Gouvernance et » contrat de législature » : Coup de froid entre le Premier ministre et les partis politiques de la majorité

Pour plusieurs cadres du Rassemblement pour le Mali (RPM), le Premier ministre  Oumar Tatam Ly reste  trop éloigné du parti  dont  » le travail de fourmi  » à la base lui a permis d’avoir une majorité forte à l’Assemblée nationale. Certains députés de la majorité reprochent au chef du gouvernement «un déficit de communication avec les milieux politiques».

oumar tatam ly premier ministre malien

Pour plusieurs responsables membres de la majorité présidentielle, le Premier ministre ne donne pas l’impression que son gouvernement est soutenu par un certain nombre de partis politiques.  Oumar Tatam Ly est critiqué par ces partis pour la distance qu’il a prise vis-à-vis d’eux. Depuis qu’il est installé, il semble que le chef du gouvernement n’a rencontré qu’une seule fois les responsables du RPM et des partis alliés tels que l’ADEMA et les onze formations politiques regroupées au sein de l’Alliance pour le Mali (APM). C’était lors de la signature du  » contrat de législature «  proposé à ces partis pour constituer une majorité parlementaire confortable.

 

 

 

D’un entretien que nous avons eu hier à l’Assemblée nationale avec deux députés de la majorité présidentielle, ayant tous les deux requis l’anonymat, il ressort que le Premier ministre n’est pas à proprement parler  désavoué par le RPM et ses alliés mais les cadres et militants sont assez critique à son égard.

 

 

Pour l’un de ces représentants du peuple élu à Bamako, «  depuis la mise en place de la nouvelle Assemblée nationale, le chef du Gouvernement n’a pas daigné un seul instant rencontrer les parlementaires de la majorité, ne serait-ce que pour les féliciter et échanger avec eux. Il est trop distant « . Et d’ajouter que dans la plupart des pays, le chef du gouvernement, censé être le chef de la majorité au pouvoir, organise des rencontres, des déjeuners avec notamment les parlementaires, histoire d’avoir leurs suggestions sur la conduite des affaires, le président de la République devant être au dessus de la mêlée partisane.

 

 

Des cadres politiques ayant requis l’anonymat sont allés jusqu’à affirmer que le Premier ministre devrait communiquer avec les partis politiques, dont au moins le RPM et ses alliés. Pour eux,  » Oumar Tatam Ly ne peut  pas ignorer que le travail politique pour la conquête du pouvoir a été fait en son absence. Il était tranquillement à Dakar. On ne l’a pas vu lors des joutes électorales. Mais si le président de la République lui a fait confiance, le minimum qu’il doit faire est de se rapprocher des milieux politiques qui soutiennent le chef de l’Etat « .

 

En clair, le RPM et ses alliés veulent voir en le patron de la Cité administrative un commis de l’Etat plus proche du RPM qu’il n’en donne l’impression actuellement.  Rappelons que dans la phase de l’élection du président de l’Assemblée nationale, il a été rapporté que Oumar Tatam Ly aurait préféré voir élu celui qui avait été un moment pressenti, Aderhamane Niang. Mais, au final, le RPM a opté pour Issiaka Sidibé, plus engagé au sein du parti du tisserand.

Bruno D SEGBEDJI

 

SOURCE: L’Indépendant

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