutôt que de la dérision longtemps édictée par notre ego.

Les choses ne se feront pas d’elles-mêmes comme par enchantement ! Nous Maliens devons sortir de nos jugements et considérations partisans pour ne voir que le Mali. Si nous sommes la risée du monde extérieur, si nous nous étonnons de ce qui nous arrive, c’est parce que nous avons unanimement failli en nous faisant toujours la part belle. Nous nous devons donc, tous ensemble, de redorer le blason national sali, de recoudre le tissu social lardé et fissuré. Le roi est roi parce qu’il a des sujets qui le reconnaissent comme tel de même qu’un pays n’est reconnu que par la reconnaissance de ses limites géographiques.

Faisons donc en sorte de faire confiance à nos dirigeants de l’heure, en les aidant à sauvegarder nos limites territoriales, nos valeurs fondamentales, notre patrimoine, notre intégrité et notre légitimité en tant que nation. Cela ne saurait être sans une confiance entre gouvernants et gouvernés. Nous sommes tous Maliens, nous sommes tous concernés ! Il est temps d’en finir avec le clanisme, le népotisme, la gabegie, l’espièglerie, la tartufferie, le laisser-aller pour ne citer que ceux-là fin de faire rayonner à nouveau les couleurs nationales. Nous Maliens devons-nous comprendre dans cette épreuve inédite sur tous les sujets en recourant moins à un arbitrage extérieur. Il y va de la survie de l’unité nationale plutôt que de la promotion de quelque mouvement. La réussite du projet de sursaut ou “redressement” national ne peut être une réalité qu’avec la participation de toutes les couches sociopolitiques. La confiance, actuellement placée à un mouvement politique pour la conduite des affaires, n’est pas l’apanage d’une élection, mais la reconnaissance d’efforts inlassables, de dénonciations et de promesses de reconstruction et de justice.

Nous devons donc en retour accepter et faire confiance à ce choix, en espérant que l’inclusion et la concertation seront les mots clés dans ces démarches. Le destin ne nous sourit pas actuellement, mais il nous appartient de le déterminer en nous acceptant mutuellement pour l’intérêt supérieur du grand Mali. Que Dieu nous assiste et nous aide à relever ce défi commun !

Source: Aujourd’hui-Mal

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